© www.sxc.huAprès des mois de controverses, l'Afsset (Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail) a rendu public jeudi son rapport très attendu sur l'impact des ondes électromagnétiques sur la santé. Le document de près de 500 pages est une mise à jour de l'état des connaissances sur les radiofréquences, ce qui concerne les téléphones portables, les antennes relais, le wifi et le wimax, et même les radars.
Rayonnement des téléphones : où se situe le vôtre ?
Tous les modèles de portables ne sont pas équivalents en termes de rayonnements, certains en émettant six à sept fois plus que d'autres. Un site spécialisé a dressé la liste des bons et des mauvais élèves en la matière.
Publié le 01/06/2011
Portables dangereux ? Les professionnels répliquent
Les professionnels américains du téléphone portable, regroupés au sein de l'association CTIA, contestent les conclusions d'une agence de l'Organisation mondiale de la santé, selon lesquelles l'usage des portables est "peut-être cancérogène pour l'homme".
Publié le 01/06/2011
Les portables "peut-être cancérogènes", dit l'OMS
L'Organisation mondiale de la santé a annoncé mardi qu'elle classait les champs électromagnétiques de radiofréquence, qui incluent les téléphones portables, comme "peut-être cancérogènes pour l'homme". Elle plaide pour les kits mains libres et les SMS.
Publié le 31/05/2011
En attendant des recherches plus poussées, l'Afsset recommande une réduction des expositions aux ondes électromagnétiques, puisque des interrogations subsistent sur leurs éventuels effets sur la santé. L'Agence française a été chargée en 2007 par le gouvernement de mettre à jour son expertise de 2005. Pour ce rapport, un groupe d'experts incluant des experts en sciences humaines et un observateur représentant les associations, a passé au crible un millier d'études publiées depuis 2005. Une trentaine de personnes ont été auditionnées, et une campagne de mesures d'émissions autour d'antennes-relais a été réalisée.
"On ne peut formellement montrer l'inexistence d'un risque"
Les experts ont constaté que si une majorité des études ne relevaient pas d'effets des ondes, un petit nombre constataient des effets notamment sur les fonctions cellulaires. Pour l'Afsset, même s'il n'y a pas de "démonstration probante" de l'existence d'effets autres que thermiques, des interrogations subsistent notamment sur les effets sur le long terme et "on ne peut formellement montrer l'inexistence d'un risque". "Dans ce contexte incertain", l'Afsset estime que "dès lors qu'une exposition environnementale peut être réduite, cette réduction doit être envisagée".
Elle suggère notamment l'utilisation de téléphones mobiles à faible DAS (Débit d'Absorption Spécifique, qui mesure le niveau de radiofréquences émis par le portable), la cartographie des zones présentant les intensités les plus fortes et l'abaissement des niveaux d'exposition dans ces zones, la mutualisation des émetteurs, voire "l'usage modéré des technologies sans fil". L'Afsset note à cet égard que les niveaux d'exposition sont beaucoup plus élevés du fait des téléphones portables que des antennes-relais et s'inquiète qu'une réduction de la puissance des antennes-relais puisse augmenter l'exposition aux radiofréquences émises par les téléphones mobiles. Elle recommande aussi la mise au point d'un outil de diagnostic clinique pour les personnes hyper-électrosensibles.
Les associations de défense de l'environnement ont réagi pour la plupart favorablement au rapport de l'Afsset. La fédération France Nature Environnement (3.000 associations) s'est réjouie que l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail "se démarque du discours rassurant des opérateurs de téléphonie mobile". "Ce rapport permet de mettre les politiques devant leur devoir : appliquer le principe de précaution", note Arnaud Gossement, porte-parole de FNE. Stephen Kerckhove (Agir pour l'environnement) et Janine Le Calvez (Priartem) ont fait part de leur "grande satisfaction", estimant que cet avis de l'Afsset marque "une rupture" et constitue "une onde de choc". Ces associations notent que l'avis "rompt avec l'unanimité de façade scientifique qui a prévalu jusqu'à présent" puisqu'il "ose reconnaître une incertitude scientifique en matière de téléphonie mobile".
D'après agence
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