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La flore intestinale, soutien efficace de la chimiothérapie pour vaincre les cancers

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le 21 novembre 2013 à 22h36 , mis à jour le 21 novembre 2013 à 22h46.
Temps de lecture
3min
Cancer

Crédits : Jupiterimages/Comstock/Thinkstock

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SantéLes bactéries qui peuplent les intestins viennent en renfort de chimiothérapies anti-cancéreuses pour les rendre plus efficaces, selon des travaux publiés jeudi.

Assez étonnantes, ces observations conduites sur des souris pourraient avoir des applications pratiques pour les patients. Selon des travaux publiés jeudi dans la revue Science, les bactéries qui peuplent les intestins viennent en renfort de chimiothérapies anti-cancéreuses pour les rendre plus efficaces.

L'équipe française dirigée par le Pr Laurence Zitvogel (Institut Gustave Roussy/Inserm), avec ses collègues (Institut Pasteur, Inra/recherche agronomique), montre que la flore intestinale stimule les réponses immunitaires pour combattre un cancer lors d'un traitement à base de cyclophosphamide (CTX), l'un des médicaments les plus utilisés en chimiothérapie, contre les cancers du sein, lymphomes et certains cancers du cerveau...

Les bactéries stimulent de nouvelles défenses immunitaires

L'efficacité de ce médicament repose en partie sur sa capacité à entraîner le passage de certaines bactéries intestinales vers la circulation sanguine et les ganglions. Une fois dans les ganglions lymphatiques, ces bactéries (du groupe "Gram négatif") stimulent de nouvelles défenses immunitaires qui aident l'organisme à mieux combattre la tumeur cancéreuse. La flore intestinale - ou "microbiote intestinal" -, composée de 100.000 milliards de bactéries, exerce des fonctions cruciales pour notre santé comme la dégradation des aliments ingérés pour une meilleure absorption intestinale et un métabolisme optimal.

Ces milliards de bactéries, qui colonisent l'intestin dès la naissance, jouent également un rôle clé dans la maturation des défenses immunitaires. Au départ c'est un effet secondaire du traitement (troubles digestifs, inflammation) qui favorise ce passage de quelques bactéries dans la circulation sanguine, en perturbant la barrière intestinale. Une fois dans la circulation, les bactéries provoquent une réaction de défenses immunitaires, qui mène au recrutement de cellules, des lymphocytes T, différentes de celles mobilisées par la chimiothérapie.

Certains antibiotiques annuleraient leurs effets bénéfiques

"De façon surprenante, la réponse immunitaire dirigée contre ces bactéries va aider le patient à lutter encore mieux contre sa tumeur en stimulant de nouvelles défenses immunitaires", relève Laurence Zitvogel. Maintenant que ces bactéries "bénéfiques" ont été identifiées, "on devrait réussir rapidement à en fournir plus à l'organisme, notamment via des pro- ou pré-biotiques et/ou une alimentation spécifique", avance cette spécialiste d'immunologie.

Dans la même revue, Noriho Iida, Giorgio Trinchieri (National Cancer Institute, Frederick, Maryland, Etats-Unis) et leurs collègues montrent aussi que la flore renforce les effets de traitements anti-tumeurs (immunothérapie, médicaments à base de cisplatine). Chez les souris débarrassées de toutes ces bactéries intestinales, l'efficacité du traitement diminue, selon ces travaux. Les chercheurs suggèrent ainsi que certains antibiotiques utilisés au cours d'une chimiothérapie pourraient annuler l'effet bénéfique de ces bactéries.

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