© www.sxc.huLa mesure est réclamée à cor et à cris par des associations de riverains, et elle a été mise en avant lors du "Grenelle des ondes" : limiter la puissance des antennes-relais installées par les opérateurs mobiles permettrait de diminuer les ondes auxquelles est soumis le voisinage. Aux yeux de ces opérateurs, aucune étude sérieuse n'a démontré à ce jour d'impact de ces antennes sur la santé, mais les associations mettent en avant des travaux qui montreraient, selon un, une incidence réelle des ondes et réclament au minimum, faute de certitude, l'application du principe de précaution.
Mais combien coûterait une adaptation des antennes-relais pour abaisser les seuils d'exposition aux rayonnements ? Une étude du cabinet Sia Conseil s'efforce de chiffrer la mesure : elle coûterait, évalue-t-elle, entre 3,6 et 7 milliards d'euros. "Le financement passera soit par l'Etat, soit par le couple consommateur- opérateur. Si l'Etat ne le prend pas en charge, c'est le client qui se verra facturer tout ou partie de ce coût", a souligné Stéphane Dubreuil, directeur télécoms de Sia Conseil. D'après cette enquête, le consommateur pourrait ainsi voir sa facture téléphonique "augmenter de l'ordre de 9 à 17%".
"Une évaluation totalement surestimée"
Sia Conseil a précisé que son étude avait pour but d'exposer les "impacts technico-économiques" potentiellement induits par le Grenelle des Antennes, mais n'avait "aucune vocation à défendre une opinion scientifique ou une expertise médicale sur les dangers réels des ondes". Et le cabinet a émis diverses hypothèses : la fourchette basse (3,6 milliards d'euros) correspond à l'investissement pour les opérateurs mobiles si les seuils devaient descendre à 0,6 volt par mètre dans la rue. L'estimation haute (7 milliards) s'il fallait atteindre cette valeur à la sortie de l'antenne. Pourquoi ce seuil retenu de 0,6 volt par mètre ? Tout simplement parce que c'est le chiffre avancé par les associations de riverains, souligne le cabinet. Par ailleurs, "les coûts opérationnels additionnels de maintenance et d'exploitation sont évalués entre 800 millions et 1,6 milliard d'euros par an", ajoute Sia Conseil.
L'association Agir pour l'environnement, partenaire du Grenelle des antennes, dénonce d'ores et déjà une "évaluation totalement surestimée". "L'étude part du principe que l'exposition de 0,6 V/m est une exposition mesurée à proximité immédiate des antennes ou à l'extérieur des bâtiments... Mais le seuil de 0,6 volt par mètre ne vise que les locaux habités", explique Stéphane Kerckhove, qui note que l'étude n'évalue pas les coûts pour ce cas de figure.
"3 à 7 ans de chantier"
Mais ce n'est pas le seul point souligné par Sia Conseil. Le cabinet s'attache ainsi à l'aspect technique de la mesure et précise que l'abaissement des seuils "exigerait a minima 3 à 7 ans de chantier" avec des risques de difficultés importantes (faisabilité technique, disponibilité des sites, obtention des autorisations, etc.). Selon Sia, il entraînerait par ailleurs une "dégradation nette de la qualité du service rendu" (mails, internet mobile, etc.) dans certaines zones (intérieur des domiciles et bureaux), "la disparition de certains usages en mobilité", affectant ainsi la compétitivité des entreprises, ainsi qu'un "accroissement des zones blanches", les zones non couvertes. Selon Stéphane Dubreuil, "quels que soient les investissements que l'on fera, on ne pourra plus avoir la même qualité de service".
Une telle réglementation, associée aux contraintes actuelles, remettrait par ailleurs "en cause l'arrivée d'un quatrième opérateur". Stéphane Dubreuil souligne que "si on abaisse les seuils, il faudra déployer deux à trois fois plus d'antennes pour la même couverture".
D'après agence
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