Raymond Domenech est perplexe © Reuters"Quand il perd, Domenech trouve toujours des excuses", affirmait le défenseur de la Squadra azzurra Christian Panucci au lendemain du fatal France - Italie. Il faut bien l'admettre, quand on fait le bilan de cet Euro, on s'aperçoit que les Bleus ont eu moins de difficultés à trouver des excuses que le chemin des filets.
Tout a commencé lors du match face à la Roumanie. Le 0 - 0, et surtout le spectacle d'une pauvreté affligeante offert ce jour-là, étaient dûs, selon Grégory Coupet, à la difficulté de "gérer les premières chaleurs". Il est vrai que, dans la fournaise du Letzigrund Station de Zurich, le match fut disputé sous la chaleur caniculaire de 23°. "Toute notre préparation s'était faite sous une température moyenne de 11° [Idem pour les Roumains, ndlr]. Ce n'est pas du tout la même chose." Comme il s'apercevait que ça faisait un peu léger, Raymond Domenech en rajouta une couche avec le gazon trop sec, qui "n'est pas pour arranger les équipes qui essayent." Vu comme les Bleus ont "essayé" ce soir-là, ça tombait pourtant bien.
Des vestiaires réduits
C'était le bon temps, on pensait encore que Patrick Vieira jouerait à l'Euro. La seconde explication du piètre épisode roumain fut le comportement des adversaires de Bleus qui, il est vrai, avaient tout fait pour que ce match n'en soit pas un en défendant à 10 derrière. Mais si les Bleus consultent leurs archives, ils s'apercevront que déjà, face à la Grèce (0 - 1) en quarts de finale de l'Euro 2004, puis par deux fois contre l'Ecosse (0 - 1, 0 - 1) lors des éliminatoires de l'Euro 2008, l'équipe avait utilisé cette excuse plus ou moins valable pour une équipe au potentiel offensif le plus évident du monde...
C'était le bon temps, la France ne s'en était pas encore pris quatre face aux Pays-Bas. Vint ensuite, avant la douloureuse leçon hollandaise, l'incident dit des nano-vestiaires. "C'est une aberration, s'emportait Domenech avant la rencontre. On a un vestiaire qui répond aux normes, et un autre réduit, où on ne peut pas mettre le staff. Si c'était pour tout le monde pareil, ce ne serait pas gênant, mais les vestiaires des Hollandais sont de dimension normale. Peut-être que j'exagère, mais je suis le seul à le dire, les autres le subissent." Effectivement, Raymond, tu exagères. Cela dit, si Thierry Henry avait eu plus de place dans les vestiaires pour étendre ses jambes, peut-être aurait-il lobé uniquement le gardien hollandais Edwin van der Sar au lieu de lober le but en même temps.
L'arbitre, cible idéale
C'était le bon temps, la France ne s'était pas encore fait sortir par l'Italie. Sentant leur crépuscule proche, les Bleus ressuscitèrent alors Zinedine Zidane, et Grégory Coupet nous expliqua qu'on "ne remplaçait pas le meilleur joueur du monde aussi facilement." Rappelons ici que Zinedine Zidane a pris sa retraite très exactement 698 jours avant le début de l'Euro, un petit laps de temps qui devait permettre d'explorer de nouvelles pistes. La veille du match contre l'Italie, Franck Ribéry, à la question qu'on lui posait ("Que dirait Zidane s'il était là ?"), répliqua : "Il prendrait le ballon et il irait marquer trois buts." A la 8e minute du match, Ribéry prit le ballon et s'arracha un ligament au dessus de la cheville gauche.
C'était le bon temps, la France n'avait pas encore assisté à la demande en mariage de Raymond Domenech. Et après avoir demandé sa main à Estelle, le sélectionneur daigna revenir sur le match... pour en fustiger l'arbitre, M. Lubos Michel. "C'est une soirée catastrophe, où il y a ce penalty avec un arbitre qui a manqué complètement de discernement... Il n'y avait pas de véritable agression, c'était carrément donner le match aux Italiens." Précisions, un, que M. Michel est régulièrement récompensé comme l'un des meilleurs arbitres du monde par les études statistiques de l'IFFHS (3e en 2005, 2e en 2006, 3e à nouveau en 2007, tout de même). Deux, toute la planète foot s'accorde à dire que M. Michel n'a fait que suivre - certes, froidement - le règlement en appliquant la double peine penalty / carton rouge sur la faute d'Abidal...
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