Une mise en scène de théâtre de Guignol, des images décalées et un peu surréalistes jouant sur les calembours, pour un message à l'humour un peu grinçant sur un sujet qui touche, plus ou moins, tous les Français : l'enseigne Leclerc repart au combat pour obtenir l'autorisation de vendre les médicaments qui ne sont désormais plus remboursés en lançant une nouvelle campagne publicitaire. Les spots télévisés, revendiquant le droit de faire baisser les prix des médicaments, sont diffusés depuis vendredi soir à la télévision. Des encarts sont aussi prévus dans la presse.
Ces vitamines qui donnent grise mine
La prise de vitaminiques A, E et de bêta carotène augmenterait de 4 à 16% les risques de mortalité, selon une étude publiée mardi.
Publié le 28/02/2007
Cette nouvelle campagne fait suite à un arrêt rendu en octobre par la Cour de Cassation qui avait considéré comme tout à fait légale la précédente initiative de Leclerc qui avait été attaquée par un groupement de pharmaciens. Au printemps 2008, la société Univers Pharmacie, basée à Colmar, DirectLabo et les syndicats de pharmaciens USPO et UNPF avaient en effet intenté une procédure en référé pour dénigrement contre cette offensive publicitaire qui avait présenté les médicaments comme un produit de moins en moins accessible. "Avec l'augmentation du prix des médicaments, soigner un rhume sera bientôt un luxe" : la publicité litigieuse montrait un buste pour bijoux orné d'une parure de pilules et de gélules pour dénoncer le prix des médicaments. La décision de la Cour de cassation ne met toutefois pas un point final à cette affaire, une procédure sur le fond étant engagée.
Les pharmaciens réagissent
Dans la nouvelle campagne, Leclerc met l'accent sur la professionnalisation de ses parapharmacies : "E. Leclerc demande que ses docteurs en pharmacie aient le droit de vendre tous les médicaments non remboursés à prix E. Leclerc". Le réseau compte aujourd'hui 134 parapharmacies encadrées par 180 docteurs en pharmacie, dont la formation est identique à celle des pharmaciens des officines habituelles, souligne Michel-Edouard Leclerc, président des centres Leclerc. Son objectif dans ce secteur "stratégique" est de créer 200 parapharmacies à horizon 2012. Et il affirme que si ce secteur lui était ouvert, le prix des médicaments baisserait de 25%.
Sans surprise, cette nouvelle offensive est déjà critiquée par l'Ordre national des pharmaciens, qui a réaffirmé vendredi son opposition à la vente de médicaments en grande surface, disant craindre avant tout une "banalisation" du médicament. "Un médicament n'est jamais anodin, prescrit ou pas prescrit", souligne Jean-Charles Tellier, président des titulaires d'officines à l'Ordre des pharmaciens. Pour lui, "argumenter sur le prix, ça veut dire ipso facto qu'on incite à la consommation", ce qui n'est certes pas le bon angle quand il s'agit plutôt de bien se soigner. En ce qui concerne la présence de pharmaciens dans les parapharmacies Leclerc, Jean-Charles Tellier pointe qu'ils ne sont pas inscrits à l'Ordre et "n'ont donc pas de code de déontologie à respecter", soulignant par ailleurs que les officines "assurent un service jour et nuit".
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