© LCIL'audition de Jacques Servier, président des laboratoires du même nom, devant la mission d'information sur le médicament Mediator de l'Assemblée, s'est déroulée à huis-clos mercredi pendant plus de trois heures. Il a indiqué mercredi que l'affaire du Mediator constituait pour lui "une préoccupation majeure" et que les laboratoires "assumeront leur responsabilité" à l'égard des patients. En introduction au débat devant la mission d'information de l'Assemblée nationale, Jacques Servier a prononcé un discours dont une de ses porte-parole a distribué le texte aux journalistes à l'issue de l'audition. "Les laboratoires Servier ont "toujours eu pour souci premier la santé des patients", a affirmé Jacques Servier.
Fin de partie pour l'Afssaps, emportée par le scandale Mediator
Comment empêcher une réédition d'un scandale comme celui du Mediator ? L'Afssaps, très critiquée pour sa passivité face aux laboratoires Servier, va disparaître, remplacée par une nouvelle instance de contrôle.
Publié le 20/12/2011
Cet ex-grand patron du médicament devenu consultant pour Servier
Le cas du Pr Alexandre illustre-t-il les dérives des relations entre laboratoires pharmaceutiques et autorités de contrôle ? Selon Le Figaro, il a perçu plus d'un million d'euros de Servier comme consultant après avoir été responsable de l'Agence du médicament.
Publié le 20/12/2011
Mediator : Servier dément avoir su que c'était un coupe-faim
Les laboratoires Servier ont démenti mercredi avoir su depuis plus de 40 ans que le Mediator, présenté comme un antidiabétique, était avant tout un coupe-faim.
Publié le 12/10/2011
Mediator : pas question de payer pour tout, réplique Servier
Le ton est monté dimanche entre le gouvernement et le laboratoire Servier, qui refuse d'assumer seul les préjudices financiers dans l'affaire du Médiator, alors que le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, lui demande d'indemniser intégralement les victimes.
Publié le 27/03/2011
Regrettant que l'Inspection des affaires sociales (Igas) ne les ait pas entendus, il a relevé que c'était devant les députés que les laboratoires avaient "pour la première fois l'occasion d'apporter des explications et peut-être un nouvel éclairage". "Les laboratoires Servier ont été transparents vis à vis des autorités" et "ont agi de manière responsable pendant toute la vie du produit", a-t-il affirmé.
Jacques Servier s'est ensuite livré à une longue étude du Mediator. Il a affirmé que le benfluorex, son principe actif, était "une molécule qui contient dans sa structure chimique le squelette de l'amphétamine", mais avec des modifications importantes, lui donnant "un profil d'activité pharmacologique différent de celui de l'amphétamine". Pour lui, il se distingue de la dexfenfluramine, le principe de l'Isomeride, un médicament retiré du marché en 1997.
20 millions d'euros
Le Mediator, a-t-il martelé, "était un médicament indiqué dans le traitement du diabète et ne peut être considéré comme une spécialité anorexigène". Selon lui, "les laboratoires Servier ont été attentifs à ce que son usage ne soit pas dévoyé dans les indications qui n'étaient pas les siennes, notamment l'obésité et les surcharges pondérales", notamment par "des courriers aux médecins". Jacques Servier a assuré que les laboratoires "ont toujours pleinement coopéré avec les autorités de santé, en particulier s'agissant de la pharmacovigilance du produit". Le benfluorex, a-t-il dit, "a fait l'objet d'une surveillance permanente", et ce n'est qu'en 2009, l'année même de son retrait, que des signaux tangibles de sur-risque d'anomalies valvulaires ont été détectés.
"Les anomalies valvulaires sont des affections relativement fréquentes, notamment chez les diabétiques en surpoids", a dit Jacques Servier. Il s'est dit "prêt à participer pleinement à la réflexion engagée sur le système de pharmacovigilance" afin que "la sécurité des patients puisse être améliorée". Pour ce qui est de l'indemnisation des patients, il a assuré que les Laboratoires Servier "ont la volonté d'assumer leurs responsabilités" et réitéré que le groupe "ferait une première dotation de 20 millions d'euros".
"Enormément de compassion"
A l'issue de l'audition, Lucy Vincent, la directrice de la communication des Laboratoires Servier, est venue répondre aux nombreuses questions de la presse. Lucy Vincent a évité toutes les questions relatives au nombre de décès qu'aurait provoqué ce médicament. "Dans la base de pharmacologie aujourd'hui il y a 38 morts chez des personnes qui ont pris du Mediator et il doit y avoir une étude sur l'imputabilité au Mediator", a-t-elle poursuivi avant de souligner que les laboratoires Servier avaient "déjà abondé un fonds d'indemnisation en collaboration avec le ministère de la Santé".
"Nous avons énormément de compassion vis à vis des victimes. Nous sommes un laboratoire qui faisons de la recherche pour trouver des médicaments, pour soigner pour éventuellement guérir des patients", a déclaré Lucy Vincent. "C'est un drame pour un laboratoire quel qu'il soit de se trouver dans une situation pareille. Tout le personnel des chez Servier est extrèmement affecté par cette histoire", a-t-elle poursuivi. "Je pense que la situation aujourd'hui nous oblige à reconnaitre que là il y a un drame de santé publique", a-t-elle
répondu à une ultime question.
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