En plein scandale du Mediator, les laboratoires Servier poursuivent en diffamation devant le tribunal correctionnel de Paris le député PS Gérard Bapt, président de la mission d'information parlementaire sur le Mediator, ainsi que le journal Libération - et plus précisément son directeur de publication, Nicolas Demorand, le journaliste Yann Philippin, et la Sarl Libération. L'audience est prévue le 6 janvier 2012 devant la 17e chambre correctionnelle du TGI de Paris.
Le Protelos de Servier dans le viseur de l'Afssaps
L'agence du médicament, l'Afssaps, a adressé une mise en garde vendredi aux professionnels de santé pour qu'ils restreignent l'emploi du Protelos, un médicament anti-ostéoporose.
Publié le 07/10/2011
Le Primpéran, anti-vomissement, déconseillé aux moins de 18 ans
Le Primpéran, médicament contre les nausées et vomissements déjà contre-indiqué chez le nouveau-né, ne devrait plus être utilisé chez les moins de 18 ans, selon les recommandations de la commission d'autorisation de mise sur le marché de l'agence du médicament (Afssaps).
Publié le 14/10/2011
Selon le texte de cette citation directe, Servier accuse Libération d'avoir, dans son édition du 7 septembre 2011 consacrée à un autre médicament du laboratoire, le Protelos - dont il aurait minimisé les effets secondaires - énoncé "une série d'imputations qui sont très gravement diffamatoires à l'égard des laboratoires Servier". Nicolas Demorand, dans un éditorial, avait écrit que Servier "avait érigé le mensonge et la manipulation en modèle économique", de sorte qu'après le Mediator, "c'est désormais le Protelos qui fait scandale".
"Une nouvelle manoeuvre d'intimidation"
Dans une interview à ce même quotidien, le député Bapt avait déclaré pour sa part que les laboratoires Servier avaient cherché à minorer les effets du Protelos allant notamment jusqu'à "falsifier des cas pour que le décès des patients n'apparaissent pas". Le député PS avait accusé Servier de "développer des méthodes perverses et pas seulement pour le Mediator".
Le laboratoire accuse les journalistes et le député PS d'avoir énoncé "une série d'imputations qui sont très gravement diffamatoires à l'égard des laboratoires Servier" en particulier en accusant Servier d'avoir "récidivé" avec le Protelos et en l'accusant d'avoir "falsifié des documents" concernant ce médicament contre l'ostéoporose. Servier estime dans sa citation que la diffamation publique est établie "à raison de la gravité des accusations mensongères". Il demande 50.000 euros et la publication du jugement dans plusieurs quotidiens dont Libération.
Evoquant en outre une nouvelle fois le Mediator, les laboratoires Servier réitèrent la thèse selon laquelle le médicament a été mis sur le marché comme antidiabétique et non comme coupe-faim. Ils accusent les medias d'avoir mené une "campagne de presse d'une violence inouïe". "Ils se posent en victimes", a réagi le député Gérard Bapt, en estimant qu'en poursuivant la presse et lui-même en justice, Servier tentait une "nouvelle manoeuvre d'intimidation". Mais "la défense s'organisera", a-t-il dit.
Retour MYTF1
Le Protelos de Servier dans le viseur de l'Afssaps
Chargement en cours...




