Du plomb dans le pain, de l'arsenic dans le café ? Oui, mais pas de panique !

Par , le 30 juin 2011 à 11h57 , mis à jour le 30 juin 2011 à 12h33

L'Agence de sécurité sanitaire de l'alimentation a dévoilé son rapport sur l'analyse des substances chimiques dans les aliments. Si le niveau d'exposition à ces substances est satisfaisant, l'Anses recommande la modération pour certains aliments.

Le Pain de la VienneDernier volet de la série sur les pains de nos régions, direction la Vienne à la rencontre d'un boulanger qui fabrique son pain dans un four à bois qui se trouve dans son jardin. © eTF1

Manger de tout, mais raisonnablement : ce conseil est plus que jamais d'actualité, si l'on en croit l'Agence de sécurité sanitaire de l'alimentation. L'Anses s'est livrée pendant quatre ans à un gigantesque travail d'analyse des aliments pour mesurer le risque à long terme des expositions aux substances chimiques qu'ils contiennent ainsi que leur intérêt nutritionnel. Pas moins de 20.000 produits, préparés tels qu'ils sont consommés, ont été passés au crible et le risque toxicologique de 361 substances a été évalué. C'est "une des études les plus riches et complètes jamais réalisées au niveau mondial", dit l'Anses

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Pour 85% des substances, "le risque peut être écarté pour la population générale sur la base d'une évaluation sur les seuls apports alimentaires", le niveau d'exposition restant en deçà des valeurs toxicologiques de référence. C'est le cas notamment des contaminants inorganiques (non nécessaires au fonctionnement de l'organisme, à la différence des métaux) comme le baryum, le  cobalt, le nickel, des polluants organiques persistants comme le PFOA des poëles anti-adhésives, de certaines mycotoxines, de la plupart des 254 résidus de pesticides évalués... Néanmoins, il faut "encourager tous les efforts qui permettront de réduire les teneurs des contaminants dans les aliments", estime l'agence.
 
Gros consommateurs de vin, attention
 
En revanche, pour une douzaine de substances ou familles de substances, le risque de dépassement des valeurs toxicologiques de référence "ne peut être exclu". Il peut s'agir d'aliments "pas nécessairement très contaminés mais très consommés", comme le pain, contenant cadmium, plomb, mycotoxines, les pâtes (aluminium), le café (cuivre, arsenic inorganique, acrylamide), le lait chez  les enfants (plomb, arsenic inorganique)... L'Anses relève une augmentation de 400% du cadmium ingéré, depuis une étude du même type mais à bien moindre échelle publiée en 2006. On trouve aussi des mycotoxines et trop d'acrylamide dans les frites, trop de sulfite dans le vin, ce qui met à risque les gros consommateurs. "L'étude fait ressortir certains risques à long terme pour les adolescents quand leur alimentation est focalisée de façon trop excessive sur des produits  à base de céréales (dont les pâtes), de frites et de chips", souligne à cet égard le directeur de l'Anses, Marc Mortureux.

Côté polluants organiques persistants, on trouve des dioxines et PCB dans  86% des produits analysés, mais l'exposition de la population a été fortement diminuée en cinq ans, même si certains consommateurs restent trop exposés. Pour les dioxines et le PCB dans les poissons gras et le mercure organique  dans le thon, il faut respecter les recommandations de consommation des  poissons : deux fois par semaine, en variant les espèces et les provenances, et  en limitant la consommation de certains d'entre eux. Il conviendrait de "réduire les teneurs de ces contaminants dans les aliments principalement contributeurs", par des réglementations et des actions auprès des filières, estime l'Anses.

Au plan nutritionnel, on peut craindre des apports excessifs de sodium pour  les amateurs de pain et de charcuterie, et des apports insuffisants en calcium, magnésium, fer ou sélénium pour une partie de la population. Pour le fer, les apports sont inférieurs de 74% aux besoins chez certains enfants. Les limites de l'étude, que reconnaît l'Anses, c'est qu'elle ne tient pas  compte des expositions croisées à différents polluants, ni des expositions par  voie autre qu'alimentaire. "Il n'y a pas en soi, de bons ou de mauvais aliments", note Marc Mortureux. Dominique Gombert, directeur de l'évaluation des risques, prône en  conséquence "une forme de diversité, d'équilibre dans le régime". "Un comportement alimentaire équilibré permet de se préserver d'une surexposition à une substance dans des aliments qui peuvent en contenir beaucoup",  indique-t-il. Un conseil facile à suivre, donc, pour limiter les risques.

Par Axel Constantinoff le 30 juin 2011 à 11:57
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7 Commentaires

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  • humanoide56, le 04/07/2011 à 01h38

    Oui à très faible dose qui sont la nature même des plantes, rien que la couleur qui peut varier selon la nature du sol. Le plus grave c'est qu'a une époque l'homme a utilisé des engrais sans étude réelle des sols, qui peut avoir des répercussions à très long terme, l'exemple est le secteur entre Troyes et Bar-sur-aube ou le niveau de contamination est telle en zone calcaire que la production vivrière est quasi exclue § Depuis 15 ans ce sont les épandages de boue d'épuration qui vont poser des problèmes en raison de forte teneur en métaux lourd. L'arsenic c'est dfférent à très très faible dose c'est l'élixir de longue vie et pour toutes les plante aussi, il est un élément actif dans la création de cellule donc l'homme en possède naturellement, sans cet métaloïde nous n'aurions pas de si gros fruits (connu depuis l'antiquité). Alors le bio c'est un non sens, vous pouvez planter des carottes dans un potager et l'arroser avec de l'eau contaminée ou une pluie chargée de dioxine, ou plus invisibles de cendres toxiques d'un volcan à 10 000 km ! L'homme peut limiter oui, mais cela ne resoud rien, un éleveur bio avec les problèmes de paille, il peut très bien condaminer le lait parce-qu'il a donner une paille dont les pesticides sont massifs .....et malgré l'interdiction de DDT il y a 50 ans les traces seront présentes encore 100 000 ans !

  • 100tinelle, le 02/07/2011 à 14h31

    Il serait intéressant de savoir si ces substances sont contenues "naturellement" dans ces aliments ou si elles sont le fait de traitements chimiques et d'autres activités de l'homme. Est-ce qu'une alimentation bio permet de réduire ou éliminer completement ces toxiques ?

  • dameiris, le 01/07/2011 à 09h21

    Nous sommes aussi la premier pays touristique au monde. Vous croyez que c'est lié à l'usage des pesticides ou au taux de cancer du sein ?

  • loucky68, le 30/06/2011 à 18h16

    Et dans 20 ans, on mangera quoi ??

  • 566456, le 30/06/2011 à 16h30

    4 ans pour decouvrir que l'être humain est mortel. Ils vous remercient pour le spectacle et vous demande de ne pas oublier de passer à la caisse pour payer la note.

  • claudcouledouce, le 30/06/2011 à 15h34

    Vous avez le droit de manger de bonnes graines germées allemandes plus expéditives. Moi je continue à manger français surtout si ça me tue lentement parce que je ne suis pas pressé. La France est l'un des deux ou trois pays où l'on meure le plus tard. Que demande le peuple ? Mourir amoureux, riche et en bonne santé le plus tard possible.

  • caricion, le 30/06/2011 à 13h38

    Intéressante cette étude et surtout ses conclusions: il y a un peu de poison partout mais ce n'est pas grave, mangez de tout braves gens comme cela vous ne prendrez pas trop de chacun d'entre eux... Le gros problème avec ce type de raisonnement c'est que l'on se base sur des normes liées à des études, jamais exhaustives, sur toutes les pathologies que pourraient entraîner ces poisons et comme le dit cet article, qui ne tiennent jamais compte des effets combinés de deux poisons (or certaines études ponctuelles ont parfois montré que en terme de toxicité 1+1 n'est pas forcément égal à deux et des effets bien plus dévastateurs ont déjà été constatés) notons enfin que la France est le pays qui utilise le plus de pesticides et par un heureux hasard on vient d'apprendre que nous sommes également numéro 1 pour les cancers du sein ... Mangez les bons produits français !

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