Une patiente ébouillantée, une infirmière poursuivie

le 12 octobre 2009 à 06h19 , mis à jour le 03 novembre 2009 à 13h06

Après la mort dans son bain d'une jeune femme atteinte de troubles psychomoteurs, une soignante d'un hôpital d'Amiens est poursuivie pour homicide involontaire.

Le centre hospitalier Philippe-Pinel d'AmiensLe centre hospitalier Philippe-Pinel d'Amiens © TF1/LCI

La victime était une femme d'une trentaine d'années hospitalisée dans une unité de soins psychiatriques du centre hospitalier Philippe-Pinel d'Amiens. Le 4 août dernier, elle avait été retrouvée morte, noyée et ébouillantée, baignant dans une "eau extrêmement chaude", selon une source judiciaire. Le parquet avait ouvert le 23 septembre une information judiciaire pour homicide involontaire par imprudence, inattention et inobservation des règlements ; elle a débouché sur la mise en examen de l'infirmière qui avait fait couler le bain de la patiente.

Mais selon son avocat, Hubert Delarue, l'infirmière est peut-être un des facteurs du drame, mais pas le seul. Elle avait, selon lui, commencé à faire couler un bain à 37°C lorsque, prise d'un "besoin naturel pressant", elle avait demandé à la jeune femme de l'attendre quelques minutes. "A son retour, elle trouvé la patiente au fond de la baignoire" dans une eau à température anormalement élevée, a souligné Me Delarue. Une mort qui soulève, d'après lui, plusieurs problèmes allant au-delà de la jeune femme : "Est-il normal qu'une infirmière ait été seule pour s'occuper de 18 patients psychotiques ?", s'interroge-t-il, pointant aussi le problème des mitigeurs "dont certains ont dû être changés depuis".

Une infirmière expérimentée, bien considérée par sa hiérarchie

Quant à la victime, atteinte du syndrome de Sotos qui entraîne chez certains sujets des retards psychomoteurs significatifs, elle était relativement autonome, selon l'avocat. Elle était capable de s'habiller ou de se déshabiller, et se déplaçait en fauteuil roulant ou en déambulateur. Elle est "entrée par ses propres moyens dans la baignoire. Ma cliente assure qu'elle ne l'aurait jamais laissée seule dans la baignoire", a souligné Me Delarue.

Suspendue "à titre conservatoire" par la direction de l'hôpital, la soignante était "parfaitement considérée" par sa hiérarchie et "très expérimentée", souligne encore l'avocat, qui refuse qu'elle devienne "le bouc émissaire d'un certain nombre de dysfonctionnements" liés au manque de personnel.

Pour sa part, la direction de l'hôpital a simplement confirmé dans un communiqué la mort "accidentelle" d'une patiente le 4 août. Une enquête administrative interne a été ouverte et le ministère de la Santé a demandé un rapport à l'Inspection générale des affaires sociales.

D'après agences

le 12 octobre 2009 à 06:19
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17 Commentaires

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  • Anonyme, le 26/10/2009 à 13h33

    Hospitalisée en H.S.,je dois dire que j'ai été bien soignée,bien encadrée et suis suivie avec sérieux.Je ne remercierai jamais assez les personnes qui ont permis que je retrouve une vie normale et ma véritable personnalité.J'encourage les élèves infirmières à terminer leurs études:Des millions de malades ont besoin d'elles.

  • Linoue, le 16/10/2009 à 16h50

    Je connais tres bien cet etablissment connaissant plusieures personnes y travaillant. Je suis moi meme infirmière ailleurs. C tres facile de la part de la direction de se decharger de la sorte! Les probleme de personnel a ^pinel ne sont pas nouveaux...et voila les conséquences. Les soucis de thermostats ne sont pas nouveaux non plus... La direction va tt faire pour se decharger et laisser l'infirmière porter le chapeau! Toutes mes pensées pour cette infirmière et sa famille. Il faut qu'elle sache qu'elle est soutenue!!

  • Nico, le 13/10/2009 à 15h36

    Je ne peux que déplorer ce type d'accident qui ne peut être dû à un défaut de surveillance volontaire. Infirmier en psychiatrie depuis 3 ans, nous sommes deux infirmiers minimum (et le plus souvent maximum malheureusement!) pour 30 patients. Mon témoignage sur des conditions d'exercice de la profession s'axera surtout sur une structure dans laquelle j'ai travaillé de nuit en 12 heures: 60 patients dans un service de soins de suite et réadapatation. Nombre de soignants? UN infirmier pour les trois étages et deux aides soignantes. Un médecin de garde joignable mais habitant à des kilomètres de la structure en question. Quelle sécurité pour nos patients et pour nous, soignants? J'oubliais ...joignable à partir de six heures du matin...pas avant sinon, on "ne le ménage pas". J'aime mon métier mais combien de fois suis-je rentrer chez moi en me demandant "ai-je bien fait mon travail?"... J'aurais très bien pu, moi aussi, me retrouver à la place de cette infirmière.

  • Julien, le 13/10/2009 à 10h36

    Mais vous vous attendez à quoi, c'est rare les ervices ou il y a plusieur infirmieres. Je suis mo imême infirmiers depuis 1 an maintenant en charente et le constat est le même, la faute à pas de sou, pas d'aide pour recreuter. Cela dit on oublie de citer quelques élèments dans cette affaire,certe une suele infirmière mais pas la seule soignante présente dans le service. Pour celles qui sont à l'école d'inf, ou la maman qui s'inquiète pour sa fille, ce n'est pas la peine, la diffèrence entre aujourd'hui est il y a 30 ans c'est les médias, tous est rapporté maintenant et cela fait scandale, mais ce genre d'accident a toujours existé et existera tourjous....

  • Pierre, le 13/10/2009 à 03h47

    Une infirmiere pour 18 patients dans le bance des accuses il devrait y avoir en plus le directeur de cet etablissement et la ministre de la sante

  • Panandre@hotmail.com, le 13/10/2009 à 00h32

    L'infirmière ne doit pas être culpabilisée. à mon avis la malade a voulue augmenter la température profitant de l'absence de l'infirmière trouvant que 37.5 etait trop faible en rentrant dans le bain. le malaise lui a été fatale sauf si s'etait volontaire et d'en finir. ou alors elle a glissée dans la baignoire sans pouvoir se retenir. En tout cas c'est anormal de s'occuper de 18 personnes qui courent d'autres dangers. il faut que cette courageuse infirmière soit tres compétante pour dispenser autant de soins. 9 patients s"est suffisant et ça prend du temps si on fait son metier. 18 s'est impossible ou c'est de l'inconcience de la hierarchie.

  • Nicolas, le 12/10/2009 à 17h38

    La destruction du service public hospitalier .... ? La faute à qui .... ? ... aux petits bulletins que l'on glisse dans les urnes ! Bon courage à cette infirmière suspendue

  • Lou, le 12/10/2009 à 11h57

    Je suis moi même élève infirmière en 2 ème année, et c' est toujours avec la peur au ventre que je me rends sur les terrains de stage. infirmières débordées, soignants épuisés, et nous élèves souvent mal encadrés sinon pas du tout. JE déplore ces conditions de travail , je ne sais pas si je finirais mon année.

  • Alpha, le 12/10/2009 à 11h55

    "elle était seule pour s'occuper de 18 patients" De mieux en mieux! Etre de moins en moins et fournir de plus en plus = risque d'erreur. Question: Faudra-t-il encore d'autres problèmes plus grave pour qu'il y ait réaction? S'il y a toujours un responsable direct, la question est de savoir qui gère les établissements? Combien y a-t-il de personnels soignants dans la structure?

  • Mamoune44, le 12/10/2009 à 11h32

    Et on se demande pourquoi les jeunes ne veulent plus faire des études d'infirmiers. A chaque faux pas on leur fait porter le chapeau. Il est tout d'abord inadmissible que l'on confie 18 patiens difficiles à une seule personne. J'ai moi même travaillé en tant qu'éducatrice auprès de jeunes handicapées. Nous étions seules le weekend avec une vingaine de filles qu'il fallait aider, surveiller. Lorsque l'on est occupée avec une, les 19 autres doivent essayer de se débrouiller seules, un drame peu arriver à n'importe quel moment. Le problème n'est pas récent, cela date de 1978 ! les choses n'ont fait qu'empirer. alors arrêtons de jeter la pierre à ces personnes dévouées qui travaillent dur weekend et jours fériés pour aider les autres. J'apporte mon soutien à cette infirmiière, courage à elle.

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