Tensions à l'hôpital, un tableau édifiant

Par TF1 News (D'après agence), le 25 janvier 2011 à 06h56 , mis à jour le 25 janvier 2011 à 07h34

Maltraitance, infestions associées aux soins, insatisfaction des patients... Dans son bilan annuel publié mardi, le Médiateur de la République dresse un tableau édifiant des tensions vécues à l'hôpital.

Un chirurgien insultant un adolescent obèse, des patients non respectueux des soignants, des étudiants bafouant le principe de laïcité : le bilan annuel du Médiateur de la République, publié mardi, dresse un tableau édifiant des tensions vécues à l'hôpital.

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Dans un court rapport, le pôle santé sécurité soins (PSSS) du Médiateur indique avoir reçu près de 14.000 requêtes, la plupart sur son numéro vert (0810 455 455). Les requêtes les plus nombreuses concernent les "événements indésirables, médicaux ou chirurgicaux", devant les "maltraitances et les violences" (20%), "l'insatisfaction des patients et des familles" (14%) et "les infections associées aux soins" (14%).
 
"Tu es entouré de graisse et tu vas bientôt crever"
 
Des manifestations d'agressivité sont courantes en milieu hospitalier, notamment de la part de patients aux urgences, mais cette attitude peut aussi, de façon surprenante, provenir de personnels soignants. Mais si certains dérapent, un grand nombre de soignants paient un lourd tribut à l'exercice d'une profession difficile.
 
Selon le rapport, le PSSS a "créé en septembre 2010 une cellule d'accompagnement et de soutien des professionnels", qui peut intervenir "après un événement traumatique grave (accident médical, tentative de suicide, accident grave, violences)". Parmi les exemples, le rapport cite celui d'un jeune garçon, âgé de 14 ans, qui venait d'être opéré de l'appendicite et qui a été agressé verbalement en ces termes le lendemain par son chirurgien: "Pourquoi je t'ai opéré ? De toute façon, tu es entouré de graisse et tu vas bientôt crever".
 
"C'est affligeant" a commenté pour l'AFP Loïc Ricour, directeur du PSSS. "Pourquoi cette violence verbale, on est au delà de la maltraitance, pourquoi ce transfert d'agressivité vers le patient-usager", s'est-il interrogé, alors qu'il n'y avait aucune situation de stress. "Dans cette affaire le soin a perdu tout sens, c'est une violence incontrôlée, inconsciente et qui a été niée", a-t-il dit. L'affaire s'est conclue par des excuses --tardives -- du chirurgien.
 
"Le personnel doit s'adapter à certain rites"
 
Tout aussi édifiant le témoignage d'une mère d'un homme handicapé de naissance, mort dans une clinique à la suite d'un retard de prise en charge d'une occlusion intestinale. Elle n'a eu de cesse d'alerter le personnel médical des douleurs intenses de son fils et s'est vu répondre, selon le rapport: "Votre fils coûte déjà bien assez cher à la sécurité sociale, et ceci depuis sa naissance" ou "de toute façon il est condamné".
 
Phénomène moins dramatique mais préoccupant, le rapport signale une recrudescence de signes religieux ostentatoires, notamment de la part d'étudiantes portant le voile, en contravention avec une circulaire de 2005. "Cela peut être source de malaise", dit M. Ricour. "Chacun va gérer son angoisse par une décharge d'agressivité", ajoute-t-il, tout en précisant que cela n'a pas généré de violences.
 
Le rapport recommande "la mise en place de référents entre les établissements de santé et les différentes obédiences". Il signale que le personnel soignant "doit souvent s'adapter à certains rites": retarder des soins en raison de la prière, reporter des prises de sang pour cause de Ramadan, trouver des solutions pour les patientes refusant d'être examinées par un homme.

Par TF1 News (D'après agence) le 25 janvier 2011 à 06:56
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6 Commentaires

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  • abiotique, le 25/01/2011 à 13h37

    Il est clair qu'avec des horaires à rallonges et de moins en moins d'effectif, l'ensemble des personnels hospitaliers sont sous pression.

  • enjy14, le 25/01/2011 à 13h31

    Il n'y a aucun soucis quand vous êtes AUTONOME, par contre si vous avez besoin d'être assisté pour la toilette, pour les repas ou aller aux toilettes c'est une autre histoire !!!

  • valeur10, le 25/01/2011 à 11h12

    La presse ne se gêne pas pour classer les établissements hospitaliers. Alors dites nous tout en citant les noms et les faits. Après tout il faut que çà change et çà bouge en positif.

  • valeur10, le 25/01/2011 à 11h09

    Cela demande des précisions sur cette enquête à savoir ; - les lieux, - les mécontents, - les critiqueurs. Il faut prendre les paroles des praticiens aux 1, 2, ou 3ième degré.

  • valeur10, le 25/01/2011 à 11h06

    Je suis entièrement d'accord avec vous la dessus. J'ai fréquenté deux hôpitaux. RAS sur la qualité des services et du personnel. Il faut relativiser. deux bémols, les services d'urgences => mal organisés avec des patients en attente dans les couloirs et la nourriture trop riche et trop copieuse pour les patients ( un repas complet du dimanche avec une choucroute garnie trop c'est trop ). A surveiller également le chauffage excédentaire ou insuffisant.

  • la_guepe25, le 25/01/2011 à 09h36

    Je suis allée en consult pédiatrie il y a 10 jours dans un hopital franc comtois et j'ai été tres bien reçue. Le chir avait beaucoup d'humour et a permis de dédramatiser la situation ..il y a sans doute des dérapages mais il ne faut pas généraliser !

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