L'autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a jugé jeudi "insuffisante" l'étude du chercheur français Gilles-Eric Séralini sur la toxicité d'un maïs OGM et lui a demandé de fournir davantage d'informations sous peine de la rejeter. "Sans ces éléments, il est peu probable que l'étude se révèle fiable, valide et de bonne qualité", a indiqué l'EFSA dans un communiqué.
L'examen préliminaire publié jeudi "constitue la première étape d'un processus qui se déroulera en deux phases. Une seconde analyse, plus complète, sera publiée d'ici la fin octobre 2012", précise l'EFSA. L'avis préliminaire est la conclusion d'une analyse de l'article publié par le chercheur français dans la revue Food and Chemical Toxicology sur les résultats de ses travaux sur l'alimentation d'un groupe de rats avec un maïs OGM, le NK603. Selon le chercheur, ce maïs est extrêmement toxique(Lire notre article : Des rats nourris avec un maïs ogm ont une mortalité alarmante).
"Aucune conclusion ne peut être tirée"
Le chercheur français a d'ores et déjà répondu jeudi à l'AFP qu'il ne donnerait aucune donnée supplémentaire à Efsa. "Nous attendons qu'ils fournissent ceux qui ont permis d'autoriser cet OGM, et ce pesticide en particulier, mais aussi les autres OGM", a-t-il expliqué.
"L'article est d'une qualité scientifique insuffisante pour être considéré valide pour l'évaluation des risques", a jugé l'EFSA. "La conception, le système de rapport des données et l'analyse de l'étude, tels que présentés dans le document, sont inadéquats", explique-t-elle. "Les nombreuses questions relatives à la conception et à la méthodologie de l'étude telles que décrites dans l'article impliquent qu'aucune conclusion ne peut être tirée au sujet de l'occurrence des tumeurs chez les rats testés", ajoute le communiqué.
"Ça a aussi jeté le trouble"
L'EFSA explique avoir pour cette raison "invité les auteurs à partager certaines informations additionnelles essentielles afin de lui permettre d'acquérir la compréhension la plus complète possible de l'étude". "Les auteurs de l'étude auront l'opportunité de fournir à l'Autorité la documentation sur laquelle ils se sont basés ainsi que les procédures relatives à leur étude afin que l'EFSA acquière la compréhension la plus complète possible de leurs travaux", explique l'agence.
"On a fait peur aux gens sur des bases qui, à ce stade, ne sont pas non avérées", a regretté jeudi le président de l'Institut national de la recherche agronomique (Inra), François Houlier. "C'est un peu choquant", a-t-il à l'AFP. "Certes, ça a permis d'ouvrir un débat, mais ça a aussi jeté le trouble dans la communauté scientifique", a-t-il poursuivi.









