Le bisphénol A se cache aussi dans les maternités

le 28 juin 2011 à 08h42 , mis à jour le 28 juin 2011 à 08h45

Bisphénol A, phtalates : ces produits chimiques potentiellement nocifs pour le développement des enfants se retrouvent en concentration plus importantes dans l'organisme de femmes ayant accouché par césarienne ou aux forceps. Coupable possible : le matériel médical.

Les femmes accouchant par césarienne ou à l'aide de forceps ont des concentrations en moyenne plus élevées de bisphénol A (BPA) et de phtalates que celles qui accouchent naturellement, selon une étude qui pointe le matériel médical comme source potentiel de contamination. Le BPA et les phtalates sont des perturbateurs endocriniens, utilisés dans les plastiques, qui peuvent induire des effets sur le développement de l'enfant et sur la reproduction, explique l'étude publiée dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire. "Les concentrations élevées et les différences mises en évidence selon le type d'accouchement suggèrent une exposition particulière en maternité", soulignent les auteurs de l'étude qui mettent en avant le rôle possible du matériel médical.

Plus d'infos

L'enquête a en particulier permis de déceler un relargage de BPA dans les poches urinaires utilisées notamment lors de césarienne. L'étude, réalisée en octobre 2007, a porté sur plus de 500 naissances de quatre départements (Seine-Saint-Denis et région Rhône-Alpes) et a permis de recueillir et d'analyser 279 échantillons d'urine avec le consentement des familles.

Les risques pour le foetus 

Il s'agit d'une étude-pilote qui livre une première estimation de l'imprégnation maternelle à ces substances en maternité. Elle servira de modèle à la grande étude Elfe sur 20.000 enfants nés en 2011 qui seront suivis jusqu'à l'âge adulte. Elfe est destinée à analyser les effets sur leur santé d'expositions à divers polluants et facteurs nutritionnels ou infectieux.

"Ces résultats doivent être pris en compte pour la mise en place d'études de biosurveillance dans cette population", selon le BEH. "Ils mettent aussi en évidence une voie d'exposition, via les dispositifs médicaux, des femmes enceintes et de leurs nouveau-nés lors de longs séjours hospitaliers (unité de soins intensifs en néonatalogie ou en gynécologie-obstétrique)", notent les auteurs.

Cette observation "nécessite des approfondissements". En effet, "outre les risques déjà évoqués sur les fonctions reproductrices, les phtalates et le BPA sont également suspectés d'être des perturbateurs thyroïdiens, avec un possible retentissement sur le développement cérébral", ajoutent-ils. Ainsi, par exemple, une exposition foetale aux phtalates durant le dernier trimestre de la grossesse a été récemment associée à des modifications comportementales chez des enfants de 7 à 9 ans, relèvent-ils.

le 28 juin 2011 à 08:42
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Sciences
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

      logAudience