
A l'origine de la contamination qui a touché plusieurs milliers d'élevages en Allemagne, un distributeur de graisses destinées à la production de nourriture pour animaux, établi dans le Land du Schleswig-Holstein. La société Harles und Jentzsch produit en fait des graisses destinées à la fois à des applications industrielles et à de l'alimentation pour animaux - et des huiles destinées à la fabrication de biocarburants se sont retrouvées dans le stock destiné aux aliments pour animaux. Trois mille tonnes de nourriture animale contaminée à la dioxine (toxine essentiellement produite par l'incinération de déchets et les processus industriels) ont ainsi été livrées dans des élevages de porcs et de volailles. Les graisses alimentaires contaminées ont ensuite été utilisées pour du fourrage. Jusqu'à 150.000 tonnes de ce fourrage destiné à des élevages ont pu être contaminées, selon le gouvernement allemand. Les autorités mises au courant de cette tragique erreur, ce sont environ 4700 exploitations agricoles qui ont été fermées à titre préventif. L'annonce en a été faite jeudi soir par le ministère allemand de l'Agriculture. Ces fermetures touchent essentiellement le Land de Basse-Saxe, dans le nord-ouest du pays.
Alerte à la dioxine en Allemagne
Environ 4.700 exploitations agricoles ont été fermées à titre préventif en Allemagne à la suite d'une contamination à la dioxine dans des aliments pour animaux. Plusieurs pays seraient concernés par ce scandale sanitaire.
Publié le 07/01/2011
Mais l'affaire ne s'arrête pas là. Des oeufs en provenance de certaines de ces exploitations ont ensuite été exportés dans le circuit agroalimentaire aux Pays-Bas. Et la Commission européenne a reconnu jeudi que ces oeufs potentiellement contaminés avaient atteint le territoire britannique sous la forme de 14 tonnes de produits transformés pour l'alimentation humaine (mayonnaise, pâtisserie). Or, selon les études scientifiques, les dioxines contribuent à l'augmentation du risque de cancer et affectent les femmes enceintes.
"Pas de risque pour la santé humaine"
Frédéric Vincent, porte-parole du commissaire européen à la Santé, a souligné que même si ces oeufs venaient d'exploitations où la nourriture animale contaminée a été livrée, rien n'indique qu'ils aient eux-mêmes été contaminés. Il a toutefois noté que des examens effectués sur d'autres oeufs produits dans les fermes concernées en Allemagne contenaient un taux de dioxine cinq fois plus élevé que la norme autorisée dans l'Union européenne. "Les niveaux détectés ne présentent pas un risque pour la santé humaine. Il faudrait manger beaucoup d'oeufs, ou beaucoup de produits fabriqués avec ces oeufs, pour qu'il y ait vraiment un risque", a ajouté le porte-parole.
Le ministère allemand de l'Agriculture a évoqué vendredi "des indices qui plaident plutôt" pour une origine criminelle. "Les indices en présence plaident plutôt jusqu'à présent pour une haute dose d'agissements criminels", a dit le porte-parole du ministère lors d'une conférence de presse du gouvernement.
Il a mis en place un numéro d'appel téléphonique pour informer les citoyens, tandis que la ministre allemande a exhorté à de meilleures règles européennes en matière de protection de la chaîne de production alimentaire. Selon son ministère, elle a eu un entretien téléphonique avec le Commissaire européen à la Santé John Dalli et a plaidé pour des standards européens imposant des règles contraignantes de "séparation stricte" : "Les entreprises qui fabriquent des graisses alimentaires ne doivent pas pouvoir, sur le même site, fabriquer également des matières destinées à l'industrie technique", a dit la ministre. Le Commissaire européen à la Santé s'est montré ouvert à une telle initiative, selon elle.
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