Prothèses PIP : deux mois après, où en est-on ?

Par , le 04 février 2012 à 11h16 , mis à jour le 04 février 2012 à 13h49

Dossier : Prothèses mammaires PIP

INTERVIEW - Depuis décembre, les porteuses d'implants mammaires PIP savent que le gouvernement "recommande" le retrait de ces prothèses. Où en est-on aujourd'hui de ce plan massif "d'explantations", censé s'achever dans l'année ? Il se heurte encore à des problèmes difficiles à résoudre.

Le docteur Dominique-Michel Courtois (janvier 2011)Le docteur Dominique-Michel Courtois (janvier 2011) © A.F.P. / J. Demarthon

TF1 News - Le mois de décembre a marqué un tournant dans l'affaire des implants mammaires de la société Poly Implant Prothèse, avec pour la première fois une reconnaissance implicite par le gouvernement du risque encouru par les porteuses. Et une recommandation "d'explantation" qui leur a été officiellement faite par le ministère de la Santé. Le professeur Lantieri (1), membre du comité de suivi ministériel, évoquait un délai de six mois pour cette opération de grande ampleur. Nous sommes en février : où en est-on ?

  • Le fondateur de PIP a passé la nuit en prison

    Jean-Claude Mas, le fondateur de la société PIP dont les prothèses mammaires sont mises en cause dans une affaire sanitaire, a été incarcéré mardi soir à Marseille pour ne pas avoir payé sa caution.

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  • Prothèses PIP : ces porteuses qui prennent les devants

    Alors que la mise sur pied de la logistique nécessaire pour assurer un grand nombre d'opérations de retrait de ces implants mammaires dangereux tarde encore, et que les problèmes financiers ne sont pas réglés, environ 900 porteuses de prothèses PIP ont choisi de se faire opérer sans attendre.

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  • Prothèses PIP : Sarkozy promet la transparence

    Nicolas Sarkozy a promis "la transparence la plus totale" dans l'affaire des prothèses mammaires de la société française PIP, dans une interview au Généraliste, hebdomadaire qui s'adresse aux médecins, à paraître le 13 janvier.

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  • Prothèses défectueuses : des mises en garde négligées

    Selon d'ex-membres de la société PIP entendus par les enquêteurs, l'entreprise était au courant du nombre anormal de ruptures de prothèses, et préférait indemniser les patientes. Un chirurgien marseillais affirme pour sa part avoir dû alerter l'Afssaps à plusieurs reprises avant d'être entendu.

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  • Prothèses défectueuses : comment PIP a caché le scandale

    Un processus de fabrication détaillé par oral, sans trace écrite, des produits cachés lors des contrôles : dans un procès verbal de novembre 2010 révélé par TF1, Jean-Claude Mas a détaillé devant les enquêteurs comment il avait pu commercialiser des implants mammaires emplis de gel industriel.

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  • Face à des "contre-vérités", le fondateur de PIP refuse de parler

    Il dénonce un "nombre impressionnant de contre-vérités" et redit n'être pas en fuite. Jean-Claude Mas a publié jeudi un communiqué pour dire qu'il réservait ses déclarations à la justice, qui l'a déjà entendu deux fois dans l'affaire des implants PIP.

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  • Prothèses et médicaments : Bertrand veut les mêmes règles

    Alors que le scandale des implants PIP prend de l'ampleur, le ministre de la Santé réclame une refonte des règles européennes en la matière, avec un régime d'autorisation de mise sur le marché, comme pour les médicaments.

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  • Le fondateur de PIP entendu par l'Afssaps

    Le président de Poly Implant Prothèse a été entendu ces derniers jours sur la composition des implants mammaires fabriqués par sa société, et qui présentent un taux de rupture anormalement élevé. "Les éléments nous laissent penser que ces gels étaient vraiment frelatés", souligne Xavier Bertrand.

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  • Un additif pour carburants dans les implants PIP ?

    RTL affirme que ces prothèses, potentiellement cancérogènes, contiennent un mélange de produits jamais testés cliniquement. L'avocat de PIP dément catégoriquement. Le plus important distributeur de produits chimiques au monde a admis avoir fourni du silicone industriel à PIP.

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  • L'ex-patron de PIP va-t-il se relancer dans les prothèses mammaires ?

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  • Implants défectueux : des négligences partagées ?

    Derniers développements dans l'affaire PIP : la société est accusée d'avoir sciemment commercialisé des implants défectueux. Les chirurgiens qui ont opéré les patientes victimes sont eux aussi pointés du doigt. L'Afssaps, quant à elle, est accusée de ne pas avoir rempli son rôle d'autorité de contrôle.

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  • Prothèses PIP: l'assurance maladie va porter plainte au pénal

    La Caisse Nationale d'Assurance maladie (Cnam) va déposer plainte d'ici quelques jours au pénal dans l'affaire des prothèses mammaires PIP "pour tromperie aggravée et escroquerie".

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  • Interpol aux trousses du fondateur de PIP... mais dans une autre affaire

    Jean-Claude Mas fait l'objet d'une demande d'arrestation par l'organisation policière internationale. Les prothèses mammaires commercialisées par sa société sont soupçonnées d'être dangereuses pour la santé.

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  • "Mes deux implants PIP ont rompu"

    TEMOIGNAGE - Alors que le ministère de la Santé recommande "à titre préventif" aux femmes porteuses de prothèses mammaires PIP de se les faire retirer, voici le témoignage de l'une d'entre elles réopérée en novembre dernier.

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  • Le gouvernement recommande "l'explantation" des implants PIP

    Cette recommandation est formulée à titre préventif et sans caractère d'urgence, souligne vendredi le ministre de la Santé Xavier Bertrand. 30.000 femmes sont concernées en France, mais il n'y aurait pas de risque accru de cancer.

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  • Implants PIP : va-t-on opérer toutes les femmes porteuses ?

    Les autorités sanitaires doivent présenter vendredi leurs recommandations sur la prise en charge de ces femmes. 30.000 femmes en France pourraient devoir repasser par la case opération.

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  • Implants mammaires défectueux : les soupçons s'aggravent

    Le Parisien révèle les cas de deux porteuses d'implants PIP, qui ont présenté des problèmes de santé graves après leur opération. Une information judiciaire pour "homicide involontaire" va être ouverte après la mort d'Edwige Ligonèche.

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  • Prothèses PIP : première information judiciaire, 2e décès signalé

    Une première information judiciaire pour homicide involontaire a été ouverte dans le dossier des prothèses mammaires PIP, jeudi à Marseille, après le décès en 2010 d'une femme, morte d'un cancer, second décès signalé d'une femme ayant porté ces implants.

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  • Prothèses PIP : huit cas de cancer "signalés"

    Huit cas de cancer ont été "signalés" chez des patientes ayant eu des prothèses mammaires PIP défectueuses, a indiqué mercredi le ministère de la santé.

    Publié le 14/12/2011 Prothèses PIP : huit cas de cancer "signalés"
  • Les 30.000 porteuses d'implants PIP incitées à les faire retirer

    Les autorités sanitaires pourraient demander aux porteuses de ces prothèses de se les faire enlever. Valérie Pécresse les invite d'ores et déjà à retourner voir leur chirurgien ; elle a annoncé sur LCI un prochain "plan d'action". Problème : qui paierait la pose de prothèses de remplacement ?

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  • Prothèses PIP : le scandale atteint le Royaume-Uni

    Le scandale sanitaire qui se profile en France pourrait s'étendre ailleurs, notamment au Royaume-Uni, où 250 femmes ont porté plainte. En France, les 30.000 femmes porteuses de prothèses PIP pourront toutes être réopérées dans les 6 prochains mois, estime le comité de suivi ministériel.

    Publié le 21/12/2011 Prothèses PIP : le scandale atteint le Royaume-Uni
  • Prothèses PIP: un scandale à échelle mondiale

    Le scandale sanitaire qui se profile en France s'étend ailleurs dans le monde: au Royaume-Uni, 250 femmes ont porté plainte. En Amérique du Sud, ces prothèses sont interdites depuis plus d'un an et demi. D'autres pays sont touchés.

    Publié le 22/12/2011 Prothèses PIP: un scandale à échelle mondiale
  • Prothèses mammaires PIP : un nouveau cas de cancer signalé

    Un nouveau cas de cancer du sein chez une patiente porteuse de prothèses frauduleuses PIP a été signalé à l'agence des produits de santé, l'Afssaps.

    Publié le 12/12/2011 Prothèses mammaires PIP : un nouveau cas de cancer signalé
  • Premier décès d'une porteuse d'implants mammaires défectueux

    Une femme, ancienne porteuse des prothèses mammaires Poly Implant Prothèse, une entreprise du Var mise en liquidation judiciaire et dont le patron est soupçonné de fraude, est décédée en début de semaine, a annoncé une association de victimes.

    Publié le 24/11/2011 Premier décès d'une porteuse d'implants mammaires défectueux
Plus d'infos

Docteur Dominique-Michel Courtois, médecin-expert de l'association des porteuses de prothèses PIP - Six mois, c'est un délai qui ne paraît pas réaliste compte tenu de la tâche à accomplir. Surtout si l'on envisage le fait qu'aujourd'hui, en février, rien n'a encore démarré ! Et que les principaux problèmes restent entiers... Ça voudrait donc dire qu'il ne nous resterait que quatre mois ! Lors de nos discussions avec le ministère de la Santé, il n'a jamais été question d'un intervalle aussi court : on se fixe plutôt une année. Et même, réussir à mener une telle opération à bien courant 2012, ce serait déjà très fort : une vraie prouesse logistique et chirurgicale. Mais on devrait en savoir plus lundi, avec la prochaine réunion du comité de suivi.

TF1 News - Mais qu'est-ce qui a été fait depuis décembre ?

Des choses très importantes ont été réalisées. La simple existence de ce comité de suivi le démontre bien. Il réunit des intervenants de haute compétence : diverses personnalités de l'Afssaps, dont son directeur général qui intervient en personne, le professeur Laurent Lantieri, le président de l'ordre national des médecins... Ça permet de bien mesurer l'ampleur exacte de la tâche à accomplir. Tout d'abord, sur les 30.000 porteuses de prothèses, on sait aujourd'hui que 2000 ont déjà subi une explantation. Pour 6000 autres, elles avaient reçu ces implants à la suite d'une intervention carcinologique (opération d'une tumeur cancéreuse, NDLR). Dans leur cas, l'explantation et la réimplantation d'une autre prothèse seront prises en charge par la sécurité sociale : elles ne devraient pas rencontrer de problèmes financiers. Restent donc 22.000 patientes pour lesquelles rien n'est réglé. Ensuite, en ce qui concerne l'évaluation du risque encouru par les porteuses de ces implants, les derniers rapports sanitaires disponibles montrent bien qu'en cas de fuite de gel provoquant une réaction inflammatoire chronique, il y a un risque accru de cancer. Or, le taux de rupture des produits PIP est supérieur à la moyenne. Ce qui ne permet pas, toutefois, d'établir un lien formel de causalité avec la vingtaine de cas de cancer signalés à ce jour parmi les porteuses de prothèses...

TF1 News - Qu'est-ce qui est attendu lors de la réunion du comité de suivi de lundi ?

exergue Aujourd'hui, aucune structure n'est capable de fonctionner à pleine charge

Tout d'abord, un point sur la situation sanitaire : on saura combien de nouveaux cas de ruptures de prothèses auront été signalés entre le 5 janvier et le 6 février - et combien d'explantations. Nous aurons également les résultats d'une étude épidémiologique faite chez les femmes qui ont été explantées après la rupture d'une prothèse PIP. Nous aurons enfin des remontées sur les problèmes de prise en charge financière rencontrés par les patientes, et nous nous attellerons à la question des rôles respectifs de la Caisse nationale d'assurance-maladie et des divers organismes de la sécurité sociale, qui restent à définir : on ne sait toujours pas quelle caisse sera chargée de quoi. Il faut savoir qu'aujourd'hui, si une porteuse de prothèses PIP veut se faire explanter, elle peut tomber sur un chirurgien qui acceptera de l'opérer gratuitement... mais d'autres, notamment à Paris, lui réclameront 5000 à 6000 euros de plus. Le problème financier est donc loin d'être réglé. Et ce que nous disent les patientes ne laisse pas supposer que les chirurgiens sont prêts à revoir leurs demandes à la baisse.

TF1 News - Que reste-t-il à faire sur le plan logistique ?

Le comité de suivi a d'ores et déjà décidé de faire une évaluation de toutes les possibilités chirurgicales aussi bien dans le privé que dans le public. Sachant qu'aujourd'hui, aucune structure n'est capable de fonctionner à pleine charge pour l'explantation à grande échelle. Avec en outre des problèmes inédits à résoudre : les chirurgiens esthétiques ont proposé leur aide pour cette opération. Mais la plupart d'entre eux, non conventionnés, n'ont tout simplement pas l'autorisation de procéder à des explantations et à des réimplantations en hôpital. Ce qui signifie qu'il faudrait créer pour eux des postes d'attachés, à titre provisoire, pour leur permettre d'opérer dans les hôpitaux. L'aspect matériel pose aussi problème. Le professeur Lantieri, par exemple, nous a dit : "A l'hôpital Pompidou, nous sommes prêts. Mais tous nos blocs opératoires sont déjà pris. Il nous faut des salles supplémentaires". Même chose pour les centres anticancéreux comme l'institut Gustave Roussy, à Villejuif : ils ont déjà du mal à répondre à toutes les demandes de chirurgie carcinologique classique, ils n'ont donc pas la possibilité de se lancer dans une telle opération d'explantations-réimplantations de prothèses. Les problèmes logistiques sont donc lourds. Mais soyons optimistes : la France a été le premier pays à décider ces explantations ; pour le moment, malgré les questions non réglées, tout se passe dans l'intérêt des victimes.

(1) chirurgien plasticien, chef du service "Chirurgie plastique et reconstructive" à l'hôpital Henri Mondor, et membre du comité de suivi dans le dossier des prothèses PIP.

Par Franck Lefebvre-Billiez le 04 février 2012 à 11:16
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2 Commentaires

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  • lucien31, le 04/02/2012 à 16h28

    Je n'ai rien compris à votre commentaire. Si vous pouviez être plus clair. Merci.

  • jambo000, le 04/02/2012 à 13h07

    Quand on part en voyage à l'étranger, il n'y a aucune participation aux vaccins préconisés pour pallier aux maladies graves pouvant coûter très cher aux services publics si on les attrape. Ces prothèses sont essentiellement pour des raisons personnelles et d'esthétisme, et elles ne sont pas sures d'être dangereuses pour toutes. Dans les deux cas (indépendamment du montant) il s'agit d'un problème privé, donc judiciaire pour les prothèses, tant que la politique de la participation à la prévention n'est pas révisée par les services publics !

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