Roselyne Bachelot © ABACAChahutée, son plan contesté, Roselyne Bachelot se défend. La ministre de la Santé affirme samedi dans le Journal du dimanche que "sur le plan éthique, proposer la vaccination contre le H1N1 à l'ensemble de la population était et reste parfaitement justifié".
"Au moment où les commandes ont été passées, on pensait que deux doses seraient nécessaires pour vacciner la population", souligne-t-elle. "Au final, une dose suffira peut-être. Et si c'est confirmé, ce sera une excellente nouvelle puisque nous pourrions proposer la vaccination beaucoup plus rapidement à la population", estime la ministre.
"Il n'y a pas eu d'opacité dans la décision"
"L'épidémie s'accélère nettement en Ile-de-France, où l'on a enregistré cette semaine une hausse des consultations de 55%", a-t-elle fait remarquer. En outre, "depuis le début de l'épidémie, 42% des personnes hospitalisées ont moins de 15 ans", a-t-elle ajouté. Le dispositif gouvernemental contre la grippe A/H1N1, avec 94 millions de vaccins commandés ferme, a essuyé des critiques tous azimuts telles que manque de transparence, influence disproportionnée de l'industrie pharmaceutique, mauvaise anticipation dans les hôpitaux.
Roselyne Bachelot a rappelé qu'elle avait informé les parlementaires en septembre du montant des contrats et du nombre de doses achetées, estimant qu'"il n'y a pas eu d'opacité dans la décision". "Je n'ai pas derrière mon épaule un gourou à la solde des labos", a-t-elle également affirmé.
Bapt : rien d'anormal mais "problèmes de communication"
La veille, le député PS Gérard Bapt, qui avait eu une discussion mouvementée avec Roselyne Bachelot à l'Assemblée, après que le rapporteur spécial du budget de la Sécu eut trouvé porte close au ministère où il voulait vérifier ces contrats, n'a finalement rien remarqué d'anormal dans les contrats sur les commandes de vaccins anti-grippe H1N1, qu'il a consultés vendredi. En revanche, il pointe de "gros problèmes de communication" du gouvernement qui expliquent la suspicion de la population.
"J'ai été reçu ce (jeudi) matin à l'Eprus (l'Etablissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires). J'ai pu y consulter les contrats et j'ai eu toutes les réponses à toutes mes questions. Ces réponses m'ont semblé satisfaisantes", a-t-il déclaré dans les couloirs de l'Assemblée nationale. "La façon dont l'Eprus a répondu à la commande de l'Etat me paraît régulière. L'appel d'offres paraît régulier. En fait, les quatre laboratoires choisis sont les quatre seuls à avoir répondu", a indiqué le député de Haute-Garonne, membre de la Commission des comptes de la Sécurité sociale.
Gérard Bapt a eu "quelques surprises" toutefois, notamment sur le coût des 94 millions de vaccins. "Jusqu'à maintenant, le coût des vaccins stricto sensu c'était 804 millions d'euros. J'ai découvert que l'Eprus n'aura à payer que 712 millions d'euros en raison du passage à un taux de TVA de 5,5%" depuis l'autorisation de mise sur le marché. "Je ne comprends pas que la ministre, qui est accusée par certains d'avoir trop commandé, ne communique pas là-dessus. Il y a de gros problèmes de communication du gouvernement que je ne m'explique pas", a-t-il ajouté. Pour lui, le gouvernement "s'y prend très très mal". "Des fois, on sur-communique, des fois on sous-communique". "Du doute à la suspicion, il y a un pas qui est vite franchi", dit encore le député, qui ajoute : "On voit par exemple à Toulouse qu'au bout d'une semaine il n'y a que 60 personnes qui se sont fait vacciner sur 2.000 salariés du CHU. On me dit que les chiffres sont comparables à La Pitié Salpêtrière" à Paris, a-t-il souligné.
D'après agence
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