Souris de laboratoire © www.abacapress.comEt si la médecine de demain reposait sur une dent ? Un groupe de chercheurs japonais issus de l'Université médicale et dentaire de Tokyo et de l'Université de Tohoku est parvenu à faire pousser une dent à partir de cellules implantées dans un rein de souris.
Des chercheurs veulent créer de nouvelles formes de vie en labo
Pour la première fois, des scientifiques ont créé une cellule dotée d'un génome de synthèse. Une avancée qui laisse entrevoir des champs d'application immenses, mais qui inquiète aussi.
Publié le 21/05/2010
Objectif ? Mettre en œuvre une technique capable de "régénérer des organes" qui pourront "remplacer ceux qui sont endommagés ou perdus", selon Takashi Tsuji, professeur de l'Université de Tokyo. Des biologistes avaient déjà réussi à cultiver des dents en laboratoire avant de les transplanter avec succès dans la mâchoire de souris. Mais la méthode employée par les chercheurs japonais leur a fait gagner environ 10 jours par rapport aux techniques antérieures.
Cette méthode révolutionnaire, la voici : les chercheurs ont développé une "graine" en combinant des cellules spéciales nécessaires à la formation d'une dent. Les cellules ont réagi les unes avec les autres dans les tissus pour former une vraie dent. Cette "graine" a ensuite été enroulée dans un minuscule morceau de plastique et implantée dans le rein d'une souris.
"Une première étape"
Une fois la dent suffisamment développée, les chercheurs l'ont transplantée dans la gencive d'une autre souris. La dent s'est totalement adaptée à l'environnement buccal de cette autre souris et s'est connectée aux nerfs et aux vaisseaux sanguins comme s'il s'agissait d'une dent naturelle. Dernière preuve du succès de l'opération : la souris qui a hérité de cette dent un peu spéciale a même pu ressentir la douleur et la stimulation.
Mais une telle opération sur l'homme n'est pour l'instant pas au programme. "Nous n'en sommes pas encore au point où cette technique peut être utilisée sur l'homme, nous venons juste de terminer notre première étape", a expliqué Takashi Tsuji. A terme, les chercheurs espèrent que leur technique pourra un jour servir à développer des organes pleinement fonctionnels susceptibles de remplacer des parties corporelles perdues ou endommagées à la suite de maladies, de blessures ou à cause du vieillissement.
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