L'abus de tranquillisants et somnifères augmenterait le risque d'Alzheimer

le 28 septembre 2011 à 21h34 , mis à jour le 29 septembre 2011 à 10h04

16.000 à 31.000 cas d'Alzheimer seraient attribuables à une consommation chronique de tranquillisants et somnifères, selon les premiers résultats d'une étude française, révèle le magazine Sciences et Avenir.

Le responsable de l'étude, le professeur Bernard Bégaud, pharmaco-épidémiologiste, estime que "cette affaire est une vraie bombe". Ce chercheur démontre que la consommation chronique de benzodiazépines, des tranquillisants et des somnifères, augmente le risque d'entrée dans la maladie d'Alzheimer. Chaque année, en France, 16.000 à 31.000 cas d'Alzheimer seraient ainsi attribuables à ces traitements par benzodiazépines ou apparentés, et leurs génériques : Valium (Roche), Témesta (Biodim), Xanax (Pfizer), Lexomil (Roche), Stilnox (Sanofi), Mogadon (Meda Pharma), Tranxène (Sanofi), etc., écrit le magazine Sciences et Avenir, qui publie l'étude dans son numéro d'octobre.
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Environ 120 millions de boîtes sont vendues par an. La France consomme cinq à dix fois plus de somnifères et d'anxiolytiques que ses voisins européens, rappelle Sciences et Avenir. "Les autorités doivent réagir", dit le professeur Bégaud, chercheur à l'Inserm de l'université de Bordeaux au magazine. D'autant, explique-t-il à l'AFP que "cela fait, neuf études, avec la nôtre, dont la majorité (6) va dans le sens d'une association entre la consommation sur plusieurs années de tranquillisants et somnifères et la maladie d'Alzheimer". "C'est un signal d'alerte très fort", selon lui. L'étude a porté sur 3.777 sujets de 65 ans et plus qui ont pris des benzodiazépines pendant deux à plus de dix ans.
 
Le mécanisme sur le cerveau reste inconnu
  
"Contrairement aux chutes et fractures occasionnés par ces traitements, les effets cérébraux ne sont pas immédiatement perceptibles, mais il faut attendre quelques années", relève le chercheur. "Si en épidémiologie, il est difficile d'établir un lien direct de cause à effet, dès qu'il existe une suspicion, il paraît normal d'agir et d'essayer de limiter les nombreuses prescriptions inutiles", estime-t-il encore auprès de l'AFP. La majoration du risque, 20 à 50%, peut paraître minime à l'échelle individuelle, mais pas à l'échelle de la population du fait de la consommation de ces traitements par les personnes âgées, note le magazine.
  
Selon le Pr Bégaud, environ 30% des plus de 65 ans consomment des BZD, ce qui est énorme, et le plus souvent de façon chronique. Or les prescriptions sont normalement limitées à deux semaines pour les hypnotiques et douze semaines pour les anxiolytiques. Pour autant, la façon dont agiraient les BZD sur le cerveau pour augmenter ce risque de démence reste un mystère. Le problème était déjà évoqué en 2006 dans un rapport de l'Office parlementaire des politiques de santé sur les médicaments psychotropes. "Depuis, il ne s'est strictement rien passé", déplore le spécialiste.

le 28 septembre 2011 à 21:34
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18 Commentaires

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  • trop07, le 29/09/2011 à 21h57

    Pu dire quoi ?

  • depondy, le 29/09/2011 à 14h07

    ...à condition que !....

  • alyssa002, le 29/09/2011 à 12h14

    Se souvenir de quoi?:)

  • riviera13, le 29/09/2011 à 11h11

    Depondy: Merci pour le rire que vous m'avez déclenché!!

  • bikbikbikette, le 29/09/2011 à 11h08

    Tant que le conditionnel est utilisé, ça ne m'intéresse pas.

  • jean6412, le 29/09/2011 à 11h04

    Autant dire que dans quelques années, les Français ne se souviendont de rien...!

  • antirobert21, le 29/09/2011 à 07h30

    Oui, les médecines douces, alliées à un vrai travail sur soi...

  • antirobert21, le 29/09/2011 à 07h28

    D'un autre côté, nous ne sommes pas des enfants, et nous avons un cerveau : allons voir des homéopathes, naturopathes ou des généralistes qui ont du bon sens...n'avalons pas n'importe quoi!

  • depondy, le 29/09/2011 à 07h04

    C'est déjà pas mal que vous vous souveniez du médicament que vous avez pris et sourtout pendant combien de temps !... Alors pas de paniqe !

  • rozennbretagne, le 29/09/2011 à 06h49

    Comme par hasard... histoire de nous rende encore un peu plus anxieux et d'augnementer notre dose de xanax ou de lexomil !

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