un chercheur travaillant au microscope © LCILe directeur de l'Agence nationale de recherche sur le Sida, Jean-François Delfraissy, lance un appel du pied appuyé : selon lui l'ANRS n'aura pas les moyens de poursuivre son travail sur la prévention de la maladie si ses moyens ne sont pas nettement augmentés.
Nouvel espoir pour un vaccin anti-sida
Des chercheurs américains ont découvert deux puissants anticorps capables de bloquer, en laboratoire, la plupart des souches connues du VIH ouvrant potentiellement la voie à un vaccin anti-sida efficace.
Publié le 08/07/2010
Le Pr Delfraissy présentait lundi à la presse les grands thèmes de la 17e Conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes (Croi), qui s'est tenue la semaine dernière à San Francisco et a tourné particulièrement autour de la prévention. Il y a encore chaque année en France 7000 nouvelles infections, et 2,5 millions dans le monde. "Un des éléments forts de la Conférence" de San Francisco, a indiqué le Pr Delfraissy, a été l'utilisation "beaucoup plus large" des antirétroviraux, normalement donnés comme traitement, et qui pourraient servir "d'outils de prévention". L'ANRS, a-t-il souligné, est "très active" sur le sujet, avec plusieurs essais engagés. Il a cité un essai "prime-boost" (combinant une première injection avec un candidat-vaccin et une deuxième avec un autre), qui a donné "une réponse assez intéressante pour passer à des essais de phase 3", c'est à dire à beaucoup plus grande échelle.
15 à 20 millions d'euros manquants
Mais, a-t-il noté, ces fameux essais de phase 3 coûtent "plusieurs millions d'euros". Et l'Agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites virales n'aura pour "pas assez d'argent" les réaliser. Il a rappelé que le budget de l'ANRS tournait actuellement autour de 45 millions d'euros. Il en faudrait en 2011 "15 à 20 millions de plus", a-t-il estimé.
D'où pourrait venir l'argent manquant ? Le Pr Delfraissy a dit espérer que l'agence puisse "bénéficier des retombées du grand emprunt", pour lequel les discussions "sont en cours". Le sida figure, avec le cancer, les maladies génétiques et Alzheimer parmi les priorités de la recherche en santé publique, auxquelles devrait aller une petite partie des 35 mds du grand emprunt. Or, la Cour des comptes a pointé dans son dernier rapport annuel une action publique de prévention et de dépistage du sida insuffisante. Pour une prise en charge sanitaire en 2007 de 1,1 milliard d'euros pour le seul régime général de l'Assurance maladie, le montant des dépenses de prévention est resté à seulement 54 millions d'euros.
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