Aux yeux de Roselyne Bachelot, "beaucoup d'inexactitudes ont circulé" sur le coût de la campagne de vaccination contre la grippe A/H1N1, décriée par une partie des professionnels de santé. Début mars, le Journal du dimanche avait estimé la facture à plus d'un milliard d'euros, paiement des vacataires et dépenses liées aux consultations des généralistes inclus. Invitée dimanche du Grand Jury RTL/Le Figaro/LCI, la ministre de la Santé a cité pour sa part la somme de 2,2 milliards d'euros avancée par le président de la commission d'enquête du Sénat. Avant d'avancer ses propres chiffres, nettement inférieurs.
Cette campagne, selon elle, aurait coûté à l'Etat entre 490 et 510 millions d'euros, dont 420 millions d'euros pour le ministère de la santé, "y compris les 48 millions d'euros de dédit donnés aux laboratoires". Cette somme de 48 millions d'euros inclut "les vaccins, les consommables, les honoraires de médecins, les bons envoyés par la sécurité sociale, la logistique...", a souligné Roselyne Bachelot. Les factures gérées par le ministère de l'intérieur pour les centres de vaccination devraient en outre totaliser "au maximum 90 millions d'euros, peut-être un peu moins", a dit la ministre. Mais de ce calcul sont exclus les vaccins donnés dans le cadre d'actions humanitaires.
"Il n'y a eu aucune manipulation en France"
A la mi-avril, la ministre avait déjà annoncé un coût de l'ordre de 600 millions d'euros, sans préciser ce qu'elle incluait dans ce bilan. Dimanche, elle a précisé que les laboratoires avaient accepté de ne recevoir que 16% du prix de vente des vaccins dont la commande a finalement été annulée, faute de candidats à la vaccination. Le dernier laboratoire en négociation était GlaxoSmithKline, auprès duquel avaient été commandées plus de la moitié du total de 94 millions de doses. Plus de la moitié de la commande (50 millions de doses en tout) avait été résiliée.
Et prenant le contrepied de l'assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, qui a épinglé vendredi l'Organisation mondiale de la Santé en estimant que la gravité de la grippe H1N1 a été "largement surestimée", Roselyne Bachelot a jugé que l'évaluation des risques de l'OMS avait été "raisonnable au moment où elle a été faite". Et elle a affirmé : "Il n'y a eu aucune manipulation en France, nous avons décidé en toute connaissance de cause".




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