Campagne de vaccination © LCILa directrice générale de l'Organisation mondiale de la santé, Margaret Chan a salué lundi les premiers résultats du comité d'évaluation sur la gestion de la grippe H1N1. Dans un discours prononcé lors de la quatrième et dernière réunion de ce comité, Mme Chan a expliqué que les experts mandatés devaient répondre à deux questions: savoir si la déclaration de la pandémie était justifiée et si les décisions et actions de l'OMS avaient été "d'une quelconque manière" influencées par les laboratoires pharmaceutiques. "Le document exonère l'OMS sur les deux points", a assuré Mme Chan. La responsable de l'organisation basée à Genève, mise en cause pour sa gestion de la première pandémie du 21ème siècle en 2009, a toutefois reconnu que l'OMS, comme le souligne le rapport préliminaire d'experts, "doit gérer beaucoup mieux les potentiels conflits d'intérêt". Etait-il pertinent de la part de l'organisation de qualifier la grippe A/H1N1 de "pandémie" ? Y a-t-il eu pression de laboratoires pour gonfler la menace ? L'OMS va devoir s'expliquer devant le Conseil de l'Europe. L'Organisation mondiale de la santé s'inquiète d'une augmentation des cas de narcolepsie chez des enfants vaccinés contre le virus de la grippe H1N1, et jugé mardi "justifié" de diligenter des enquêtes "plus poussées". Un pré-rapport des autorités sanitaires finlandaises met en cause le Pandemrix, vaccin contre la grippe a (h1n1) de GSK, dans l'augmentation des cas de narcolepsie chez les enfants. "Le virus n'a pas muté en une forme plus meurtrière", a souligné lundi la responsable de l'Organisation mondiale de la santé à propos de cette pandémie qui a effrayé pendant des mois la planète. L'Organisation mondiale de la santé s'est défendue mardi au Conseil de l'Europe d'avoir été influencée par des fabricants de vaccins pour déclarer l'état de pandémie de grippe H1N1.
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Elle a également admis que des "définitions rigides", notamment sur les critères de sévérité jugés mal adaptés, avaient gêné la gestion du virus d'origine porcine, aviaire et humaine apparu au Mexique au printemps 2009. Au final, elle a salué ce "document préliminaire, ses conclusions et ses recommandations. Nous ferons tout notre possible pour le mettre en pratique", a promis la directrice générale de l'organisme.
Réforme du règlement sanitaire international
"Mais laissez moi être très franche", a insisté Mme Chan, "certaines recommandations seront beaucoup plus faciles à appliquer que d'autres". Selon la responsable, tous les changements concernant les priorités et pratiques de l'OMS et de sa direction "seront comparativement faciles". Elle a relevé que la réforme du règlement sanitaire international était "une priorité claire et urgente" de l'OMS. En revanche, a-t-elle souligné, "il y a eu des faiblesses venues de difficultés systémiques plus larges", faisant notamment allusion aux problèmes rencontrées par l'OMS pour la distribution de vaccins aux pays en développement.
Reste qu'aujourd'hui, a insisté Mme Chan, le monde est toujours "mal préparé pour répondre à une pandémie sévère de grippe". Dans son rapport préliminaire publié mi-mars, le comité d'évaluation chargé d'examiner la gestion par l'organisation de la grippe H1N1, avait surtout pointé de grossières erreurs en matière de communication. Il reconnaît en revanche n'avoir "trouvé aucun élément montrant que des intérêts commerciaux auraient influé ou tenté d'influer sur les conseils donnés à l'OMS ou sur les décisions qu'elle a prises" mais critique "l'absence de procédures suffisamment solides, systématiques et transparentes pour révéler, reconnaître et gérer les conflits d'intérêts parmi les experts consultés".
Le comité d'experts a été créé début 2010 par l'OMS en réponse aux critiques sur sa gestion du H1N1 qui a provoqué un vent de panique dans le monde et la production massive de médicaments dont beaucoup sont restés sur les bras des gouvernements. Le virus H1N1 a provoqué quelque 18.500 décès dans 214 pays et territoires.
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