Colonie de bactéries © TF1/LCIL'analyse fait froid dans le dos. D'autant plus qu'elle émane de spécialistes des maladies infectieuses : l'émergence dans le sous-continent indien d'un pathogène résistant aux antibiotiques et qui s'est déjà propagé à la surface du globe est une bombe à retardement qui requiert une mobilisation immédiate des autorités sanitaires.
Hôpital de Massy : la bactérie tueuse accusée à tort
A la suite d'un article du Parisien, révélant la mort de plusieurs patients d'un hôpital de l'Essonne qui avaient été infectés par une bactérie résistante, l'Institut de veille sanitaire met les choses au point : s'ils étaient bien porteurs du microbe, ce n'est pas lui qui les a tués.
Publié le 30/08/2011
Une bactérie tueuse fait trois morts dans un hôpital de Massy
Trois patients ont succombé en juillet à une bactérie résistante aux antibiotiques, selon Le Parisien. En tout, 18 patients auraient été infectés. Ce qui avait poussé l'Institut de veille sanitaire et l'Agence régionale de santé à bloquer temporairement les nouvelles admissions dans l'hôpital.
Publié le 30/08/2011
Superbactérie : la France envisage des dépistages ciblés
Tous les patients faisant l'objet d'un transfert interhospitalier, d'un établissement à l'étranger vers un établissement français, feront bientôt l'objet de tests de dépistage de résistance bactérienne.
Publié le 17/08/2010
"Il y a urgence à mettre en place un système de surveillance international dans les prochains mois et à tester tous les patients hospitalisés" dans le plus grand nombre de pays possible, explique lundi le Dr Patrice Nordmann, de l'Hôpital Bicêtre (près de Paris). "Ces mesures ont déjà été décidées en France et sont très sérieusement envisagées au Japon, à Singapour et en Chine", rappelle-t-il. Ce spécialiste participe à la 50e conférence annuelle de l'ICAAC (Interscience conference on Antimicrobial Agents and Chemotherapy), le plus grand colloque mondial sur les maladies infectieuses qui réunit du 12 au 14 septembre à Boston (Massachusetts, nord-est) quelque 12.000 spécialistes. "Pour l'instant, on ne connaît pas encore la rapidité d'expansion du phénomène (...), mais ce qui est certain c'est que ça va se diffuser", prédit le Dr Nordmann, comparant la situation à "une bombe à retardement", vu l'énorme réservoir que représente pour ce pathogène les 1,3 milliard d'habitants du sous-continent indien.
"Médico-touristes"
L'origine de ce "super-pathogène", en fait un gène appelé NDM-1 (New Delhi metallo-lactamase-1), remonte à des patients hospitalisés pour la plupart en Inde, au Pakistan et au Bangladesh. Les premiers cas hors de ces pays ont été observés en Grande-Bretagne dès 2007. Ensuite, le nombre de personnes infectées a commencé à augmenter avec plus de 70 dénombrées au Royaume-Uni et plus de 170 en Inde et au Pakistan.
Cette nouvelle menace infectieuse est venue à l'attention des médias après la publication d'une étude en août dans la revue britannique The Lancet. Cette recherche expliquait que le NDM a été rapporté en Grande-Bretagne par des "médico-touristes" (patients se faisant opérer à l'étranger) revenant d'Inde. Depuis la publication de cette étude, des cas d'infection ont été signalés au Canada, aux Etats-Unis, en Belgique, aux Pays-Bas, en Autriche, en France, en Allemagne, au Kenya, en Australie, à Hong Kong et au Japon. Un Belge hospitalisé au Pakistan à la suite d'un accident est la première personne connue à ce jour à y avoir succombé.
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