Don de sperme, mères porteuses, etc : des évolutions pas de révolution

Par TF1 News (avec AFP), le 01 septembre 2010 à 09h55 , mis à jour le 01 septembre 2010 à 22h33

Le projet de révision des lois de bioéthique de 1994 et 2004 est fin prêt et sera présenté en conseil des ministres. La ministre de la Santé estime qu'il "ne vient pas percuter les principes cardinaux."

recherche laboratoire éprouvette scientifiqueImage d'archives. © Médiathèque de la Commission européenne

Des évolutions, pas de révolution : le projet de révision des lois de bioéthique de 1994 et 2004 comporte "un certain nombre de dispositions innovantes, mais aucune ne vient percuter les principes cardinaux", assure la ministre de la Santé Roselyne Bachelot. Le projet de révision doit être présenté "au dernier conseil des ministres de septembre", après son passage en Conseil d'Etat, le début de son examen au Parlement étant prévu en novembre.

Plus d'infos

Innovation importante : la possibilité pour les enfants issus d'un don de gamète (sperme ou ovocyte) - soit à peu près 1300 naissances par an - d'avoir accès à leurs origines. La levée de l'anonymat du donneur ne pourra cependant  intervenir qu'avec l'accord de celui-ci.

Exit la question passionnelle des mères porteuses qui a occupé le devant de la scène ces derniers mois : le texte ne touche pas à l'interdiction de la gestation pour autrui. Pas question non plus d'autoriser le transfert d'embryon post-mortem ou d'ouvrir l'assistance médicale à la procréation (AMP) aux célibataires ou aux homosexuels. Au contraire, le texte met en exergue le caractère strictement médical des critères justifiant d'y recourir. Il prévoit néanmoins le même droit d'accès aux couples hétérosexuels pacsés qu'aux couples mariés.

Les conditions de recours au diagnostic pré-implantatoire ou DPI (une  quarantaine de naissances par an) restent inchangées. Aucune liste de maladies  n'est établie. Le DPI se pratique à titre exceptionnel dans le cadre d'une AMP  lorsqu'un couple a une forte probabilité de donner naissance à un enfant atteint  d'une maladie grave reconnue comme incurable.

Une disposition est par ailleurs prévue pour faciliter l'information des parents d'une personne atteinte de maladie génétique grave, tout en respectant le secret médical. Le patient concerné, qui ne souhaite pas donner lui-même  l'information à ses proches, pourra communiquer leurs coordonnées au médecin qui se chargera de les avertir de la présence d'une anomalie génétique familiale,  sans mentionner l'identité du patient.

Dans un tout autre domaine, le projet de révision ouvre la porte au don croisé d'organes, une mesure qui devrait permettre de réaliser de 100 à 200 greffes de rein supplémentaires par an à partir de donneurs vivants. Cela dans un contexte de pénurie persistante d'organes associée à des besoins croissants de greffes.

Autre point très attendu par la communauté scientifique, le sort réservé à la recherche sur l'embryon et les cellules souches embryonnaires. La loi de 2004  l'interdit, tout en l'autorisant à titre exceptionnel pour une période limitée à 5 ans, ce moratoire venant à échéance en février 2011. Le projet de révision supprime le moratoire, mais maintient le principe d'interdiction de la recherche et le régime d'autorisations dérogatoires.

Le don croisé d'organes, kézako ?

Julie a besoin d'une greffe de rein. Son mari Pierre est prêt à lui donner un des siens, mais n'est pas biologiquement compatible. Le même problème se pose pour Marie, maman de Justine. Avec le don croisé, Justine pourrait bénéficier d'un rein de Pierre et Julie d'un rein de Marie. La France est avec le Portugal un des seuls pays en Europe à interdire  jusqu'à présent cette pratique.

Normalement, le donneur doit faire partie du cercle familial du receveur : père, mère, frère, soeur, enfant, grand-parent, oncle, tante, cousin germain, conjoint ou personne justifiant de deux ans de vie commune avec le malade. Mais il faut aussi que donneur et receveur soit "compatibles" (même groupe sanguin, proximité des systèmes HLA), pour que l'organisme du receveur puisse accepter biologiquement l'organe du donneur.

C'est là, en cas d'incompatibilité entre proches, qu'intervient la possibilité du don croisé : deux personnes, candidates au don mais incompatibles avec leur proche malade, s'échangent en quelque sorte leur receveur respectif.

Par TF1 News (avec AFP) le 01 septembre 2010 à 09:55
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Sciences
  

4 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • nanielia, le 02/09/2010 à 09h03

    Ayant suivi un parcours PMA pour avoir un enfant, je trouve ça scandaleux de ne pas laisser cette chance à d'autres personnes pour une raison bioéthique archaïque vis à vis des autres pays alors qu'on nous parle tout le temps d'ouverture d'esprit, de mondialisation, ouvrons-nous aux autres, prenons modèle sur les autres pays... Alors, comme ça, une femme atteinte de la maladie des os et ne pouvant pas porter d'enfant pour fragilisation de son bassin qui peut explosé en petit morceaux ne pourra jamais être mère avec ses propres gamètes et ceux de son mari grâce à une autre femme qui pourrait porter ses enfants? Et, la mère célibataire qui décide de "tirer son coup" en faisant un enfant dans le dos de l'homme a le droit d'être mère mais une femme célibataire dont le projet est réfléchi rencontrant des problèmes d'infertilité ne peut pas bénéficier de l'aide de la procréation médicalement assistée? L'Espagne, la Belgique sont ouverts à cette dernière pratique...

  • garpi, le 02/09/2010 à 08h33

    Il n'y aura pas moins de dons car le donneur peu exiger l'anonymat et les 3/4 le feront. Celà va juste prouver aux "bébé éprouvette" qui veulent connaitre leur papa biologique, que le parent biologique n'est pas un parent. Il ne s'agit pas d'adoption où effectivement, on peut chercher ses origines. Ces enfants n'on pas été abandonnées mais souhaités par leur famille qu'il faut différencier du géniteur. Donner son sperm et élever un enfant ça n'a rien a voir.

  • cendb, le 02/09/2010 à 01h39

    Qu'en sera-t-il pour les dons d'embryons ? Cette révision s'appliquera t-elle aussi pour les bébés nés grâce à un don d'embryons ?

  • juigne11, le 01/09/2010 à 18h01

    Il y aura moins de don avec cette loi.

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      • Le grand quiz de l'info
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        Nous recommandons
        logAudience