Image d'archives © REUTERS/World Masters Games/Craig Golding/HandoutOn a toujours l'âge de ses artères, assure l'adage populaire ; les chercheurs du King's College de Londres pourraient désormais lui ajouter une variante inspirée des recherches sur l'évolution de l'ADN humain au fil du temps : on a toujours l'âge de ses cellules. Ils ont identifié des variants génétiques associés au vieillissement biologique de l'homme, une découverte qui pourrait avoir des implications dans la compréhension des maladies liées à l'âge.
"Ce que suggère notre étude, c'est que certaines personnes sont génétiquement programmées pour vieillir plus vite", a indiqué un des chercheurs, Tim Spector. Menée par une équipe du King's College et de l'université de Leicester, cette étude a été publiée dimanche dans Nature Genetics.
Tout est affaire de télomères
Les chercheurs font la distinction entre deux types de vieillissement, le premier "chronologique", lié à l'âge d'un individu, et le second "biologique", lié au vieillissement de ses cellules. L'horloge qui contrôle le vieillissement des cellules est le raccourcissement des télomères, des structures d'ADN situées à l'extrémité des chromosomes.
"Les individus naissent avec des télomères d'une certaine longueur, et dans de nombreuses cellules, les télomères raccourcissent lorsque les cellules se divisent et vieillissent", a expliqué le professeur de cardiologie Nilesh Samani, de l'université de Leicester. "La longueur des télomères est de ce fait considérée comme un marqueur de l'âge biologique". Or, "nous avons trouvé que les individus porteurs d'une variation génétique particulière ont des télomères plus courts, c'est à dire qu'ils apparaissent biologiquement plus vieux". Les variants identifiés se situent près d'un gène dénommé TERC, "déjà connu pour jouer un rôle important dans le maintien de la longueur des télomères", a précisé le Pr Spector.
Les chercheurs ont analysé plus de 500.000 variations génétiques dans le génome humain pour identifier les variants localisés près du gène TERC. L'effet de ces variants, chez les individus porteurs, serait équivalent à 3 ou 4 années d'âge biologique, selon les chercheurs. "D'un autre côté, ajoute le Pr Spector, des personnes présentant une susceptibilité génétique peuvent vieillir encore plus vite si elles sont exposées à un mauvais environnement pour les télomères, comme le tabagisme, l'obésité ou la sédentarité". De ce fait, conclut le Pr Samani, "il y a un faisceau de preuves montrant que le risque de maladies liées à l'âge, incluant les maladies cardiaques et certains types de cancers, sont plus étroitement associées à l'âge biologique qu'à l'âge chronologique". Cancer, hypertension ou bonne santé : si le mode de vie est déterminant, la longueur de nos télomères nous rend semble-t-il de plus en plus inégaux au fil du temps.
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