Un homme peut-il procréer, même après sa mort ?

Par TF1 News, le 11 février 2011 à 09h30 , mis à jour le 11 février 2011 à 11h21

Oui, ont tranché les députés dans la nuit de jeudi à vendredi, en acceptant le principe du transfert d'embryon post-mortem. Ils ont aussi reconduit le principe du "bébé médicament" ou "bébé du double espoir", conçu pour permettre une greffe pour un frère ou une soeur.

L'examen du texte révisant les lois de bioéthique s'est achevé dans la nuit de jeudi à vendredi à l'Assemblée nationale. Le vote solennel est programmé mardi. Si, dans les grandes lignes, l'architecture du texte est préservée, les députés ont introduit une modification de taille en votant finalement pour le transfert d'embryon post-mortem. Seule véritable surprise après un flottement en commission, d'abord oui puis non, les députés se sont prononcés pour cette mesure, contrairement à ce que souhaitait le gouvernement.

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Autre mesure polémique, qui a divisé les rangs de l'UMP : celle concernant les "bébés médicaments", terme auquel les médecins préfèrent généralement celui de "bébés du double espoir", car ils sont conçus via une fécondation in vitro pour permettre de faire une greffe destinée à sauver un frère ou une soeur atteint(e) par une maladie incurable. Rapporteur du texte, l'UMP Jean Leonetti s'est opposé à plusieurs amendements visant à supprimer cette possibilité introduite par la loi de 2004. "C'est un enfant considéré comme un moyen pour une finalité extérieure", a tenté Xavier Breton (UMP) pour revenir sur la technique du double diagnostic pré-implantatoire (DPI-HLA) permettant le "bébé du double espoir". "Réveillez-vous ! C'est le double espoir ! C'est ça l'humanisme !", s'est au contraire emporté un autre UMP, Bernard Debré. "Il y en a 20.000 dans le monde", a-t-il expliqué. Face aux risques "d'eugénisme" mis en avant par certains députés UMP, Xavier Bertrand a martelé qu'il "n'est pas question d'accepter une sélection génétique". L'association L'Alliance pour les droits de la vie a prévu ce vendredi une manifestation aux abords de l'Assemblée nationale pour "lancer un cri d'alerte spectaculaire" et "protéger la société des dérives eugéniques".

"Un anesthésiant pour catho !"

C'est en revanche sans surprise que les députés ont maintenu le principe de l'anonymat des dons de gamètes, alors que le projet initial de l'ex-ministre de la Santé Roselyne Bachelot instaurait une levée partielle de l'anonymat. Le député Marc Le Fur (UMP) a défendu sans succès un amendement pour lever cet anonymat. "Voulons-nous nier cette liberté fondamentale de savoir d'où l'on vient ? Chacun a droit à son histoire !", a-t-il lancé. Minoritaire lui aussi à gauche, Gaëtan Gorce (PS) a mis en avant "le droit de l'enfant à connaître ses origines" et a déploré "une vision dépassée de la famille". Pour défendre l'anonymat, le rapporteur UMP Jean Leonetti a évoqué les risques du choix d'un donneur "sur catalogue".

Pour remédier à la pénurie de gamètes en France, les députés ont décidé d'ouvrir le don (ovocyte/sperme) aux femmes et aux hommes n'ayant pas eu d'enfant. Comme prévu, la technique dite de vitrification, c'est à dire une congélation rapide et plus performante, des ovocytes a été avalisée. Ils sont aussi revenus sur une disposition adoptée en commission qui limitait le nombre d'ovocytes fécondés à trois et qui a suscité de nombreuses protestations chez les spécialistes de la fécondation in vitro.

Le statu quo concernant la recherche sur l'embryon et les cellules souches embryonnaires, interdiction sauf dérogations expresses, a aussi été adopté malgré les réticences de certains députés UMP qui ont bataillé au micro. "Le principe interdiction/dérogation c'est un anesthésiant pour catho !", a fait valoir le député UMP Marc Le Fur. Le PS, par la voix d'Alain Claeys, président de la commission élargie sur la bioéthique, a regretté que la position de la majorité soit "l'addition de l'interdiction voulue par certains et de la dérogation voulue par d'autres". Le PS prône "une autorisation encadrée". Xavier Bertrand, le ministre de la Santé, a assuré que "la position française permet d'avancer". "Je mets au défi quiconque de nous prouver que nous avons pris du retard", a-t-il affirmé. Le député Jean-Louis Touraine (PS) a au contraire estimé que "le retard pris" allait "s'avérer insurmontable" et que le message envoyé aux chercheurs, était "extrêmement négatif".

Par TF1 News le 11 février 2011 à 09:30
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3 Commentaires

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  • zouzozu, le 11/02/2011 à 22h11

    SVP.. il y a TELLEMENT d'hommes vivants qui peuvent procréer...;arrêtez le massacre !!!

  • lenicois55555, le 11/02/2011 à 13h35

    Est ce que personnellement vous aimeriez n'être qu'un support d'organe pour votre famille ? Concevoir un bébé uniquement dans ce but, c'est horrible pour l'enfant.

  • antilopejaune, le 11/02/2011 à 10h53

    Ca serait bien la première fois qu'un père a des droits dans ce domaine!

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