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PIP : Mas mis en examen, les victimes soulagées

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le 27 janvier 2012 à 16h14 , mis à jour le 27 janvier 2012 à 16h17.
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SantéLe fondateur de la société de prothèses mammaires PIP a été mis en examen pour "blessures involontaires". Mais certaines victimes ne comprennent pas pourquoi il a été laissé libre et sont en colère contre son absence de regret.

"C'est la reconnaissance de leur statut de victime, c'est un grand soulagement". Par la voix d'un de ses avocats, l'Association des femmes porteuses de prothèses PIP (AFPPPIP) a exprimé vendredi sa satisfaction après la mise en examen du fondateur de la société de prothèses mammaires PIP Jean-Claude Mas pour "blessures involontaires". Pour Me Courtois, avec cet acte, "l'instruction a véritablement commencé".
 
Jean-Claude Mas a été interpellé jeudi matin au domicile de sa compagne dans le Var Jean-Claude Mas a été présenté dans la soirée à la juge Annaïck Le Goff, qui enquête sur le dossier. Outre sa mise en examen, l'homme de 72 ans a été placé sous statut de témoin assisté pour le chef "d'homicides involontaires"."Je peux comprendre (le statut de témoin assisté) car on a besoin d'expertises pour déterminer le lien de causalité entre le gel et les cancers", a déclaré Me Courtois. Mais l'avocat de l'AFPPPIP de se dire étonné du délai d'un an accordé à Jean-Claude Mas pour verser la caution de 100.000 euros, entrant dans le cadre de son contrôle judiciaire.
 
Alexandra Blachère regrette, elle, l'absence de remord du fondateur de PIP. "Il a répondu qu'à partir de 2005 il n'était plus le responsable légal de ce qui se passait dans PIP et il n'a exprimé absolument aucun remords", a déclaré la présidente de l'AFPPPIP. La jeune femme venait d'être entendue à Marseille par la juge, rendez-vous durant lequel elle a pris connaissance des déclarations de Jean-Claude Mas. "Il reste toujours sur la même ligne de défense: il reconnaît la fraude mais pour lui ses prothèses ne sont pas plus mauvaises qu'une autre marque, parce qu'il y a selon lui toujours un taux de rupture", a-t-elle poursuivi. "Mais le taux de rupture chez PIP est beaucoup plus élevé et beaucoup plus précoce. C'est se foutre de la gueule du monde", a-t-elle lâché. L'Association des femmes porteuses de prothèses PIP compte plus de 1.200 adhérentes.
 
Une remise en liberté qui énerve. L'ancien dirigeant de la société de la Seyne-sur-Mer a été laissé libre sous contrôle judiciaire mais certaines victimes auraient aimé qu'il soit placé en détention tout de suite. "Je ne crois pas que cet homme-là devrait être en liberté, c'est injuste, il n'a jamais cessé de dénigrer les personnes qu'il a empoisonnées", a ainsi affirmé à l'AFP Katia Colombo, la soeur d'Edwige Ligoneche, une ex-porteuse d'implants PIP, décédée à 53 ans en novembre d'un lymphome. "Je n'ai personnellement pas de doute sur la causalité de la maladie de ma soeur même si le lien n'a pas été établi. Depuis qu'elle était malade, en aucun cas elle ne pensait que ça pouvait être autre chose que ses prothèses", a expliqué cette femme, qui doit être entendue le 14 février par la juge. Même incompréhension pour Muriel Meyblum, qui porte des prothèses PIP. Elle ne comprend pas qu'il ait été relâché "après quelques heures de garde à vue": "c'est un odieux personnage", dit-elle.
 
Vingt cas de cancers ont été signalés en France chez des femmes porteuses de prothèses PIP, selon le dernier bilan de l'Autorité française de sécurité sanitaire des produits de santé  (Afssaps), qui précise toutefois qu'aucun lien n'a été établi à ce jour entre ces cas de cancer et le port de ces implants. Le gouvernement a recommandé, par précaution, le 24 décembre, le retrait des implants PIP par les femmes concernées dont le nombre en France est estimé à 30.000.

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  • cali : Pas trop tot, le systeme judiciaire est malheureusement long en France ca fait des mois que ca a ete revele par la presse!!! et c\'est femme ont\'elle l\'intention de s\'en faire reimplante? sauf pour celle qui on souffert d\'un cancer du sein les autres sont superficiels

    Le 27/01/2012 à 16h36
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