Campagne de vaccination © TF1/LCILa ministre de la Santé Roselyne Bachelot a annoncé jeudi, lors d'une réunion avec les syndicats médicaux et l'Ordre des médecins, que la vaccination contre la grippe A (H1N1) pourra se faire chez son médecin généraliste dès mardi. Initialement, elle avait évoqué l'ouverture de la campagne aux généralistes au printemps. Mais après les critiques virulentes sur l'échec de la campagne et l'excédent de doses commandées, elle a vraisemblablement changé son fusil d'épaule.
Vaccins résiliés: la contrepartie de l'Etat vis-à-vis des labos
Plutôt que de verser des compensations aux laboratoires pour les annulations de commandes de vaccins anti-grippe A, l'Etat s'engagerait, selon le JDD, à leur acheter des vaccins lors de futures épidémies "en versant dès aujourd'hui des arrhes".
Publié le 09/01/2010
Les médecins généralistes ne semblent pourtant pas prêts du tout. "Je ne pourrai pas vacciner mardi, aucune information ne m'a été transmise. Je ne sais même pas où je dois me procurer les doses du vaccin, en pharmacie ou dans les centres de vaccination" s'alarme, un praticien de Paris, le docteur Gilles Dubois. A peine 5 millions de Français se sont jusqu'à présent fait vacciner, alors que, début décembre le gouvernement prévoyait de pouvoir en vacciner 30 millions. "Malheureusement, je pense qu'il est trop tard. Mes patients voulaient se faire vacciner il y a des mois, maintenant je n'ai plus aucune demande. Je suis complètement découragé par le manque de communication", poursuit-il.
Une organisation bancale
D'après les premières informations du ministère de la Santé, la vaccination pourra être réalisée au cours d'une consultation normale, les médecins seront alors rémunérés au tarif de la consultation, soit 22 euros. En revanche, si la vaccination est faite "à la chaîne" les médecins seront rémunérés au tarif de 6,60 euros, pris en charge à 100% par l'assurance maladie. Concernant l'acheminement des vaccins, cela reste très flou : "il n'y a pas grand-chose de fait concernant l'approvisionnement pour l'instant, mais une circulaire devrait être transmise aux préfets dans les jours à venir, pour que les municipalités s'organisent" affirme le ministère de la santé.
La date de mardi semble être symbolique vu la vitesse à laquelle circule l'information : "Il y a encore trois axes à creuser", regrette de son côté Michel Chassang, président de la confédération des syndicats médicaux français (CSMF). "L'approvisionnement des médecins en vaccins", "le problème des bons de vaccination", et "la rémunération". Concernant l'approvisionnement, la CSMF explique que "les médecins pourront se procurer les vaccins dans les centres de vaccination en attendant que cela arrive dans les pharmacies." Mais autant du côté des syndicats que chez les praticiens eux-mêmes, le début effectif de la vaccination en cabinet dès mardi semble très hypothétique.
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