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DOSSIER : Mariage gay

René Frydman dénonce les "insuffisances" de la PMA en France


le 11 janvier 2013 à 18h25 , mis à jour le 11 janvier 2013 à 18h42.
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3min
Le professeur Réné Frydman

Le professeur Réné Frydman / Crédits : AFP/ERIC FEFERBERG

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SantéLe père du premier bébé-éprouvette français dénonce les "insuffisances" et les "incohérences" de la pratique de la procréation médicale assistée (PMA) en France, dans une tribune dans Le Monde.

Dans une tribune publiée dans Le Monde daté de samedi, le père du premier bébé-éprouvette français, le professeur René Frydman dénonce les insuffisances et les incohérences de la pratique de la procréation médicale assistée (PMA) en France. Alors que les couples homosexuels revendique le recours à cette pratique pour avoir des enfants, il rappelle que le nombre de PMA n'a cessé d'augmenter en France, atteignant désormais 70.000 par an. Cependant, les résultats ne sont pas toujours au rendez-vous, déplore René Frydman.

Seule une femme sur cinq accouche après avoir bénéficié d'un prélèvement d'ovocytes en vue d'une PMA, un pourcentage "faible" si on le compare à d'autres pays occidentaux, selon le professeur Frydman. Parmi les freins à la PMA, il évoque l'interdiction de la recherche sur l'embryon "érigée en dogme dans notre pays", ce qui revient "à faire de la médecine en croisant les doigts ou en priant pour qu'il y ait grossesse" et "à recommencer encore des tentatives de PMA infructueuses, proches de l'acharnement thérapeutique, au détriment des femmes et des couples".

Développer la conservation des ovocytes

Le gynécologue qui dirige le service de gynécologie-obstétrique et médecine de la reproduction à l'hôpital Antoine-Béclère à Clamart dénonce diverses "incohérences", comme le fait que 8.000 femmes aillent à l'étranger chaque année pour bénéficier d'un don d'ovocytes, un don rémunéré étant "condamné en France au nom de la gratuité du don d'organe". En outre, pour les familles qui risquent de transmettre des maladies génétiques graves, il dénonce le délai pour avoir accès à la PMA en vue d'un diagnostic pré-implantatoire qui peut, selon lui, atteindre deux ans en région parisienne.

Par ailleurs, le professeur Frydman préconise d'autoriser toutes les femmes à conserver leurs ovules. Cela permettrait de prévenir des stérilités liées à l'âge. Mais pour l'instant, la loi n'autorise les femmes à conserver leurs propres ovocytes uniquement si elles sont atteintes d'un cancer ou si elle participe à un programme de don d'ovules.

Quant à l'anonymat du don de sperme, il devrait être levé tant pour les couples hétérosexuels que pour les couples de femmes à l'avenir, estime le gynécologue. Ce dernier s'interroge néanmoins sur l'impact d'une telle décision sur les délais d'attente, qui atteignent déjà douze mois aujourd'hui. "Il y a nécessité de réformer le dispositif et de proposer un cadre cohérent, performant pour toutes les PMA que l'on prend en charge depuis 30 ans" conclut-il avant de réclamer un plan PMA, à l'instar du plan cancer.

Commenter cet article

  • kangooroux1 : A mon avis, ce serait totalement contre-productif concernant les dons. A titre personnel, il a fallu que je donne mon accord pour que ma compagne puisse effectuer un don d'ovocytes. Si l'anonymat n'était pas garanti, je m'y serai opposé. En dehors de raisons graves et médicales (recherche d'un donneur pour une transplantation ou autre), l'enfant issu du don ne doit pas être le seul à choisir de connaitre la donneuse.

    Le 13/01/2013 à 00h04
  • kangooroux1 : Que le don reste un acte gratuit, cela parait normal et plutôt sain. Mais que les donneuses en soit "de leur poche" car la Sécu ne prend par exemple pas à sa charge les 50cts d'? par boite de médicament est un pur scandale. C'est évidemment une somme symbolique mais ça montre à quel point ce geste est négligée par les autorités sanitaires. Le traitement pour faire un don est lourd, les visites multiples (et pas toujours proches vu le peu de centres habilités). Si en plus de cela il faut "lutter" avec la bureaucratie de la Sécu pour que l'acte soit reconnu, il ne faut pas s'étonner qu'il y ait un manque de donneuses dans notre pays...

    Le 12/01/2013 à 23h58
  • docgynec : Pour information, une "coquille" s'est glissée dans votre article: René Frydman ne dirige absolument plus le service de gynécologie obstétrique de l'hôpital Béclère qu'il a quitté il y a maintenant 1 an. Le service est désormais dirigé par le Pr Alexandra Benachi.

    Le 12/01/2013 à 16h34
  • leelette1999 : Surtout quand on sais ce que cela implique physiquement et moralement parlant en tant que femme ( je parle en connaissance de cause, je suis suivie en PMA). Mais je suis tout a fait prête a envisager un don d'ovocyte, sachant que ca peux aider des couples en difficulté comme nous !

    Le 12/01/2013 à 07h15
  • bisc31 : Je suis tout à fait favorable à la levée partielle de l'anonymat du donneur (à partir de 18 ans pour tous les enfants issus de la PMA). J'espère que la prochaine loi prévue pour le printemps tiendra en compte ce genre de complexité. Je suis soulagé de voir un des pères fondateurs de la loi actuelle s'en préoccuper

    Le 12/01/2013 à 03h42
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