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Cancérogène ou pas ? Quand les scientifiques s'écharpent sur l'interdiction du glyphosate


le 08 mars 2016 à 14h51
Temps de lecture
4min
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Santé Faut-il interdire le glyphosate, cette molécule contenue dans le Round Up, le pesticide star de Monsanto ? L'Europe s'intéresse actuellement à la question. Les experts sont divisés.

Des experts  de l'Union européenne se sont réunis lundi et mardi à Bruxelles pour examiner la prolongation ou non de l'autorisation du glyphosate jusqu'en 2031.  Le glyphosate est une molécule contenue dans le désherbant Round Up, produit par le géant de l'agrochimie Monsanto. Il est le pesticide de synthèse le plus utilisé dans le monde. Il entre aussi dans la composition de plusieurs centaines de produits phytosanitaires. Pour le moment, l'UE n'a pris aucune décision, la réunion s'étant terminée sans vote. Les discussions devraient reprendre les 18 et 19 mai, voire avant.

Face à cette possible reconduction, deux camps s'affrontent. Celui qui estime que la substance chimique n'est pas dangereuse pour la santé, et celui qui, à l'inverse, classe la molécule comme probable cancérogène. MYTF1News fait le point.

 

Pour son autorisation

Que dit l'Autorité européenne de sécurité sanitaire :

L'EFSA, l'agence européenne de sécurité sanitaire, a estimé en novembre que le glyphosate ne présentait pas de danger pour l'homme. "Il est improbable que le glyphosate soit génotoxique, c'est-à-dire qu'il endommage l'ADN, ou qu'il constitue une menace cancérogène pour l'homme", précise l'EFSA. Selon l'agence européenne, aucune étude n'a démontré un lien entre l'exposition à cette substance chimique et le développement des cancers chez les humains.

Qui soutient cette position :

Les industriels : Les enjeux économiques sont importants. Les ventes de glyphosate ont explosé depuis l'introduction de cultures génétiquement modifiées pour résister à cette molécule. Cela permet aux agriculteurs de tuer les mauvaises herbes en arrosant un champ en une seule fois. Outre l'agriculture, où son usage a fortement augmenté, il est également utilisé dans les forêts et par les particuliers dans leurs jardins.

Sur France Info, le porte-parole de la la Plateforme glyphosate, Yann Fichet, affirme que l'interdiction du glyphosate serait "une catastrophe pour l'agriculture". Selon lui, ne pas utiliser ce pesticide, conduirait à une perte de rendement de l'ordre de 30 à 50 % pour les agriculteurs.

Contre son autorisation
 
Que dit le Centre international de recherche sur le Cancer (CICR):

Le CICR, l'agence de l'organisation mondiale de la santé (OMS), estimait en mars 2015, que le glyphosate était "un probable cancérogène" pour l'homme.  Les risques ont été évalués en se fondant notamment sur des études d'exposition agricole menées aux Etats-Unis et au Canada, ainsi que sur des animaux en laboratoires.

"Cette molécule est dangereuse en terme de santé publique, pointait en mars Dominique Belpomme, cancérologue, membre de l'Association pour la Recherche Thérapeutique Anti-Cancéreuse, interrogé par TF1. Cela veut dire que ça favorise les cancers mais aussi les fausses couches chez les femmes enceintes".

 
Qui soutient cette position :

Des associations : Plusieurs pétitions ont été lancées pour demander l'interdiction de cette molécule.  La ligue contre le Cancer s'est ouvertement déclarée  contre l'autorisation d'utilisation du glyphosate. Avec  les associations Foodwatch France et Générations Futures, elle exige le non-renouvellement de l'autorisation du glyphosate dans une pétition : Non au Round Up.

Des gouvernements : La France s'est dit également contre la prolongation de l'utilisation de cette molécule. Vendredi, lors d'une réunion des 28 ministres de l'Environnement de l'Union européenne, la ministre française a affirmé,  que la France allait pousser à prendre "la position la plus offensive possible". "On dira non", a dit Ségolène Royal, estimant que la Commission européenne devait s'aligner sur "la position la plus protectrice de l'environnement et de la santé". Son homologue néerlandaise Sharon Dijksma a de son côté indiqué que son pays allait demander un report du vote.

 

VIDEO. Cinq pesticides classés comme cancérogène ou "probable".

Commenter cet article

  • barrny : Cela illustre surtout le niveau réel des connaissances (insuffisantes pour arriver à des conclusions irréfutables) et de l'idéologie qui détermine les lois les plus absurdes en Europe (par exemple REACH, CLP, et GHS). Essayez de vous intéresser au maquis de lois et règlements qui, sous couvert de protéger la population, n'ont pour seul but que d'éliminer la totalité des produits chimiques (que ce soit justifié ou pas selon les produits).

    Le 09/03/2016 à 09h22
  • toutatis45 : Vous avez tout dit.............on pourrla puissance des lobbies comme Monsanto contre

    Le 09/03/2016 à 07h52
  • van_dermol : Scientifiques corrompus contre scientifiques intègres... choisissez votre camp...

    Le 08/03/2016 à 22h44

      Allez les Bleus ! Reconnaissez-vous ce footballeur sous les traits de Jack Sparrow sur Snapchat ?

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