L'ex-patron de PIP va-t-il se relancer dans les prothèses mammaires ?

le 30 décembre 2011 à 08h46 , mis à jour le 30 décembre 2011 à 19h06

Dossier : Prothèses mammaires PIP

Selon Nice Matin, Jean-Claude Mas figure dans l'organigramme d'une société au nom de ses enfants, France Implant Technologie (FIT), créée en juin 2011. Mais le fondateur affirme que le projet est abandonné.

Après le scandale, Jean-Claude Mas va-t-il se relancer dans les implants mammaires ? Selon Nice Matin, le fondateur de l'entreprise PIP, apparaît dans l'organigramme d'une société de fabrication de prothèses mammaires, France Implant Technologie (FIT), créée en juin 2011. Selon le quotidien, cette société est enregistrée au nom de ses deux enfants. L'un d'eux, Nicolas Lucciardi, assure dans Nice Matin que sa société n'a "aucun rapport avec Jean-Claude Mas et PIP". A Elle.fr, Nicolas Lucciardi a assuré jeudi soir "que ce projet ne s'est pas concrétisé en raison, c'est évident, du tapage médiatique" autour de PIP. "Il est complètement tombé à l'eau et ne verra pas le jour", a-t-il assuré a Elle.fr, ajoutant que son père n'était qu'un "consultant". L'avocat de Jean-Claude Mas n'a lui pas répondu à Elle.fr.

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Plus d'infos

Selon Reuters, qui cite une source judiciaire, l'activité déclarée est la "fabrication de matériel médico-chirurgical et dentaire" et la société est domiciliée à l'adresse d'une ancienne compagne de Jean-Claude Mas. Ce n'est pour l'instant qu'une coquille vide, sans production ni salariés, indique-t-on de même source. Selon un document révélé vendredi par Nice Matin, cette entreprise aurait toutefois pu servir de tête de pont pour préparer le retour du créateur de PIP sur le marché de la prothèse mammaire, via la société de son fils.

Déploiement dans le monde entier

Dans le "business plan" de FIT, Jean-Claude Mas est en effet  présenté comme "consultant - technicien commercial". Deux anciens cadres de PIP occupent également des fonctions de responsabilité dans les secteurs de la production et de la surveillance de la qualité. Le document prévoit la production de 400 prothèses de gel de silicone par jour par une vingtaine de salariés sur l'ancien site de production de PIP de la Seyne-sur-Mer. Au terme d'un investissement initial de deux millions d'euros, la phase de déploiement est programmée pour juin 2012. FIT vise en priorité les marchés sud-américain et chinois, mais lorgne aussi vers le marché européen via des pays comme le Royaume-Uni, l'Espagne, l'Italie, la Suisse et l'Allemagne. Les prospectives financières de FIT font apparaître un tarif inférieur de 10% par rapport à la concurrence pour des coûts de production inférieurs de 30%.
 
Mise en liquidation judiciaire le 30 mars 2010, PIP est au centre d'une information judiciaire ouverte le 8 décembre par le parquet de Marseille pour blessures et homicide involontaire. Les anciens cadres de la société varoise, dont Jean-Claude Mas, devraient aussi répondre à l'automne 2012 devant le tribunal correctionnel de Marseille de faits de "tromperie aggravée" dans un deuxième volet de cette affaire. La majorité des implants mammaires de la société PIP contenaient un gel non conforme à la réglementation dès la création de la société en 1991. La Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam) a porté plainte contre X dans le cadre de l'instruction.

Le gouvernement français a recommandé l'explantation des prothèses PIP, qui présentent des risques de fuite et de rupture. La France est pour l'heure le seul pays à conseiller le retrait des implants à titre préventif même si le lien entre les prothèses PIP et neuf cas de cancers suspects signalés sur son territoire, dont deux mortels, n'est pas démontré. On estime à 60 millions d'euros le coût de l'explantation en France, qui sera pris en charge par la Sécurité sociale. La pose de nouveaux implants sera à la charge de la patiente, sauf pour les femmes ayant subi une chirurgie réparatrice après un cancer du sein.

L'Afssaps pas au courantr

Contactée par l'AFP, l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) a indiqué ne pas connaître cette société. Afin de commercialiser ses produits médicaux, cette société prévoyait dans son business plan d'obtenir entre juin et décembre 2011 une certification CE et un certificat de libre vente (CLV) délivré par l'Afssaps. "Le CLV est destiné à faciliter les démarches d'exportation des sociétés  françaises vers des pays situés hors Union européenne", peut-on lire sur le site de l'Afssaps. Il "ne constitue ni une autorisation ni une approbation de la mise sur le marché de ces dispositifs, ni une approbation de la classe"."Etabli sur la base des éléments fournis par le demandeur", ce document "atteste que l'Afssaps n'a pas pris de mesure particulière pour restreindre ou interdire la vente en France des dispositifs concernés", précise encore l'organisme public sur son site.

le 30 décembre 2011 à 08:46
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9 Commentaires

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  • ragene, le 01/01/2012 à 15h21

    Rappel : il est bien évidemment scandaleux de fabriquer des produits dangereux pour la santé, mais cet énergunème n'est pas le seul à blamer, pourquoi ? Et bien, lorsqu'on achète un produit, on réalise d'abord un appel d'offre avec des spécifications techniques, c'est à dire, on définit exactement le produit que l'on désire, parce qu'on le connait bien ( ici pour des raisons médicales telles que : preuve qu'il est sans danger pour l'organisme etc...) Donc il paraît très clair que ceux qui ont acheté ce produit sont aussi fautifs que le fabricant. Ils ont acheté les yeux fermés un produit moins cher que les autres parce que leur critère principal était un coût moindre. On vérifie le produit, on va sur le site de production et on audite, on s'assure que ce produit n'est pas un danger...J 'en profite pour dire : assez d'achats en Chine sans spécifications techniques, il faut acheter au mieux disant et non pas au moins disant. Les responsables sont les dirigeants qui poussent leurs équipes à acheter au moindre coût....................

  • worldrunner, le 30/12/2011 à 14h41

    Pour les femmes qui ont du se faire poser ces implants à la suite d'un cancer ou a titre de chirurgie réparatrice en général, il faut une prise en charge totale par la CPAM car ces implants sont justifiés. Pour les femmes qui se sont fait mettre des implants histoire de garder un corps de jeune fille à 60 ans, comme on a pu le lire, ou juste pour avoir une poitrine plus généreuse pour le petit copain, donc sans aucun réel besoin si ce n'est son propre plaisir, alors la prise en charge doit être faite par les assurances des individus qui se retourneront contre PIP, mais certainement PAS par la CPAM. La solidarité doit jouer, mais pas pour payer les petits plaisirs égoïstes de certaines.

  • _mike, le 30/12/2011 à 13h56

    On devrait tout simplement créer des prothèses qui durent aussi longtemps que la vie d'un homme au moins. Ce n'est pas impossible, c'est juste que les fabricants cherchent à réduire le cout, tous simplement.

  • juigne11, le 30/12/2011 à 12h25

    Lui et ses enfants devraient être interdit de monter un commerce

  • chantal7, le 30/12/2011 à 11h49

    Certains médecins se sont transformés en business men.... l'argent est leur seul moteur. De plus, pas mal de femmes s'imaginent que sans un corps parfait elle ne peuvent réussir leur vie. Une de mes connaissances est décédée vendredi 23 décembre grâce à un chirurgien qui l'a encouragée à se subir une ablation partielle du colon afin de maigrir (je précise que cette femme n'était pas obèse, juste un peu grassouillète après la ménopause). Il serait temps, que chacun prenne conscience que l'on doit aller au bloc opératoire UNIQUEMENT pour des raisons de santé.

  • morisse4ever, le 30/12/2011 à 11h26

    C'est trop injuste, une prothèse mammaire c'est comme un amortisseur sur une voiture, de temps en temps faut changer la pièce à cause de l'usure, pourquoi ne pas instituer un controle technique pour la chirurgie esthétique ? Tous les 3 ans par exemple !

  • sortilege06110, le 30/12/2011 à 10h50

    3 sacs de sciure, un peu de béton, 10 litres de colle à bois, et ils sont capables de vous fabriquer au moins 300 prothèses...Alors respect...

  • moustik207, le 30/12/2011 à 10h15

    C est honteux faire du fric sur la santé des gens,il méritent qu on lui prenne tout l argent qu il a gagné et son patrimoine confisqué et quelques années de prisons.

  • funiculi, le 30/12/2011 à 10h07

    Est-il emprisonné ? je l'espère ! cette affaire, après le médiator, et bien d'autres, nous renseigne sur la déshumanisation de certains entrepreneurs qui avides de profits n'hésitent pas à mettre en danger la vie de leurs semblables, et souvent hélas avec la complicité, involontaires souvent, du corps médical et des organismes d''Etat chargés de la surveillance de tout ce qui peut être dangereux pour les patients ou consommateurs. Plus de 400 000 prothèses mammaires fabriquées par la société française Poly Implant Prothèse (PIP), ont été vendues dans le monde dont, 30 000 femmes en France, 40 000 en Grande Bretagne, 4 000 en Italie, et ces chiffres sont probablement faibles par rapport à la réalité. Des femmes qui vont vivre un véritable calvaire et ce homme referait une société, mais c'est scandaleux, mais hélas possible, pusique la loi française laisse faire . Terrible !

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