Le rapport qui accable les hôpitaux psychiatriques

Par DDF, le 31 mai 2011 à 11h53 , mis à jour le 31 mai 2011 à 12h22

L'Inspection générale des affaires sociales publie, mardi, les résultats très critiques de son enquête sur la sécurité dans les hôpitaux psychiatriques où sont soignés les malades internés d'office.

Fugues, agressions des aides-soignants, homicides... une l'enquête de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas), révélée par Le Parisien mardi matin, dénonce les dysfonctionnements en matière de sécurité dans les hôpitaux psychiatriques.

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Le rapport, remis aux ministres de la Santé, de l'Intérieur et de la Justice, s'appuie sur une enquête menée à Paris, Lille, Amiens, Nice et Poitiers, ainsi que sur les données nationales concernant les « accidents en psychiatrie », survenus parmi les malades internés d'office. Ces patients, contraints par la loi de rester dans les hôpitaux pour prévenir tout problème pour eux-mêmes et les autres, sont aujourd'hui 80 000 en France.

Sur l'ensemble de cette population, 19 homicides ont été recensés en cinq ans, avec « plusieurs points communs ». Selon les enquêteurs de l'Igas, le meurtrier est toujours de sexe masculin, hospitalisé de force et ayant des antécédents de violence. Les victimes, quant à elles, sont des femmes : soit des proches de malades, des autres malades ou des membres des personnels soignants.  Une dizaine de cas de violences sexuelles et 1 870 agressions du personnel ont aussi été enregistrées en 2009.


10 000 fugues chaque année


La cause de ces drames selon l'Igas ? Une organisation défaillante des hôpitaux, notamment le regroupement de malades atteints de pathologies différentes suivant une logique du « secteur ». Les patients se retrouvent ainsi regroupés suivant la commune dont ils sont originaires, et non pas selon le traitement dont ils ont besoin. Les inspecteurs évoquent ainsi « l'hospitalisation de schizophrènes ou des psychotiques avec des malades ayant des troubles du comportement ou de l'humeur. De tels regroupements facilitent les agressions et les homicides ».
Autre point noir : la surveillance des établissements dont il est trop facile de sortir. Environ 10 000 patients fuguent chaque année par manque de surveillance. « Or plusieurs décès se produisent au cours de ces fugues », selon l'Igas.

Hasard du calendrier, l'enquête de l'Igas est dévoilée le jour où l'Assemblée nationale doit adopter un texte de loi controversé qui donne plus de pouvoir aux directeurs d'hôpitaux en matière d'hospitalisation sous contrainte.

Des enfants admis avec des adultes

 Le rapport évoque également l'absence de structures pouvant accueillir les enfants et s'appuie sur l'histoire d'un enfant autiste de 11 ans en Guyane en 2007. Admis dans un établissement pour adultes, ce jeune garçon a été victime de violence et d'agressions sexuelles de la part d'autres patients. Il a ensuite été placé « dans une cage grillagée placée au milieu de l'unité  pour le protéger des autres malades ». Plus récemment, un enfant de 9 ans a été interné dans une chambre close du service psychiatrique pour adultes de l'hôpital de la Conception de Marseille, la semaine dernière. Deux exemples qui ont poussé l'Igas a réclamé « la construction de nouvelles unités de pédopsychiatrie ».

Par DDF le 31 mai 2011 à 11:53
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6 Commentaires

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  • a1n2n2e3, le 16/06/2011 à 17h12

    C'est malin !!! : o(

  • musai, le 01/06/2011 à 10h29

    Alors là, vous m'otez les mots de la bouche!!!!! Bravo!

  • sgt-pepper19, le 31/05/2011 à 22h59

    C'est dingue!

  • baal_, le 31/05/2011 à 14h30

    Peut être faudrait il arrêter de considérer qu'il n'y a qu'une catégorie de dérangés en France, et que parmi eux il y a peut être non seulement des autistes, mais aussi des mecs dangereux (qui ne sont pas des anges sous prétexte qu'ils sont dérangés).

  • albert75014, le 31/05/2011 à 14h23

    Ma mère a travaillé 30 ans en hopital psychiatrique, à La Verrière : la cause principale de ces dysfonctionnements, c'est avant tout le manque d'argent. Quand on demande aux infirmières de faire le boulot des médecins, aux aides soignantes celui des infirmières, quand on a 2 agents de sécurités pour 200 patients, on en arrive évidemment à ce genre de problème. Sans compter tous les avocats qui tentent de faire passer des délinquants violents pour des déséquilibrés.

  • fma444, le 31/05/2011 à 13h54

    Pas étonnant, personne ne veut mettre de l'argent la-dedans, encore moins que dans des services hospitaliers classiques, par contre investir dans des stades de foot ....

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