L'Inserm aussi s'inquiète des effets du bisphénol A

Par TF1 News (d'après agence), le 15 avril 2011 à 13h21 , mis à jour le 15 avril 2011 à 13h31

Le bisphénol A peut-il avoir des effets sur la reproduction humaine ? Sans trancher, l'Inserm plaide la prudence : "On ne peut pas considérer que le bisphénol A soit sans danger". Xavier Bertrand, lui, dit attendre des résultats d'expertises, disponibles fin 2011, avant une possible interdiction.

BiberonBiberon (image d'archives) © TF1/LCI

Après avoir passé au crible cinq substances chimiques très présentes dans la vie quotidienne, l'Inserm fait part de ses inquiétudes au sujet de l'impact possible sur la reproduction d'au moins l'une d'entre elles : le bisphénol A, déjà source de méfiance pour nombre de consommateurs. "C'est un vrai sujet de préoccupation", souligne un des experts de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale, Rémy Slama, spécialiste en épidémie environnementale appliquée à la reproduction.

Plus d'infos

L'expertise collective de l'Inserm, qui se fonde sur l'analyse de quelque 1200 articles scientifiques sur le sujet, concerne cinq types de substances soupçonnées d'être des perturbateurs endocriniens : bisphénol A (ou "BPA"), phtalates, retardateurs de flamme, composés perfluorés et parabènes. Une des substances pour laquelle on dispose de plus de données est le BPA, interdit depuis peu pour la fabrication des biberons, et que des députés ont proposé cette semaine d'interdire dans tous les produits.

Quid du principe de précaution ?

"On ne peut pas considérer que le bisphénol A, aux doses auxquelles la population générale est exposée, soit sans danger pour le versant masculin de la fonction de reproduction", souligne la synthèse faite par l'Inserm. Elle note cependant que "les études épidémiologiques disponibles ne sont pas suffisantes à ce jour pour permettre de confirmer ou d'infirmer chez l'Homme les effets à long terme observés chez l'animal". Mais "on ne peut pas faire comme s'il n'y avait pas de danger", souligne Rémy Slama.

Le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, a indiqué jeudi vouloir attendre le résultat d'expertises, disponibles fin 2011 pour le BPA et fin 2012 pour les autres perturbateurs endocriniens, pour décider d'une éventuelle interdiction. Le député (Nouveau centre) Yvan Lachaud demandait de réduire l'exposition dès maintenant, "au nom du principe de précaution".

Ce principe de précaution a déjà conduit à limiter l'usage de cette substance pour ce qui concerne l'alimentation des nourrissons - même si la question n'est pas tranchée en ce qui concerne les adultes. Au niveau européen, l'UE a décidé d'interdire depuis mars la production de biberons contenant du bisphénol A, avant d'interdire également sa commercialisation et son importation à partir de juin. Et avant cette décision européenne, la France et le Danemark avaient déjà décidé unilatéralement d'interdire la fabrication et la commercialisation de biberons contenant du bisphénol A. Cette substance est aussi interdite au Canada, en Australie et dans plusieurs Etats américains. L'agence européenne pour la sécurité des aliments (AESA) avait de son côté présenté fin septembre un avis favorable pour ce produit dans les conditions actuelles fixées pour son utilisation, jugeant qu'il ne présentait pas de risques pour la santé.

Par TF1 News (d'après agence) le 15 avril 2011 à 13:21
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3 Commentaires

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  • thlera, le 16/04/2011 à 22h14

    Tres juste

  • izadore, le 15/04/2011 à 19h27

    Allaitez mes dames, on a pas trouvé mieux depuis la création de l'homme!!!

  • scparis, le 15/04/2011 à 17h32

    Le principe de précaution à géométrie variable....

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