Cancers de la prostate : les ravages du principe de précaution

Par TF1 News (D'après agence), le 13 mars 2010 à 10h24 , mis à jour le 13 mars 2010 à 10h28

Deux études, l'une américaine, l'autre européenne, ont mis en cause les bénéfices du test standard de détection du cancer de la prostate : trop d'interventions lourdes, pour trop peu de vies sauvées.

Hopital médecins chirurgiens

Le cancer de la prostate est l'un des plus répandus, mais peut-être aussi l'un des plus mal soignés. En cause : le test standard de détection du cancer de la prostate, le PSA, qui consiste à mesurer la quantité présente dans le sang d'une protéine produite par la prostate. Début mars, l'American Cancer Society, qui ne recommande pas de pratiquer des tests PSA (prostate specific antigen) de routine pour la plupart des hommes depuis les années 90, a exhorté les médecins à parler franchement avec leurs patients de ses risques et limites. Elle recommande que les hommes, en bonne santé, ne présentant aucun symptôme de cancer de la prostate et ayant une espérance de vie d'au moins dix ans, soient informés dès 50 ans par leur médecin des incertitudes, risques et bienfaits potentiels d'un test PSA avant de décider de s'y soumettre. "Pour ce groupe, les risques d'un test PSA sont probablement plus élevés que ses bienfaits", écrit l'American Cancer Society.

Plus d'infos

Le problème avec le PSA est qu'il ne permet pas de faire la distinction entre des cancers agressifs, requérant une intervention, et des tumeurs se développant lentement qui, en fonction de l'âge du patient, ne seront probablement pas la cause du décès. De plus ce test peut donner des résultats erronés. Or, au nom du principe de précaution, les médecins recommandent en cas de test positif de procéder à des biopsies douloureuses ou à des interventions chirurgicales aux conséquences néfastes comme l'impuissance sexuelle.

Sur 48 interventions, 47 étaient inutiles

Deux études, une conduite en Europe et l'autre aux Etats-Unis, publiées en 2009 dans la prestigieuse revue médicale américaine New England Journal of Medicine, ont mis en lumière ce problème. Ces essais cliniques ont révélé que le PSA ne permettait pas de conclure avec certitude que ce test permettait de sauver des vies. L'étude américaine a porté sur plus de 76.600 hommes de plus de 55 ans, dont la moitié a fait l'objet d'un PSA chaque année pendant six ans et d'un examen rectal tous les quatre ans. Elle montre peu de différence dans le taux de mortalité en comparaison avec le groupe témoin à la septième année ainsi qu'à la dixième année de suivi. L'essai clinique européen conduit avec 182.000 hommes durant neuf ans est un peu plus encourageant, faisant ressortir une réduction de 20% de la mortalité par cancer de la prostate dans le groupe soumis régulièrement au test. Mais il montre aussi qu'il faut traiter 48 hommes pour en sauver un et donc que pour 47, ces procédures étaient inutiles.

Du coup, l'inventeur même du PSA, le Dr Richard Ablin, professeur d'immunobiologie à la faculté de médecine de l'Université d'Arizona, parle aujourd'hui de "grande erreur". En prenant pour base la population américaine, il souligne dans le New York Times que les hommes présentent 16% de risque d'avoir un cancer de la prostate mais seulement 3% de probabilité d'en mourir, la plupart de ces cancers se développant lentement. La communauté médicale commence trop lentement à revenir sur l'utilité du PSA, déplore-t-il, attribuant cette mauvaise volonté à l'appât du gain des laboratoires pharmaceutiques.

Par TF1 News (D'après agence) le 13 mars 2010 à 10:24
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9 Commentaires

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  • humanoide56, le 12/06/2010 à 11h43

    La Science avance d'un coté cloisonnée par spécialisation, Lagrange disait dans les annéès 30, que la recherche tatonnera par manque de visibilité lié à la polyvalence. Les lobbies médicaux en profitent donc pour développer des outils et traitements qui somme toute peuvent être réels et efficaces comme aussi bien être des placébos et invalidants. L'histoire des amygdales est flagrand et à connu le même discours, ce sont les opérations simples qui rapportent le plus, par le nombre induit ! Exemple : un de mes gars c'est brulé toute la paume d'une main au 3ème degré : à Bobigny (HP) un professeur prescrit une greffe de peau avec six mois d'arrêt (coût sécu environ 30 000 euro), je l'emmène chez un spécialiste médecin "physique", un bidon de bétatyne, un pansement, 3 semaine près plus rien ! Coût sécu 1500 euros. La démesure est hélas courrante, le pseudo "secret médical" est identique au "secret défense" pour couvrir les opérations politico financères

  • roscath78, le 18/03/2010 à 21h35

    Oui,il y a les scientifiques d' un côté et les labos pharmaceutiques de l'autre, les intérêts n'étant pas les mêmes pour chaque partie. A qui cela rapporte-il le plus bien sûr.............et tant pis si des hommes se trouvent handicapés.

  • tornil, le 18/03/2010 à 20h23

    On ne sait vraiment plus à quel saint se vouer !

  • moodzy, le 17/03/2010 à 13h40

    Non ça veut surtout dire que sur 48 malades traités, on n'en sauve qu'un seul... Résultat si on te diagnostique le cancer de la prostate tu n'as que 2% de chance de t'en sortir... :-s

  • myblo, le 15/03/2010 à 13h39

    Triplement impliqué, à 57 ans (2003) très gêné même perturbé et douleurs... déjà il était envisagé d'une prostatectomie radicale.. biopsie après une fibroscopie arrêt dès le second tir (12) décision d'une anesthésie générale... et 2 cellules cancéreuses.. opération avec décharge vue mon âge et les séquelles et la cerise sur le gâteau mon nerf pudendal touché pendant l'opération (nerf honteux identique pour les femelles)28 mois en arrêt maladie souffrances insupportables et prises de merde et drogue oui pout tenter de soulager...j'ai tout arrêté car le cerveau et la mémoire atteints.. mise à la retraite anticipée et surtout ON N'EST PLUS UN HOMMET couple détruit.. alors prenez garde.; danger dans mon cas l'opération était inévitable vie perturbée par ma prostate nuit et jour et cellules cancéreuses prostate normale 20g la mienne 80...grammes donc énorme..

  • fred53, le 15/03/2010 à 05h42

    Si c'est inutile, il serait temps de chercher un autre mode de détection pour ce cancer très répandu... 48 hommes ont été "traités" pour en sauver un..Cela veut il dire qu'environ 95% des gens traités ont souffert pour rien??? avaient ils été informés pour leur laisser le libre choix?

  • fannye83, le 13/03/2010 à 12h03

    Puisque les spècialiste reconnaisents que la prostate nèsèsitents beaucoup d'èxcaments tres douleureux , pourquoi faut t'il attendre pour opèrer qu'elle devienne, cancèreuse , pourquoi d'apres un grand hopital marseillais n'a t'on pas le droit de le faire porsqu'elle est dèclarèe , cela eviterait beaucoup de souffrance , il parait que ç'est la loi . de toute façon un jour ou l'autre faut y passer , donc pourquoi attendre ?????

  • pca89, le 13/03/2010 à 11h43

    J'ai 71 ans. Depuis 15 ans mon médecin traitant avait décelé une taille anormale de ma prostate. Depuis je prend journellement deux gélule d'un produit à base de plante (ppas de publicité donc pas de nom du produit). Aujourd'hui je me porte très bien, prostate revenuie taille normale et résultat test PSA dans la norme. Donc se faire examiner plus jeune est une bonne chose.

  • rpjbrpjb, le 13/03/2010 à 11h41

    En tous les cas ceux des gens sérieux ces gens là. Ils n'ont pas peur de reconnaître qu'ils ont découvert quelque chose qu'il vallait mieux éviter de mettre en pratique. Même si à l'origine ils pensaient bien faire.

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