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le 02 novembre 2009 à 07h37, mis à jour le 03 novembre 2009 à 13:37
Le Plan cancer que doit annoncer Nicolas Sarkozy devrait insister sur les moyens de réduire les inégalités sociales. A suivre en direct sur LCI.fr à 12h30.
Image d'archives © TF1Suivez à partir de 12h30 l'annonce de Nicolas Sarkozy en direct depuis Marseille
C'était un des grands chantiers de Jacques Chirac : le plan cancer voulu par le chef de l'Etat devait permettre de déployer des moyens pour la recherche et pour les traitements. Mais le bilan de cette première phase 2003-2007 a été plutôt mitigé. La Cour des comptes a souligné ses "carences" et ses "défaillances". Seulement un tiers des 70 mesures envisagées a été réalisé. Parallèlement, la maladie continue à progresser : cette année, on estime qu'elle devrait toucher 350.000 personnes (+10% en quatre ans). Même si les progrès des traitements ont contribué à réduire le risque de mourir d'un cancer : malgré la nette hausse des cas, le nombre de morts, lui, n'a augmenté de que 1%, avec 150.000 décès attendus cette année.
D'où une deuxième phase, très attendue, qui doit courir sur la période 2009-2013. Annoncée depuis plusieurs mois, elle doit être dévoilée ce lundi par Nicolas Sarkozy à Marseille. Lors d'une rencontre organisée par l'Institut national du cancer le 7 octobre, l'actuel chef de l'Etat avait indiqué que ce nouveau plan "consoliderait les acquis du premier". Outre l'amélioration de la coordination avec le médecin de famille et de l'accompagnement du malade, il devrait, selon le directeur de la santé Didier Houssin, cibler "la lutte contre les inégalités", particulièrement en matière de prévention et de dépistage. Cette lutte a été considérée comme "la toile de fond" du prochain plan par Dominique Maraninchi, président de l'Institut national du cancer.
Les cigarettes toujours en ligne de mire
Le Pr Jean-Pierre Grünfeld, chargé de remettre des recommandations au président de la République, avait suggéré de "cibler des ressources supplémentaires vers les territoires les plus touchés et les personnes les plus vulnérables" et "d'amplifier les actions de prévention de proximité". Comme le rappelait le 7 octobre Chantal Cases, directrice de l'Institut d'études démographiques, la mortalité par cancer du pharynx est dix fois plus élevée dans les classes défavorisées. A consommation de tabac et d'alcool égale, un travailleur manuel a deux fois plus de risques de mourir d'un cancer des voies digestives supérieures qu'un non-manuel. Des inégalités que Nicolas Sarkozy estime "inacceptables".
Côté prévention, le nouveau plan cancer ne pourra éviter de parler du tabagisme, considéré comme la première cause de décès par cancer. Le président de la République ne devrait pas revenir sur la hausse du prix du tabac de 6%, demandée par les cigarettiers et acceptée par l'Assemblée jeudi. Les députés ont refusé dans le même temps une hausse des taxes, défendue pourtant par la commission des affaires sociales. Le pneumologue Bertrand Dautzenberg, président de l'Office français de lutte contre le tabagisme, estime pourtant qu'avec une hausse de 6%, "on n'est pas à un niveau qui ait un effet net sur la santé publique". Il regrette le rejet de la hausse des taxes, qui ne bénéficierait pas aux cigarettiers. A tout le moins, la hausse de 6% - "compatible" avec le plan cancer, selon le ministre du budget Eric Woerth - pourrait devenir reconductible chaque année, comme le souhaitait la ministre de la Santé Roselyne Bachelot, favorable à une hausse de 10%.
Certains s'attendent aussi à ce que Nicolas Sarkozy annonce l'inclusion sur les paquets de cigarettes d'images-choc, comme celles de poumons endommagés ou de dents pourries. Une vingtaine de pays ont déjà recours à cette contre-publicité, défendue par les anti-tabac et par l'Organisation mondiale de la santé. Un décret en ce sens est en cours de rédaction depuis plusieurs mois au ministère, où l'on mène une concertation sur les délais d'application avec les fabricants, qui plaident pour 18 mois. Le Pr Dautzenberg espère en outre que le chef de l'Etat annoncera une aide à l'arrêt de la consommation avec un remboursement par l'assurance maladie - même "très bas" - des produits de soutien : "Ce serait gagnant pour les fumeurs et la Sécurité sociale et perdant pour les croque-morts".
D'après agence
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