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Pilule : "Nous avons 320 témoignages" de femmes qui se disent victimes

Edité par
le 15 janvier 2013 à 13h49 , mis à jour le 15 janvier 2013 à 21h13.
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5min
La pilule/TF1
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SantéDepuis quelques semaines, les pilules de 3e et 4e génération sont pointées du doigt pour leurs effets indésirables. Une première plainte a été déposée en décembre. Aujourd'hui, Me Coubris indique disposer de 320 dossiers de victimes potentielles.

On parle dorénavant d'une affaire, celle des pilules de 3e et 4e génération. Depuis décembre, ces contraceptifs sont pointés du doigt pour leurs effets indésirables : embolie pulmonaire, thrombose veineuse profonde ou encore accident vasculaire cérébral (AVC). Lundi, un nouveau document a été transmis à l'Agence du médicament. Au moins quarante-sept cas de ces effets graves sont liés à ces pilules, dont deux morts, ont été recensés entre 1998 et 2012 sur un échantillon de 800.000 femmes dans un CHU.

En décembre, une première plainte a été déposée au parquet de Bobigny par une jeune femme, Marion Larat, handicapée à 65% après un AVC. Depuis, les témoignages s'accumulent. D'une trentaine en début d'année, le nombre de dossiers a été multiplié par dix, comme l'explique Jean-Christophe Coubris, avocat dans le cabinet qui défend ces plaignantes.

TF1News : combien de dossiers de femmes s'estimant victimes de ces pilules avez-vous reçu ?

Jean-Christophe Coubris : A ce jour, nous avons 320 témoignages spontanés de jeunes filles. Je suis en train de régulariser chacun de ces dossiers, car il me faut un certain nombre d'éléments, comme des preuves de la prescription et leurs dossiers médicaux pour constituer leur plainte. Et dès la semaine prochaine, je déposerai une plainte pour chacune des pilules concernées, 20 au total, au tribunal de Bobigny. 

TF1News : qui sont ces femmes ?

J-C C. : La plupart des victimes ont entre 17 et 25 ans et ont pris des pilules de 3e et de 4e génération, ainsi que la Diane 35. Ces pilules leur ont été prescrites pour une première prise, ce qui est contraire aux recommandations de la Haute autorité de la santé (HAS). Cette autorité a mis en garde les prescripteurs, c'est-à-dire les médecins, dès octobre 2007 et leur avait demandé de ne plus prescrire pour une première prise ces pilules.

TF1News : de quoi souffrent-elles ?

J-C C. : Après quelques mois de prise de ces pilules, elles ont eu un AVC ou une embolie pulmonaire. Heureusement, une grande majorité d'entre elles n'ont gardé que peu de séquelles physiques. Par contre, toutes ont un préjudice moral considérable. Elles ont toutes eu le sentiment de mourir et il est très difficile pour elles de se reconstruire sans savoir si elles sont encore exposées à un accident. Elles sont toujours dans l'angoisse, d'autant plus que pour une grande partie d'entre elles, les médecins ne leur ont pas expliqué pourquoi elles ont fait cette embolie ou cet AVC.

TF1News : à l'époque, personne ne leur a expliqué que la pilule pouvait être une des causes de leur accident ?

J-C C. : Dans le dossier médical de certaines victimes, il a été mentionné que leur AVC ou leur embolie avait pour origine leur moyen de contraception. Le corps médical leur avait donc expliqué cette probabilité très forte, mais à chaque fois il n'y a pas eu de suite de la part de qui que ce soit. Mais dans la majorité des cas, elles sont restées dans l'ignorance. D'autres ont essayé de se faire entendre et n'ont pas trouvé d'écoute à leur plainte. 

TF1News : contre qui envisagez-vous d'entamer vos actions judiciaires ?

J-C C. : Aujourd'hui, je vais axer notre action essentiellement contre les laboratoires, 7 sont concernés, afin d'obtenir la suspension de la commercialisation de ces pilules. Mais il est certain, qu'au fur et à mesure de l'étude du dossier médical et avec l'accord des plaignantes, on va réfléchir à mettre en cause un certain nombre de prescripteurs, en général des spécialistes, des gynécologues, qui ont, à mon sens, complètement failli à leur mission d'information. Il va falloir que, eux-aussi, aient des comptes à rendre à la justice. Soit ils ignorent les recommandations, soit ne sont pas informés des recommandations de l'HAS.

TF1News : selon vous, les propositions du gouvernement vont-elles dans le bon sens ?

J-C C. : Je suis ravi que si peu de temps avec notre dépôt de plaintes, le gouvernement ait manifesté un intérêt à cette situation, c'est positif. Par contre, les mesures dont j'ai pris connaissance vendredi ne sont que des effets d'annonce. On nous parle de dérembourser, mais la plupart des pilules 3e et 4e générations ne sont pas remboursées par la sécurité sociale, on nous parle de limiter le nombre de prescripteurs,  on nous parle de prescrire différemment cette pilule car elle serait plus dangereuse, mais tout cela on le sait depuis 1995. Donc j'attends des annonces beaucoup plus radicales.

Lire aussi >  VIDEO. Touraine va limiter l'utilisation des pilules de 3e génération

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