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Cette bactérie mortelle qui met les maraîchers à genoux

Edité par
le 02 juin 2011 à 08h26 , mis à jour le 03 juin 2011 à 16h09.
Temps de lecture
4min
concombre

Image d'archives / Crédits : LCI

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SantéEn Espagne, mais aussi en France et dans d'autres pays d'Europe, la méfiance vis-à-vis des légumes, soupçonnés de propager une souche dangereuse de bactérie E.coli, plonge le secteur dans le marasme. Pour ne rien arranger, la Russie interdit les importations de légumes de tous les pays de l'UE.

Escherichia coli entéro-hémorragique (ou E. coli 0104) : si ce nom à l'aspect de pensum pour cancre de cours de latin ne vous est pas déjà devenu familier, il donne depuis des jours des sueurs froides à tous les maraîchers de l'Union européenne. La bactérie a déjà fait 17 morts, dont 16 en Allemagne, et elle a coupé net l'appétit des consommateurs pour les crudités, mettant en difficulté les producteurs agricoles de toute l'Europe. Dernière conséquence en date de cette véritable crise de confiance : la Russie a interdit jeudi l'importation des légumes frais en provenance de tous les pays de l'Union européenne. Une mesure qui ne souffrira aucune exception : les légumes déjà importés de l'UE "seront saisis dans toute la Russie", a souligné le chef de l'agence russe de protection des consommateurs. La Commission européenne a aussitôt qualifié la mesure de "disproportionnée". Elle compte "écrire aux autorités russes pour demander des  explications", a fait savoir un porte-parole européen, en notant : "Cela représente entre 3 et 4 milliards d'euros de produits européens exportés chaque année, le premier produit étant des pommes".

L'Union européenne est confrontée à "une crise grave" et tout doit être mis en oeuvre pour identifier le plus rapidement possible la cause de l'épidémie, a reconnu le commissaire européen chargé de la Santé John Dalli. La Commission européenne a également parlé de "crise de consommation partout" en Europe, avec "une diminution radicale de la consommation de fruits et légumes, et pas seulement des concombres", selon un de ses porte-parole.

Les premiers chiffres des pertes

En Allemagne, foyer de la contamination, la fédération agricole Bauernverband évoque un manque à gagner de 4 millions d'euros par jour des maraîchers. "En début de semaine on parlait encore de 2 millions", explique son porte-parole. Il évoque pour certains producteurs, notamment de concombres, des baisses de chiffre d'affaires "de 80% à 90%". Les concombres qui ne trouvent pas preneur pourrissent et sont utilisés comme déchets organiques.

Dans cette crise, les producteurs espagnols, un temps désignés comme à l'origine de la contamination avant d'être mis hors de cause par les plus récentes analyses, estiment qu'ils paient injustement les pots cassés. "Presque toute l'Europe" a arrêté d'acheter leurs fruits et légumes, déplore Jorge Brotons, président de la Fédération espagnole des producteurs-exportateurs de fruits et légumes (Fepex), évaluant les pertes à environ 200 millions d'euros par semaine. L'Espagne, premier producteur européen de fruits et légumes, exporte en grande quantité en Allemagne. Les exportations de légumes des Pays-Bas vers son voisin, évaluées à 10 millions d'euros par semaine, ont, elles, cessé, tandis que les producteurs belges évoquent un impact de 3 à 3,5 millions d'euros par semaine. En Italie, le syndicat agricole Coldiretti estime à 3 millions d'euros le manque à gagner par jour et s'inquiète d'une "psychose qui risque d'être dévastatrice pour la santé et pour l'économie".

"Panique sur le concombre"

En France, "il y a clairement une panique sur le concombre", déclare Pierre Diot, qui représente les producteurs de tomates et concombres. Les ventes de ce légume ont chuté de 80% en quelques jours, le cours de la tomate de 20%. En Belgique aussi, les ventes se sont effondrées. "Seulement un quart des concombres ont été vendus aujourd'hui, à un quart du prix normal", explique le secrétaire général de la Fédération des criées belges (VBT), Philippe Appeltans. Tomates, poivrons et aubergines sont aussi concernés.

Tout cela "va mettre des entreprises en grande difficulté", prédit Pierre Diot. Et ce dans un secteur déjà à la peine. En Allemagne, les producteurs de fruits et légumes ont déjà été malmenés par des gels tardifs en mars et avril. En France, c'est la sécheresse qui met cette année tout le monde agricole dans une situation critique. Un porte-parole de la Commission européenne juge les pertes des agriculteurs "énormes", et évoque quelques pistes pour leur venir en aide, allant d'aides publiques classiques au rachat d'une partie de la récolte par des organisations de producteurs, avec l'aide de l'UE. En Allemagne, le ministère de l'Agriculture veut d'abord concentrer son énergie sur la recherche de l'origine de la contamination. En attendant, la banque agricole publique Rentenbank va débloquer des crédits à taux préférentiels pour les exploitants.

Commenter cet article

  • laurent : Aparament la bacterie ne suporte pas la cuisson. moi je vai bouillire tout les legumes avant de les. manger.

    Le 04/06/2011 à 10h24
  • elinhk133 : Sont-ce vraiment les legumes? Alors pourquoi seulement des victimes en 'Allemagne (La 17eme victime avait fait un sejour en Allemagne)? Les Francais sont toujours prompts a paniquer, comme on le voit a chaque crise. Mais il faut avouer que les infos manquent

    Le 03/06/2011 à 07h47
  • 11b223 : Il existe déjà des soupes

    Le 02/06/2011 à 22h07
  • bonscott12 : Où comment apeurer la population en informant sur des suppositions !!!!!

    Le 02/06/2011 à 16h46
  • josfi7 : "des tonnes" de mort ! Vous rabaissez l'homme à de la viande avec ce terme !

    Le 02/06/2011 à 16h10
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