"Salles de shoot" : Fillon dit non

le 11 août 2010 à 16h04 , mis à jour le 12 août 2010 à 16h08

Ouvrir des salles de consommation encadrée pour usagers de drogue? Le débat enfle en France, transcendant les clivages politiques traditionnels, sur un dispositif qui a fait ses preuves à l'étranger.

[Expiré] drogue addiction coke cocaïne shoot ligne rail © SXC.HU

L'hypothèse d'ouvrir des salles de consommation pour les usagers de drogue suscite un large débat en France : il concerne aussi bien les politiques, que le monde médical, ou associatif. Dernière réaction en date ? Celle de Matignon, mercredi soir. "La priorité de Matignon est de réduire la consommation de drogue, non de l'accompagner, voire de l'organiser", a-t-on affirmé au bureau du Premier ministre. Les salles de consommation de drogue ne sont donc "ni utiles, ni souhaitables", a-t-on ajouté.
  • Le Conseil de Paris vote pour l'ouverture d'une salle de shoot

    Le Conseil de Paris a voté mardi en faveur de l'ouverture d'"au moins" un centre de consommation de drogue dans la capitale, souhaitée par le maire PS, Bertrand Delanoë, et rejetée par l'UMP dans la droite ligne de la politique du gouvernement sur le sujet.

    Publié le 19/10/2010 Le Conseil de Paris vote pour l'ouverture d'une salle de shoot
  • Pour ou contre les "salles de shoot" ?

    <b> Débat -</b> L'ouverture de salles pour toxicomanes continue de faire débat. Alors qu'une association d'élus de tous bords demande leur expérimentation dans un rapport remis vendredi, un pro et un anti "salles de shoot" défendent leur position pour TF1 News.

    Publié le 24/09/2010 Pour ou contre les "salles de shoot" ?
  • Une courte majorité de Français favorable aux "salles de shoot"

    53% d'entre eux sont pour l'ouverture de salles de consommation de drogue médicalisées, selon un sondage Ifop.

    Publié le 20/08/2010 Une courte majorité de Français favorable aux "salles de shoot"
  • Reçus à Matignon, les partisans des salles de "shoot" restent pessimistes

    Les défenseurs des salles de consommation supervisées de drogue, accompagnés de la prix Nobel de médecine Françoise Barré-Sinoussi, ont exposé jeudi après-midi à Matignon leurs arguments.

    Publié le 19/08/2010 Reçus à Matignon, les partisans des salles de "shoot" restent pessimistes
  • "Salles de shoot": un collectif va tenter de convaincre à Matignon

    Le "collectif du 19 mai" regroupant notamment Asud, Act Up et SOS Hépatites sera reçu jeudi pour tenter de convaincre le Premier ministre convaincre de revenir sur la fin de non recevoir opposée aux salles de consommation de drogue à moindre risque.

    Publié le 14/08/2010 "Salles de shoot": un collectif va tenter de convaincre à Matignon
  • Shooting room : Gaudin renonce au bras de fer

    Ce jeudi matin, le maire UMP de Marseille a maintenu son envie d'ouvrir un tel espace dans sa ville. Pour ensuite rallier la position du Premier ministre, qui est contre l'idée de "salle de shoot".

    Publié le 12/08/2010 Shooting room : Gaudin renonce au bras de fer
  • Héroïne : "trouver des outils pour sauver des vies"

    <b>Interview-</b> Pierre Polomeni, du service d'addictologie de l'hôpital Jean Verdier de Bondy, a participé à l'expertise commandée par Roselyne Bachelot qui recommande la mise en place de "centres d'injections supervisés", inspirés de l'étranger.

    Publié le 22/07/2010 Héroïne : "trouver des outils pour sauver des vies"
Plus d'infos

 
Fin juillet à Vienne, la ministre de la Santé Roselyne Bachelot s'était, elle, pourtant prononcée pour "une concertation" sur la "mise en place expérimentale de ce qu'il faudrait appeler centres de consommation supervisés" au nom d'un "enjeu sanitaire crucial". La ministre a entrouvert une porte, après la publication fin juin d'une expertise collective de l'Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) qui équivaut à un aval de la communauté médicale.
 
"Pas de calendrier" pour l'instant, selon le ministère de la Santé: n'empêche, l'initiative suscite d'ores et déjà des réactions contrastées. Quatorze députés UMP, dont plusieurs de son aile droitière, ont cosigné un texte dénonçant les "salles de shoot", estimant que "l'usage des drogues se banalise à cause des discours permissifs". Le FN parle, lui, d'un gouvernement "en plein délire".
 
"Non assistance à personne en danger"
 
Le président de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (Mildt), Etienne Apaire, dans une interview au Monde daté de mardi, juge que de tels centres sont "discutables sur le plan philosophique" et "ne répondent pas vraiment à la demande d'un point de vue sanitaire". Pourtant, selon l'Inserm, le constat que 60% des usagers de drogue sont porteurs de l'hépatite C, que de nouvelles populations échappent aux dispositifs existants et que de nouvelles pratiques à risques surviennent "impose d'adapter la politique de réduction des risques".
 
La secrétaire d'Etat à la Famille, Nadine Morano, a appelé mercredi sur RTL à "ouvrir le débat parce que dans la lutte contre la drogue, on doit utiliser tous les outils". Jean-Claude Gaudin, sénateur-maire UMP de Marseille, est également favorable au dispositif: il a rappelé, mardi sur France Inter, que "la ministre compétente est sur la même ligne et que, à Marseille, c'est le maire le patron, pas l'UMP". Pour les Verts, "si on ne fait rien, cela s'appelle de la non assistance à personne en danger".
 
Appel au "courage politique"
 
L'association "Elus, santé publique et territoires" (ESPT), qui regroupe une soixantaine de villes de gauche (Paris, Lille, Nantes...) comme de droite (Marseille, Le Havre...) a lancé en avril un séminaire sur le sujet. Des conclusions, le 24 septembre, fourniront "aux élus de quoi se forger une opinion au-delà de l'ignorance et des a priori idéologiques", a déclaré son président, Laurent El Ghozi (PS, Nanterre).
 
Les villes intéressées sont souvent confrontées à des "scènes ouvertes" de drogue: deal et/ou consommation publics. Marseille et Paris sont en pointe. "Il y a une convergence entre élus de terrain concernés, associations, experts, qu'il ne faut pas laisser passer, on est dans le sens de l'histoire", a affirmé Laurent El Ghozi, rappelant que "tout le monde avait hurlé" lorsque Michèle Barzach, ministre de la Santé dans le gouvernement Chirac, avait lancé l'échange de seringues en 1987.
 
Le médecin urgentiste Patrick Pelloux, mardi sur RMC, a exprimé son soutien, conscient que "ça va faire peur à une certaine morale" mais convaincu que "ça permet de remettre le malade dans un circuit et souvent de l'aider à sortir de la drogue". Les associations de réduction des risques, Asud (usagers de drogues), Act Up, Anitea (intervenants en toxicomanie et addictologie), SOS Hépatites, Safe, sallesdeconsommation.fr, Gaïa, qui réclament des salles de consommation, en appellent au "courage politique".

le 11 août 2010 à 16:04
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45 Commentaires

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  • 421123, le 13/08/2010 à 19h16

    Et pourquoi ne pas ouvrir à nouveau les maisons closes, les fumeries d'opium , autoriser à nouveau l'absinthe et faire des salles pour fumeurs?

  • ellen34, le 13/08/2010 à 11h55

    A ce moment là je ne voit pas pourquoi on refuserais d'ouvrir des coffee shop en reglementant l'usage de cannabis ..... avec un systeme de carte comme en hollande et avec une consommation controlée . Je préfère encore que ces gens se piquent dans des salles de shots plutot que de voir trainer leurs seringues dans les parcs ou jouent nos enfants !

  • thieseb, le 12/08/2010 à 17h53

    Pour une fois qu'un ministre prenait une initiative intelligente

  • nycole72, le 12/08/2010 à 11h24

    Pour faire une cure de désintoxication, il faut être "volontaire"...

  • nycole72, le 12/08/2010 à 11h12

    @isatis : L'un n'empêche pas l'autre...

  • nfilou, le 12/08/2010 à 10h49

    Organiser la consommation de drogues peut paraître assez bizarre !

  • sambrest, le 12/08/2010 à 10h06

    N'importe quoi, vraiment. aucun rapport, on parle ici de gens malades!

  • sophie70000, le 12/08/2010 à 09h54

    Tout à fait d'accod avec vous !

  • isatis54, le 12/08/2010 à 09h49

    L'on que l'on voit tous les dégâts occasionnés par la drogue Mme la Ministre de la santé on ne parle pas centres de consommation supervisé, mis de lutte contre tous les dealeurs

  • lou68, le 12/08/2010 à 09h48

    Désolé mais lorque l'on se shoot on en connait les risques alors il faut s'assumer ce n'est pas à la société de tout assumer de demander toujours au meme de faire des efforts il y en a un peu ras le bol

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