Leclerc freiné dans sa croisade pour vendre des médicaments

Par TF1 News (avec agence), le 21 janvier 2010 à 15h57 , mis à jour le 21 janvier 2010 à 16h14

Le groupe de distribution avait lancé des spots publicitaires pour réclamer le droit de commercialiser des produits non remboursés dans ses parapharmacies. Au grand dam des pharmaciens. Le tribunal de Colmar les a entendus.

Image de la campagne des centres Leclerc pour le droit de vendre des médicaments en grande surfaceImage de la campagne des centres Leclerc pour le droit de vendre des médicaments en grande surface © TF1/LCI

Le tribunal de grande instance de Colmar a sifflé la mi-temps dans le conflit qui opposé Leclerc aux pharmaciens : le groupe de distribution a été condamné jeudi à cesser toute publicité qui utilise une référence aux prix des médicaments vendus en officine. Même si le distributeur a annoncé jeudi après-midi son intention de faire appel contre ce jugement, ce dernier est exécutoire dès à présent et assorti de lourdes astreintes. Leclerc a aussi été condamné à payer une somme globale de plus de 100.000 euros aux groupements de pharmaciens, Udgpo, Univers Pharmacie et Directlabo qui regroupent 7500 officines. Le jugement demande enfin à la société Gallec - le groupement d'achat des centres d'achat Leclerc - de publier sur son site sesoignermoinscher.com un avertissement au consommateur sur l'interdiction de citer des prix de médicaments "par mention ou comparaison", sous peine d'une astreinte de 10.000 euros par jour, passé le délai de huit jours après notification.

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En jeu : une nouvelle campagne du distributeur pour ses espaces de parapharmacie qui dénonçait un prix des médicaments déremboursés pouvant varier "du simple au triple" et l'absence de "vraie concurrence" sur ce marché. La décision à son sujet a été rendue alors même que le bras de fer judiciaire sur la première campagne de Leclerc n'est pas achevé : saisi une première fois en référé par les deux groupements et les syndicats USPO et UNPF, le tribunal de Colmar avait déjà condamné le 21 avril le groupe Leclerc à retirer une première campagne. Mais la condamnation avait été infirmée en appel le 7 mai, et les pharmaciens se sont pourvus en cassation. La décision de ce jeudi pourrait très bien suivre le même chemin...

"Une campagne déloyale"

Dans le cas jugé ce jeudi, les groupements de professionnels avaient porté plainte contre "une campagne déloyale dénigrant les pharmaciens sous le faux prétexte de défense de l'intérêt général du consommateur". Le groupe de distribution s'en défendait, affirmant avoir simplement participé "à un débat d'intérêt public" sur le coût de la santé dans sa campagne lancée en novembre dans les médias, avec des interviews de Michel Edouard Leclerc. "Cette publicité est dénigrante et de nature à induire en erreur car elle parle de la santé", avait plaidé le 18 décembre Me Hubert Bensoussan, l'avocat parisien des groupements. Mme Anca Pocan, conseil du groupe Leclerc, avait fait valoir de son côté que la campagne, amorcée en novembre dernier, n'était "pas une publicité" car "elle ne cite pas de produit et n'en propose pas à la vente, c'est de l'information aux consommateurs".

L'avocat des pharmaciens voyait néanmoins là une "campagne de communication pour faire pression sur l'Etat et obtenir le droit de vendre de la pharmacie" moins chère. Il avait plaidé qu'il s'agissait bien de publicité commerciale puisque les mots "parapharmacie Leclerc" figuraient en gros dans le texte de la campagne.

Daniel Buchinger, président d'Univers Pharmacie, s'est dit satisfait de la décision de ce jeudi. "Le juge a noté qu'il n'est pas possible de cumuler une prétendue défense de l'intérêt général, à savoir la vente de médicaments non remboursés, avec une volonté évidente de valoriser l'enseigne Leclerc", a-t-il commenté.

Par TF1 News (avec agence) le 21 janvier 2010 à 15:57
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23 Commentaires

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  • louischom, le 22/01/2010 à 11h47

    Toutes les idées "populistes" ne sont pas forcément de bonnes idées. Effectivement, certains pharmaciens ne remplissent pas toujours leur rôle de conseil! Cela, c'est le malheur de toutes les professions. Dans le cas des médicaments "non remboursés", la vente libre est encore plus déconseillée que la vente sous prescription médicale car, malheureusement, tous les livres traitant des maladies ne sont pas au top des connaissances et sont même quelquefois néfastes à la santé. De plus les abus sont dangereux et, parfois, mortels.

  • anne83000, le 22/01/2010 à 08h05

    Ne soyons pas naîfs Mr Leclerc ne "donne " rien, il vend et fait des bénéfices. S'il veut vendre des médicaments ce n'est pas pour rendre la santé accessible aux personnes aux faibles revenus !

  • auroreaix, le 22/01/2010 à 05h37

    @francois92380, angerose72 fait de l'HUMOUR. C'est vous qui êtes sur une autre planète. Ainsi donc, votre épouse est donc pharmacienne et ne gagne que 333 euros par mois ???? Effectivement, ça eu payé... mais ce n'est plus ce que c'était mon pauvre monsieur. De plus, vous êtes hors sujet, personne ne vous a demandé votre CV.

  • danou34110, le 21/01/2010 à 23h18

    Vous êtes un grand ou une grande sage. Un médicament n'agit plus s'il devient une habitude...

  • danou34110, le 21/01/2010 à 23h12

    1) les pharmaciens ne sont pas que des commerçants. Ils ont fait des études en faculté et ont passé un doctorat de pharmacie. Ils leur arrive de corriger des erreurs de prescriptions de la part des médecins car ils ont une connaissance approfondie des médicaments qu'ils vendent. L'automédication avec des produits achetés en grandes surfaces peut être dangereuse. 2) je ne sais pas dans quelle région vous habitez, mais ici, les centres Leclerc ne sont pas moins chers que d'autres grandes surfaces, ils sont même plus chers en ce qui concerne les fruits et légumes et je suis horrifiée chaque été de voir à quels prix ils vendent des fruits et des légumes qu'on trouve moitié moins chers chez les marchands de primeurs. S'ils étaient d'une qualité exceptionnelle, je comprendrais, mais ils ne sont ni beaux ni bons. Les seuls articles nettement moins chers sont les "eco+" mais leur qualité laisse à désirer, comme tout ce qui est bas de gamme. Les produits "marque repère" sont de bonne qualité mais leur prix est analogues aux produits équivalents des autres enseignes. Quant aux produits "nos régions ont du talent" qui sont d'une qualité supérieure, ils sont très chers.

  • francois92380, le 21/01/2010 à 23h07

    Bonsoir angerrose72 Je suis cadre sup et j'ai épousé une pharmacienne. Ma femme travaille 90h par semaine, salaire 2009 (annuel pour bien préciser) = 4000 ?. Vacances : 2 semaines l'été. 1 semaine l'hiver. week-ends = qq dimanches par mois. Moi j'ai plein de RTT (comme vous ?). Alors si vous jalousez les pharmaciens, ben allez-y : BAC + 6 pour 0 de salaire pdt 12 ans travail 6 jours / 7, gardes de nuit + de week-end et 3 semaines par an moyennant une organisation (et des frais de fous - ben ouais, vos salariés sont au 35h avec 5 semaines de congés payés).... Mon pauvre Angerose72... sur une autre planète... Vous êtes salarié ? Public ou privé ?

  • criticdailleurs, le 21/01/2010 à 22h13

    Pas si facile de savoir ce qui y préférable ! Economie et/ou santé !!! Je vis en Amérique du nord et ici comme le dit bri741 "on trouve les médicaments sans ordonnance au supermarché, avec à coté un guichet où l'on peut demander conseil et obtenir des médicaments avec son ordonnance". Pas plus de problèmes de santé avec ce système certes mais surconsomation (+ du double des français qui déjà consomment trop). Je suis quelqu'un de raisonnable et achète des médicaments dans des proportions très raisonnables également mais peu de gens agissent de la sorte ici, et si le médicament devient du libre service en France, beaucoup en abuseront hélas. Donc je suis plus favorable au maintien de la distribution des médicaments (remboursables ou non) par des pharmaciens et si quelques enseignes abusent sur les prix et/ou font de la fausse concurrence alors des sanctions financières sévères.... Et à tous : Prenez des médicaments avec extrèmes modérations surtout si ça devient libre-service !!!!

  • bri741, le 21/01/2010 à 19h50

    Certes, la santé n'a pas de prix ....... mais alors pourquoi les médicaments sont si chers en France ??? Aux USA, on trouve les médicaments sans ordonnance au supermarché, avec à coté un guichet où l'on peut demander conseil et obtenir des médicaments avec son ordonnance..... pas plus d'insécurité sanitaire qu'en France, et des prix inimaginables chez nous : un flacon de 100 ou 150 comprimés des célèbres anti-douleur et anti-inflamatoire à l'ibuprofène pour l'équivalent de 3? !!! Ici, pour ce prix, on en a que 16, même composition, même marque !!!

  • angerose72, le 21/01/2010 à 19h27

    Ouai... j'en fait partie (à avoir du mal à boucler mes fins de mois)..... !!

  • uhuchan, le 21/01/2010 à 19h04

    Simple ! Les hôtesse de caisses ont un taux rémunérateur au SMIC (et encore) et leur contrat ne dépasse pas 30 heures par semaine, sans avoir le droit de faire des heures supplémentaires. A vous de compter... j'ai été payé 780? maximum net. Et oui fini la caisse, surtout avec des clients très agressifs et mal polis.

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