La lutte contre le sida menacée par une crise du financement

Par TF1 News (Avec agence), le 17 juillet 2010 à 22h50 , mis à jour le 17 juillet 2010 à 23h02

La 18e conférence internationale sur le sida s'ouvre dimanche à Vienne en Autriche. L'occasion pour la communauté médicale d'alerter sur la stagnation du financement due à la crise économique qui compresse les budgets des nations donatrices.

[Expiré] sida aids HIV séropositif © SXC.HU

Alors que la 18e conférence internationale sur le sida s'ouvre dimanche à Vienne en Autriche, la communauté médicale et les organisations engagées dans la lutte antisida s'inquiètent de la stagnation du financement due à la crise économique qui compresse les budgets des nations donatrices et risque de compromettre les progrès accomplis.

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Ainsi, les ressources nécessaires pour combattre la pandémie "font face à un défi majeur en raison de la récession mondiale qui contraint tous les gouvernements à ajuster leur budget et certains à réduire l'aide", a déploré cette semaine lors d'une conférence de presse, Bill Gates, le milliardaire cofondateur de Microsoft et coprésident avec son épouse de la fondation Bill et Melinda Gates. Selon lui, ce sujet sera très étudié à à Vienne la semaine prochaine lors de la conférence sur le sida à laquelle il doit participer.

Pénurie de fonds
 
Pour le Dr Anthony Fauci, directeur de l'Institut national américain des allergies et des maladies infectieuses (NIAID), cette crise fait "qu'il n'y a pas assez de fonds pour répondre à la demande de ceux ayant besoin de traitement et de prévention (...) et ce juste au moment où nous récoltons les fruits de notre succès à acheminer des thérapies et des mesures de prévention dans le monde en développement". En effet, environ cinq millions de personnes sont aujourd'hui traitées dans les pays pauvres contre seulement 10% de ce nombre il y a six ans et le coût des antirétroviraux est passé de 15.000 dollars par personne annuellement en 2001 à 120 dollars aujourd'hui. Enfin, le taux d'infection avec le virus de l'immunodéficience humaine (VIH) a diminué de 17% par rapport à son point culminant en 2001. 

Cependant, "chaque fois que vous traitez une personne, deux à trois deviennent infectées, faisant que nous sommes confrontés au défi d'en traiter de plus en plus tout en poursuivant les efforts de prévention de nouvelles infections qui totalisent 2,7 millions annuellement", a expliqué l'infectiologue. "Nous sommes de ce fait dans une crise dont la solution n'est pas évidente", a-t-il dit, soulignant "la nécessité de voir plus de pays riches octroyer des ressources comme ceux du G8 et du G20". Face à cette pénurie, Bill Gates pense qu'il faut "optimiser les fonds existants autant que possible" en étant "très innovateurs" dans la manière de les utiliser comme réduire les coûts de fonctionnement et "concentrer les efforts de prévention là où ils ont le plus d'impact".

Une question morale
 
Mais "si les gouvernements ne font pas plus pour la quantité et la qualité des soins des personnes infectées avec le virus du VIH, cela aura de graves conséquences humaines et des coûts économiques élevés à court et long terme", prévient le Dr Julio Montaner, président de l'International Aids Society (IAS), un des auteurs d'un rapport publié le 9 juillet dans la revue américaine Science. En 2006 les pays membres de l'ONU se sont engagés à offrir un accès universel aux soins préventifs et un traitement des séropositifs d'ici à 2010 dans les pays pauvres et à revenus moyens, des objectifs nécessitant 25 milliards de dollars cette année. Or, seulement 11,3 milliards sont disponibles aujourd'hui.
 
Pour le Dr Paul Zeitz, directeur de Global AIDS Alliance, c'est une question morale. Il est temps que les dirigeants des pays industrialisés comme Barack Obama "tiennent parole", a-t-il déclaré. Le président américain avait promis durant sa campagne de tripler le budget de son prédécesseur, George W. Bush, pour lutter contre le sida dans les pays pauvres pour le porter de 15 à 50 milliards de dollars entre 2009 et 2013. Or, depuis son élection rien n'a été fait, regrette le Dr Zeitz.

Par TF1 News (Avec agence) le 17 juillet 2010 à 22:50
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2 Commentaires

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  • chauve851, le 18/07/2010 à 01h55

    A bas les "niches fiscales"!

  • tipoussy01, le 18/07/2010 à 00h40

    Les belles promesses d'argent des pays les plus riches de la planète ne sont jamais tenus, c'est un fait connu. Que l'on se rappelle les différentes promesses liées à des catastrophes naturelles qui n'ont jamais été tenues, y compris par notre pays.On sait trouver de l'argent pour financer des campagnes électorales mais pas pour combattre le SIDA. Il n'y a rien de compliqué pourtant: mettre l'accent sur la prévention, investir eficacement dans la recherche et prendre en charge les malades partout dans le monde. C'est une goutte d'eau comparé aux campagnes électorales, aux milliards spéculés en Bourse ou à l'argent de la guerre en Afghanistan et en Irak...

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