© sxc.huCertes, ils préfèreront toujours les frites aux brocolis, mais ce n'est pas en soi un gage de mauvaise alimentation. Souvent accusés de prêter trop facilement le flanc à la malbouffe, les adolescents aiment la simplicité alimentaire, se méfient des nourritures trop grasses mais se défient des normes nutritionnelles qu'ils transgressent, selon une enquête pilotée sur trois ans par des laboratoires du CNRS et l'agence nationale de la recherche (ANR).
Les jeunes aiment aussi la bonne bouffe
Selon une étude, les jeunes se méfient des nourritures trop grasses et aiment la simplicité alimentaire.
Publié le 12/10/2009
"Ils sont très réflexifs et très lucides", note Véronique Pardo, anthropologue, tandis qu'une autre anthropologue, Nicoletta Diasio, voit une "omniprésence de la dimension nutritionnelle" dans leurs propos, les aliments construisant "les identités". Ces adolescents, qui revendiquent le droit au plaisir, valorisent particulièrement le frais, le cru et le croquant - comme les légumes trempés dans du fromage blanc. Mais de fait leur alimentation se conjugue "au pluriel". On y trouve des produits "prêts à emporter, pratiques et pas chers", note Véronique Pardo, comme hamburgers, kebabs, yaourts à boire, sodas. Ils aiment à manger dehors "ensemble", "sur un brin d'herbe ou un banc public", dans une "rupture des codes habituels", souligne la sociologue Meriem Guetat.
"Quand ils ne connaissent pas ils ne touchent pas"
Mais ils sont attachés aussi aux repas traditionnels à la maison et aux bons petits plats des grand-mères. A la cantine, "quand ils ne connaissent pas ils ne touchent pas", se désole un chef cuisinier. Sensibles aux normes nutritionnelles, ils citent comme nourritures dangereuses les sodas, les bonbons, les sirops, les sauces grasses ou les chips. "Faut oublier le steack-frites tous les jours sinon t'es foutu", dit Tom. Mais ils manifestent une overdose de normes sans cesse répétées et qu'ils jugent hypocrites -citant les publicités de fastfood défilant avec un bandeau nutritionnel-, et alternent discipline et écarts. Enfin les chercheurs ont rencontré chez les jeunes filles "une peur liée au surpoids et à l'obésité, une culpabilité", relève Véronique Pardo, qui s'inquiète d'un discours parfois "coercitif" des parents.
"Lue à travers les pratiques alimentaires, l'adolescence se présente comme une période aux bornes incertaines", note Nicoletta Diasio. "Etre adolescent peut signifier en même temps, et dans l'espace de quelques heures, se barbouiller la figure au chocolat comme les enfants et délirer avec de la bière à la vodka". Les résultats de ce programme de recherche intitulé AlimAdos et initié par l'Ocha, observatoire des habitudes alimentaires mis en place par la filière laitière, seront présentés lors d'un colloque organisé lundi et mardi à Paris. Cette enquête a été menée à partir de 2006 en Alsace et en région Paca par 15 chercheurs en sciences humaines et sociales, qui ont conduit 1500 entretiens.
D'après agence
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