La France avait acheté 94 millions de dose de vaccins anti-grippe A. Les Français n'en ont utilisé que 5 millions à ce jour. Le gouvernement veut les revendre à l'étranger. Mais la concurrence est rude. © TF1/LCIL'Organisation mondiale de la santé (OMS) a-t-elle subi des pressions des fabricants de vaccins pour déclarer l'état de pandémie de grippe H1N1 ? Non, répond-elle mardi au Conseil de l'Europe. Lors d'une audition au Conseil de l'Europe, le conseiller spécial de l'OMS sur les pandémies de grippe, Keiji Fukuda, a indiqué que l'agence onusienne "n'a pas été indûment influencée par les laboratoires" et a rappelé que les experts consultés "doivent signer une déclaration relative à leurs intérêts privés". Selon la directrice générale de l'Organisation mondiale de la santé, Margaret Chan, les premiers résultats du comité d'évaluation sur la gestion de la grippe H1N1 exonère l'OMS des accusations de collusion avec les groupes pharmaceutiques. Faut-il avoir peur des sels d'aluminium, utilisés dans les adjuvants vaccinaux ? La controverse rebondit après la publication d'un livre au début du mois. L'Académie de médecine monte au créneau. Le Pandemrix, injecté à 30 millions d'Européens dans le cadre des campagnes contre la grippe H1N1, et soupçonné d'être lié à des cas de narcolepsie, maladie rare du sommeil, dans trois pays dont la France, fait l'objet d'une enquête de l'Agence européenne des médicaments. Six cas de narcolepsie chez des personnes vaccinées contre la grippe A/H1N1 ont été signalés depuis lundi à l'Afssaps. D'autres cas de cette maladie rare du sommeil au sein de la population vaccinée avaient déjà été signalés ailleurs en Europe. Combien a coûté au juste la campagne de vaccination contre la grippe A/H1N1 ? Le président de la commission d'enquête du Sénat avait évoqué jusqu'à 2,2 milliards d'euros. Faux, dit Roselyne Bachelot, qui évoque environ 500 millions. L'alerte internationale lancée contre une possible pandémie était-elle justifiée ? L'OMS a-t-elle exagéré la menace ? Pour répondre aux accusations, l'organisation a formé un comité d'experts. Le laboratoire Novartis a signé l'accord de résiliation avec le ministère, mais les deux autres laboratoire (GSK et Sanofi) sont toujours en cours de négociation avec l'Etat français, a indiqué une source proche du dossier. Etait-il pertinent de la part de l'organisation de qualifier la grippe A/H1N1 de "pandémie" ? Y a-t-il eu pression de laboratoires pour gonfler la menace ? L'OMS va devoir s'expliquer devant le Conseil de l'Europe. Les médecins pourront se procurer les doses de vaccin en pharmacie dès le 1er février, a annoncé vendredi Roselyne Bachelot. Une mesure qui permettra de fermer plus tôt les centres de vaccination. Entendue par les députés mardi soir, Roselyne Bachelot a de nouveau défendu sa gestion de l'épidémie, annonçant qu'un approvisionnement en vaccins était envisagé via les pharmaciens. Le gouvernement tente de revendre une partie des 94 millions de doses. Lors de l'achat en juillet, les spécialistes estimaient que deux doses seraient nécessaires.
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Il s'agit bien d'une pandémie qui est "formellement établie, qui n'est pas achevée" alors que le virus "est présent dans le monde entier", a-t-il indiqué devant la commission de la santé de l'assemblée du Conseil de l'Europe. "Un comité d'experts des huit pays les plus exposés, sélectionnés pour leur compétences individuelles, a estimé à l'unanimité que tous les critères étaient réunis pour déclarer la pandémie" en juin, a-t-il ajouté.
« Recette juteuses »
Auparavant, l'épidémiologiste allemand Wolfgang Wodarg, avait accusé l'OMS d'avoir exagéré la menace de la grippe en la qualifiant de "pandémie" sous la pression des laboratoires pharmaceutiques. "Les laboratoires n'attendaient que cela alors que la maladie était relativement peu sévère", a-t-il affirmé estimant que les fabricants de vaccins en attendaient "des recettes juteuses". Il les a accusés d'avoir "utilisé des substances aux effets mal connus" faisant courir d'éventuels risques de santé aux personnes vaccinées.
Intervenant pour le groupement des fabricants européens de vaccins, le docteur Luc Hessel a rejeté ces accusations. "Nous avons effectué les tests de façon rigoureuse, rapidement mais sans précipitation, en profitant des dernières avancées technologiques", a-t-il affirmé. "Sur 38 millions de personnes vaccinées en Europe, les problèmes constatés sont catégorisés "de faible à modéré", a-t-il poursuivi. La grippe pandémique H1N1 a tué au moins 14.142 personnes dans le monde depuis son apparition en mars-avril sur le continent américain, selon le dernier bilan publié par l'OMS.
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