© SXC.HUL'hypothèse d'ouvrir des salles de consommation pour les usagers de drogue suscite un large débat en France : il concerne aussi bien les politiques, que le monde médical, ou associatif. Dernière réaction en date ? Celle de Matignon, mercredi soir. "La priorité de Matignon est de réduire la consommation de drogue, non de l'accompagner, voire de l'organiser", a-t-on affirmé au bureau du Premier ministre. Les salles de consommation de drogue ne sont donc "ni utiles, ni souhaitables", a-t-on ajouté.
Le Conseil de Paris vote pour l'ouverture d'une salle de shoot
Le Conseil de Paris a voté mardi en faveur de l'ouverture d'"au moins" un centre de consommation de drogue dans la capitale, souhaitée par le maire PS, Bertrand Delanoë, et rejetée par l'UMP dans la droite ligne de la politique du gouvernement sur le sujet.
Publié le 19/10/2010
Pour ou contre les "salles de shoot" ?
<b> Débat -</b> L'ouverture de salles pour toxicomanes continue de faire débat. Alors qu'une association d'élus de tous bords demande leur expérimentation dans un rapport remis vendredi, un pro et un anti "salles de shoot" défendent leur position pour TF1 News.
Publié le 24/09/2010
Une courte majorité de Français favorable aux "salles de shoot"
53% d'entre eux sont pour l'ouverture de salles de consommation de drogue médicalisées, selon un sondage Ifop.
Publié le 20/08/2010
Reçus à Matignon, les partisans des salles de "shoot" restent pessimistes
Les défenseurs des salles de consommation supervisées de drogue, accompagnés de la prix Nobel de médecine Françoise Barré-Sinoussi, ont exposé jeudi après-midi à Matignon leurs arguments.
Publié le 19/08/2010
"Salles de shoot": un collectif va tenter de convaincre à Matignon
Le "collectif du 19 mai" regroupant notamment Asud, Act Up et SOS Hépatites sera reçu jeudi pour tenter de convaincre le Premier ministre convaincre de revenir sur la fin de non recevoir opposée aux salles de consommation de drogue à moindre risque.
Publié le 14/08/2010
Shooting room : Gaudin renonce au bras de fer
Ce jeudi matin, le maire UMP de Marseille a maintenu son envie d'ouvrir un tel espace dans sa ville. Pour ensuite rallier la position du Premier ministre, qui est contre l'idée de "salle de shoot".
Publié le 12/08/2010
Héroïne : "trouver des outils pour sauver des vies"
<b>Interview-</b> Pierre Polomeni, du service d'addictologie de l'hôpital Jean Verdier de Bondy, a participé à l'expertise commandée par Roselyne Bachelot qui recommande la mise en place de "centres d'injections supervisés", inspirés de l'étranger.
Publié le 22/07/2010
Fin juillet à Vienne, la ministre de la Santé Roselyne Bachelot s'était, elle, pourtant prononcée pour "une concertation" sur la "mise en place expérimentale de ce qu'il faudrait appeler centres de consommation supervisés" au nom d'un "enjeu sanitaire crucial". La ministre a entrouvert une porte, après la publication fin juin d'une expertise collective de l'Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) qui équivaut à un aval de la communauté médicale.
"Pas de calendrier" pour l'instant, selon le ministère de la Santé: n'empêche, l'initiative suscite d'ores et déjà des réactions contrastées. Quatorze députés UMP, dont plusieurs de son aile droitière, ont cosigné un texte dénonçant les "salles de shoot", estimant que "l'usage des drogues se banalise à cause des discours permissifs". Le FN parle, lui, d'un gouvernement "en plein délire".
"Non assistance à personne en danger"
Le président de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (Mildt), Etienne Apaire, dans une interview au Monde daté de mardi, juge que de tels centres sont "discutables sur le plan philosophique" et "ne répondent pas vraiment à la demande d'un point de vue sanitaire". Pourtant, selon l'Inserm, le constat que 60% des usagers de drogue sont porteurs de l'hépatite C, que de nouvelles populations échappent aux dispositifs existants et que de nouvelles pratiques à risques surviennent "impose d'adapter la politique de réduction des risques".
La secrétaire d'Etat à la Famille, Nadine Morano, a appelé mercredi sur RTL à "ouvrir le débat parce que dans la lutte contre la drogue, on doit utiliser tous les outils". Jean-Claude Gaudin, sénateur-maire UMP de Marseille, est également favorable au dispositif: il a rappelé, mardi sur France Inter, que "la ministre compétente est sur la même ligne et que, à Marseille, c'est le maire le patron, pas l'UMP". Pour les Verts, "si on ne fait rien, cela s'appelle de la non assistance à personne en danger".
Appel au "courage politique"
L'association "Elus, santé publique et territoires" (ESPT), qui regroupe une soixantaine de villes de gauche (Paris, Lille, Nantes...) comme de droite (Marseille, Le Havre...) a lancé en avril un séminaire sur le sujet. Des conclusions, le 24 septembre, fourniront "aux élus de quoi se forger une opinion au-delà de l'ignorance et des a priori idéologiques", a déclaré son président, Laurent El Ghozi (PS, Nanterre).
Les villes intéressées sont souvent confrontées à des "scènes ouvertes" de drogue: deal et/ou consommation publics. Marseille et Paris sont en pointe. "Il y a une convergence entre élus de terrain concernés, associations, experts, qu'il ne faut pas laisser passer, on est dans le sens de l'histoire", a affirmé Laurent El Ghozi, rappelant que "tout le monde avait hurlé" lorsque Michèle Barzach, ministre de la Santé dans le gouvernement Chirac, avait lancé l'échange de seringues en 1987.
Le médecin urgentiste Patrick Pelloux, mardi sur RMC, a exprimé son soutien, conscient que "ça va faire peur à une certaine morale" mais convaincu que "ça permet de remettre le malade dans un circuit et souvent de l'aider à sortir de la drogue". Les associations de réduction des risques, Asud (usagers de drogues), Act Up, Anitea (intervenants en toxicomanie et addictologie), SOS Hépatites, Safe, sallesdeconsommation.fr, Gaïa, qui réclament des salles de consommation, en appellent au "courage politique".
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