Ces interpellations se sont produites dans le cadre de l'information judiciaire pour "homicide et blessures involontaires" ouverte en décembre par le parquet de Marseille. Les investigations sont menées par les gendarmes de la section de recherches de Marseille et l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et la santé publique (Oclaesp). Jean-Claude Mas a quitté jeudi peu avant 13h le domicile de sa compagne, caché dans un fourgon gris banalisé, précédé par une voiture de la gendarmerie, gyrophare allumé. L'escorte est arrivée à la caserne de la gendarmerie nationale à Marseille une demi-heure plus tard.
A 21h, Jean-Claude Mas a été transféré au palais de justice de Marseille. Il devait être entendu par la juge d'instruction Annaïck Le Goff, du pôle santé, en vue de sa probable mise en examen. Selon une source judiciaire, l'instruction de ce volet de l'affaire pourrait prendre plusieurs années, avec batailles d'experts autour de chaque cas individuel. "La garde à vue s'est passée dans de bonne condition", a déclaré l'avocat de Jean-Claude Mas, Me Yves Haddad, en sortant de la gendarmerie vers 20h45, précisant que son client avait répondu à "des centaines de questions sur sa responsabilité".
"On n'attend pas grand chose de son audition"
Le fondateur de PIP, entreprise dont le siège était à La-Seyne-sur-Mer et qui est en faillite depuis 2010, a admis avoir produit un gel de silicone non homologué mais réfuté tout danger. "Je savais que ce gel n'était pas homologué, mais je l'ai sciemment fait car le gel PIP était moins cher et de bien meilleure qualité", a expliqué Jean-Claude Mas en octobre aux gendarmes, selon un procès-verbal d'audition dont TF1 vous révélait le contenu en début d'année. Cette audition s'était déroulée dans le cadre d'une seconde procédure judiciaire, en l'occurence une enquête préliminaire pour "tromperie aggravée", ouverte à son encontre. Close depuis octobre 2011, cette seconde procédure devrait donner lieu à un procès en correctionnelle dans les mois qui viennent.
Me Philippe Courtois, avocat de l'association des Porteuses de Prothèses PIP (PPP), s'est félicité de l'interpellation de M. Mas. "C'est la mise en marche normale qui aurait pu être faite depuis le début de l'année. Rien ne l'empêchait aujourd'hui de quitter le territoire, il ne se sentait pas inquiété par la justice", a-t-il souligné. "Maintenant, on n'attend pas grand chose de son audition dans la mesure où il s'est déjà exprimé avec des propos outrageants vis-à-vis de l'ensemble des victimes", a-t-il ajouté.
De 400.000 à 500.000 femmes seraient porteuses d'implants PIP dans le monde, ce qui a donné un caractère international à ce scandale sanitaire. En France, 20 cas de cancers, dont 16 du sein, ont été enregistrés chez des porteuses d'implants PIP sans qu'un lien de causalité ne soit établi. Les autorités ont recommandé aux 30.000 femmes concernées de se faire retirer ces implants.









