En poursuivant votre navigation, vous acceptez l’utilisation de cookies à des fins statistiques et de personnalisation. En savoir plus
×
ARCHIVES

Sida : en Afrique, le VIH s'adapte aux traitements


le 23 juillet 2012 à 15h17 , mis à jour le 23 juillet 2012 à 15h19.
Temps de lecture
4min
recherche laboratoire éprouvette fiole scientifique éprouvettes

Image d'archives. / Crédits : Médiathèque de la Commission européenne

À lire aussi
SantéMauvaise nouvelle sur le front de la lutte contre le sida : une étude publiée lundi montre une nette hausse des cas de résistance aux traitements antirétroviraux en Afrique. En Afrique orientale, par exemple, la résistance du virus a cru au rythme de 29% par an sur 8 ans.

Alors même que la 19e conférence internationale sur le sida qui s'est ouverte dimanche à Washington a été placée sous le signe de l'espoir de vaincre la pandémie, une étude publiée lundi sur l'efficacité des traitements vient doucher cet espoir naissant. Elle révèle que, plus de dix ans après leur apparition, les traitements antirétroviraux se heurtent à une résistance croissante dans plusieurs régions d'Afrique. Financée par la Fondation Melinda Gates et l'Union européenne, elle a porté sur 26.000 personnes âgées de plus de 15 ans, dont les données ont été récupérées dans diverses études, et elle est parue dans la revue médicale britannique The Lancet. Le nombre grandissant des cas de résistance ainsi mis en évidence "pourrait menacer une tendance à la baisse des décès et des pathologies liés au sida au cours de la décennie écoulée dans les pays à bas et moyens revenus", avertit Silvia Bertagnolia, de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et Ravindra Gupta de l'University College de Londres qui ont conduit l'étude. Or ces pays "à bas et moyens revenus" sont précisément ceux qui sont le plus touchés, aujourd'hui encore, par les ravages du sida.

La résistance a augmenté le plus rapidement en Afrique orientale et australe, alors qu'elle n'a pas évolué en Amérique latine ou dans le reste de l'Afrique, précise l'étude. En Afrique orientale, elle a cru au rythme de 29% par an, pour atteindre une prévalence de 7,4% au bout de 8 ans contre 1% au départ. En Afrique australe, la croissance a atteint 14% par an, avec une prévalence passant de 1% à 3% au bout de six ans. Les taux de prévalence - de 3,5% à 7,6% - sont en revanche restés stables en Amérique du sud et dans le reste de l'Afrique.

Un virus qui mute

L'explication de ces cas de résistance se trouve dans la capacité du virus à s'adapter : des mutations génétiques ont été retrouvées dans une souche de virus HIV-1 les rendant résistantes à une catégorie de médicaments appelés inhibiteurs non-nucléosidiques de la transcriptase inverse du VIH (INNTI). Ces médicaments sont des traitements de première ligne et sont notamment donnés aux femmes enceintes séropositives pour éviter de transmettre la maladie. Des traitements de seconde ligne existent aussi, mais ils sont nettement plus coûteux. Pour enrayer le phénomène, les chercheurs invitent les pays concernés à mieux surveiller les cas de résistance et établir des circuits d'approvisionnement sûrs pour éviter les ruptures de stock et les interruptions de traitements qui entretiennent la résistance.

Les deux chercheurs qui ont mené cette étude estiment également qu'en dépit de leur augmentation, les nouvelles données "ne sont pas surprenantes si on tient compte de l'énorme expansion des traitements antirétroviraux dans les pays à bas et moyens revenus". Selon les derniers chiffres d'Onusida publiés mercredi, 8 millions de personnes ont reçu des traitements antirétroviraux dans les pays en développement en 2011, soit 26 fois plus qu'en 2003. Ce résultat a permis de baisser fortement le nombre de décès dans ces pays où vivent 90% des personnes séropositives et où se produisent 97% des nouvelles infections dans le monde.

L'ONG Aides, première association française de lutte contre le VIH, a saisi l'occasion de la publication de cette étude pour appeler les pays du Nord à accroître leurs financements dans la lutte contre la pandémie afin de permettre aux pays du Sud d'avoir un accès à des traitements de qualité de seconde et troisième ligne. "Nous devons cesser de proposer des traitements aux malades du Sud que plus personne n'oserait prescrire dans les pays du Nord" a indiqué Bruno Spire, président de Aides dans un communiqué, appelant à faciliter le génériquage et l'ouverture des brevets dans les pays en développement.

Commenter cet article

  • repyl : Non c'est 29% de croissance sur le pourcentage de resistance : donc 29% des 1% initiaux, ce qui donne 7.67% au bout de 8 ans. C'est relativement proche de leurs chiffres, donc si au lieu de parti de 1%, on partait de 0.97%, alors les chiffres donnes sont corrects.

    Le 23/07/2012 à 18h27
  • roadrunner86 : 29 pour cent par an, ça fait 100 pour cent de résistance en 3 ans et demi... Alors sur 8 ans ???... Encore une petite virgule oubliée quelque part...

    Le 23/07/2012 à 17h16
      Nous suivre :
      Daniel Radcliffe revient sur son alcoolisme : "Je regrette d'en avoir parlé"

      Daniel Radcliffe revient sur son alcoolisme : "Je regrette d'en avoir parlé"

      logAudience