Les hôpitaux français menacés de pénurie de médecins ?

le 16 octobre 2011 à 11h21 , mis à jour le 16 octobre 2011 à 11h23

Sans les médecins étrangers, les hôpitaux français ne pourraient tout simplement pas fonctionner. Or, plusieurs milliers d'entre eux pourraient devoir quitter la France dès le 1er janvier prochain, du fait d'un durcissement des conditions d'exercice en France.

TF1/LCI : Urgences hospitalières : ambulanceImage d'archives © TF1/LCI

En France, le fonctionnement de nombreux hôpitaux dépend largement de la présence de médecins étrangers. Sans eux, le système hospitalier français serait rapidement bloqué. Pourtant, la situation de ces médecins est remise en cause par le durcissement des conditions d'exercice en France pour ceux qui ont obtenu un diplôme hors Union européenne. Et plusieurs milliers d'entre eux devraient se voir obligés de quitter bientôt la France, ce qui plongerait tous les hôpitaux français dans une grave crise de sous-effectifs. Face à cette menace, les praticiens hospitaliers lancent un cri d'alarme.

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La venue en France de médecins étrangers non originaires de l'Union européenne remonte au milieu des années 80 au moment où le numerus clausus limitant le nombre d'étudiants en médecine avait été baissé. Une première vague de médecins étrangers, originaires surtout du Maghreb et d'Afrique Noire, est arrivée pour assurer notamment les gardes de nuit et de week-end dans les hôpitaux de régions moins attractives pour les jeunes médecins français. Ces praticiens étrangers ont rapidement occupé les emplois laissés vacants par leurs collègues français, mais avec des rémunérations plus basses. Peu à peu intégrés dans les années 90, ils ont accédé à des postes à responsabilité et mieux rémunérés.

Ce qui change début 2012

Mais la situation est plus complexe pour la deuxième vague, arrivée au cours des années 2000, et particulièrement pour les praticiens arrivés après 2004. Ces derniers doivent désormais passer un concours national pour exercer en France (avec notamment un niveau élevé exigé en français) alors qu'auparavant on ne leur demandait qu'un "examen professionnel" tenant compte de leur expérience et qui était donc plus accessible.

Le ministère de la Santé fait valoir qu'environ 4000 médecins ont pu ainsi obtenir la reconnaissance de leur diplôme depuis 2006. Toutefois, entre 2000 et 4000 médecins à diplômes étrangers, hors UE, selon les estimations, pourraient devoir quitter la France au 1er janvier 2012 si le ministère de la Santé n'assouplit pas les règles. En effet, la procédure de l'"examen professionnel" prend fin cette année, alors qu'un millier de médecins arrivés avant 2004 n'ont pas encore été régularisés, selon le Syndicat national des Praticiens à Diplôme hors Union Européenne (SNPADHUE).

Une solution, peut-être, pour répondre à cette crise qui menace les hôpitaux français : selon le sénateur UMP de l'Orne Jean-Claude Lenoir, le gouvernement pourrait soumettre au Parlement prochainement un cadre permettant de prolonger la période pendant laquelle ces médecins doivent se conformer à la réglementation.

le 16 octobre 2011 à 11:21
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28 Commentaires

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  • envol68, le 25/10/2011 à 03h41

    La France devient lamentable...

  • savoie.fr, le 18/10/2011 à 10h46

    En effet, car pour former un spécialiste cela demande de nombreuses années . Par exemple il faut presque 10 ans pour un gynéco ; mariolus a tout à fait raison .

  • elcam11, le 17/10/2011 à 10h15

    @docdent69 : justement, les médecins formés en roumanie ne sont pas soumis à cet examen car ils font partie de l'Union Européenne! Des médecins bien mieux formés (afrique francophone notamment) sont recalés pour une épreuve de .... français! Toute la logique française!! @Commentaire123 : mais voyons, ca fait 10 ans qu'on parle du manque de médecin à venir, mais qu'on forme toujours moins de médecins! Ca coute trop cher, c'est plus facile de prendre les médecins formés par d'autres pays (pays qui manquent eux aussi de médecin) et de les faire travailler avec un salaire d'aide soignant, dimanche et jours fériés compris!

  • elcam11, le 17/10/2011 à 10h11

    Il est tout à fait normal, ce qui l'est moins c'est que l'épreuve de français soit si difficile que même des étudiants francophone (afrique subsaharienne notamment) échouent à cette épreuve. Est-on sur que les médecins français puissent eux meme réussir à cette examen? et sélection des médecins expérimentés sur une épreuve de français, c'est plutot douteux.

  • zatos, le 17/10/2011 à 07h04

    C'est certain, l'abus est rentable pour quelqu'un...mais le durcissement des politiques (qui profite aux fabricants...de médicaments), n'interviendrais pas si les gens ne faisaient pas le trou de la sécu en abusant.

  • cassuntella, le 17/10/2011 à 04h17

    Vous parlez des politiques et des financiers je pense?

  • doc2006, le 17/10/2011 à 01h20

    Nous subissons une discrimination depuis de nombreuses années, car malgré notre rôle important au sein des hôpitaux publics où nous assurons la continuité des soins, les nuits et week-ends en toute autonomie, nos diplômes ne peuvent être reconnus que par un concours extrêmement sélectif au nombre de places très réduites : 165 places pour plus de 4345 candidats. Cette disparité entre l'offre et les immenses besoins, notamment dans les déserts médicaux est injuste et insensée. Aujourd'hui, 3500 médecins à diplôme étranger en exercice en France voient l'échéance de leur contrat arriver à terme au 31 décembre 2011 selon la loi du 21 décembre 2006 de financement de la sécurité sociale. Autrement dit, la France se réveillera le 1er janvier 2012 avec 3500 médecins hospitaliers en moins.

  • doc2006, le 17/10/2011 à 01h01

    Formée à l'étranger, j'exerce en France depuis 2006 dans un "désert médical". Mes confrères apprécient mon travail et reconnaissent mes compétances depuis 5 ans, mais la législation en cours (concours) ne me juge pas assez compétante pour exercer. Oui, mais qu'est ce que je faisais donc dans ces 2 hôpitaux pendant 5 ans ? Le même travail que mon chef, des gardes de nuit, jours fériés et week ends, pendant lesquelles je suis seule capitaine à bord du service... Les postes vacants ne sont pas comblés dans les déserts médicaux, et ne le seront pas même après augmentation du numérus clausus, soyons réalistes ! Il faut changer la réglementation en vigueur pour permettre aux médecins étrangers ayant plusieurs années d'exercice en France de passer "l'examen professionnel" réservé à ceux qui sont arrivés en France avant 2004. C'est la seule solution, et la plus juste pour le bien de tous.

  • mariolus, le 16/10/2011 à 21h29

    Il augmente considérablement chaque année, mais nous n'en verrons les effets que tard !

  • antirobert21, le 16/10/2011 à 21h24

    Si ils comprennent mais tant que c'est pas pour leur pomme. Voyez-vous ils ne sont pas à leur place par vocation mais par intérêt. Et ils comprennent bien que notre place, ils n'en veulent pas. Alors ils économisent sur notre dos, ce sera indolore pour eux. JUSQU'EN 2012

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