Séance de vaccination © TF1/LCILe problème est en passe d'être résolu, mais aurait pu contrarier bon nombre de vacanciers en partance pour des contrées lointaines. Le vaccin contre l'hépatite A, fortement recommandé pour les voyageurs à destination de pays où l'hygiène est précaire, a été absente des pharmacies deux à trois semaines.
Et pour cause, les deux laboratoires qui distribuent le vaccin en France, Sanofi-Pasteur et GlaxoSmithKline (GSK, un groupe anglais) ont cessé, pour l'un sa production, pour l'autre sa distribution. Sanofi-Pasteur a été obligé d'interrompre la fabrication de son vaccin - Avaxim - fin 2009 suite à un contrôle qualité insatisfaisant. A GSK France, une grève des salariés contre la délocalisation annoncée de son site d'Evreux a paralysé la distribution du produit - l'Havrix - sur le territoire pendant trois semaines, jusqu'au 19 juillet.
Un concours de circonstances qui n'est pas du goût de chacun. "On a déjà connu des problèmes d'approvisionnement, mais jamais à si grande échelle. Toutes les pharmacies ont été touchées", témoigne Alain Lamoizélée, responsable de la pharmacie Des-deux-rues dans le 19ème arrondissement de Paris. "Nous n'avons pas pu délivrer le vaccin alors que nous avons toujours des besoins plus importants en période de vacances." Même constat à la Grande pharmacie Saint-Maur où la rupture de stock, qui a pris fin lundi, a duré deux semaines. Là, les clients ont été orientés vers des centres de vaccination, connus pour être moins sujets à la pénurie. "Nous n'avons pas connu de problèmes d'approvisionnement parce que nous avons toujours en stock des vaccins en grande quantité, que l'on reçoit directement des labos, sans passer par les grossistes." confirme Sylvie Larnaudie, responsable du centre de vaccination de la Ville de Paris, rue Charles-Berteau dans le 13ème arrondissement de Paris.
Quoiqu'au courant du mouvement social chez GSK, l'agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) affirme avoir tout ignoré des problèmes de stock du vaccin. "Les grossistes nous ont répercuté des situations un peu justes, mais nous n'avons pas entendu parler d'un problème d'approvisionnement", assure Henriette Chaibriant, de l'Afssaps.
Qui doit informer ?
Mais la grogne des pharmaciens porte surtout sur le manque d'information. Marie-José Aug-Cauman, de l'Union des syndicats de pharmacies d'officines met en cause les laboratoires. "Nous avons d'abord informé l'Afssaps dans le détail, rapporte Jean-Yves Lecoq, responsable de la communication de GSK France. Nous avons ensuite informé les pharmaciens, par le biais des grossistes répartiteurs." Une information intervenue trop tard pour Jean-Luc Delmas, le directeur de la communication de l'Office commerciale pharmaceutique (OCP), l'un des leaders français en la matière. "Si c'est le laboratoire qui rencontre un problème, c'est à lui de communiquer. Il ne nous appartient pas d'informer les officines", juge-t-il.
GSK a recommencé il y a quelques jours l'approvisionnement des gros centres de vaccination et de quelques grossistes. La société espère que la situation sera rentrée dans l'ordre "dans une dizaine de jours". Selon l'OCP, depuis lundi, plus de la moitié des stocks sont livrés. L'Afssaps recommande aux patients qui rencontreraient encore un problème en pharmacie de se rendre dans un centre de vaccination.
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