"Bernard Laporte est comme un poisson dans l'eau"

Par Maud DESCAMPS, le 22 août 2008 à 18h28 , mis à jour le 23 août 2008 à 15h50

Jérémy, Florent et Nathalie font partie des soixante bénévoles du Club de France à Pékin. Tout au long des JO ils ont accompagné, encadré et chouchouté nos athlètes mais aussi les politiques de passage.

Le nid d'oiseau, le stade olympique de Pékin, lors des répétitions de la cérémonie d'ouvertureLe nid d'oiseau, le stade olympique de Pékin, lors des répétitions de la cérémonie d'ouverture © Reuters

Loin de l'agitation des sites olympiques et des milliers de touristes venus acclamer les sportifs, le Club France a pris ses quartiers à l'hôtel Novotel Xin Qiao. Situé au cœur de la ville, à deux pas de la Place Tiananmen et de la Cité Interdite, il accueille chaque jour les  médaillés français, d'anciens athlètes mais aussi les politiques et les "people" de passage. Une soixantaine de volontaires assurent le bon fonctionnement de cette machine bien huilée.
 
Parmi eux, Florent, 27 ans, bénévole au service de presse. Cet auditeur financier à Paris, a quitté la France en avril pour entamer un tour du monde. C'est à Pékin qu'il a posé ses valises, le temps des Jeux Olympiques, avant de s'envoler pour l'Asie du sud-est. Chaque jour, entouré d'une équipe de professionnels, il organise les conférences de presse des athlètes médaillés. "Les premiers jours ont été épuisants, il a fallu recevoir chaque athlète de la délégation française. Mais maintenant on est rodé", explique le bénévole. En plus de son travail au service de presse, Florent, avec d'autres volontaires, a pour mission "d'accompagner les médaillés du jour jusqu'au bout de la nuit, pour fêter leur victoire". Une victoire que les sportifs célèbrent au bar du club.
 
Boîtes de nuit et épreuves sportives
 
Derrière le comptoir, Jérémy, 19 ans. Cet étudiant en BTS commerce international à Rennes, boucle un périple de quatre mois en Asie par les JO de Pékin. Il voit défiler, chaque soir, de nombreux sportifs mais aussi quelques politiques et "people", comme Jean-François Lamour, Roselyne Bachelot ou encore Albert de Monaco. "Je vois souvent Bernard Laporte, il est très sympa", explique le barman, "lorsqu'on le croise au club, il est comme un poisson dans l'eau et passe son temps à plaisanter avec les sportifs", ajoute Florent. Pour Jérémy, le jeune étudiant rennais, c'est derrière ce bar qu'il aura vécu ses meilleurs moments des jeux comme "la fête donnée pour  la première médaille d'or avec les frères lutteurs, Christophe et Steeve Guénot".

Orchestrée par  l'ancien champion olympique de danse sur glace, Gwendal Peizerat, l'animation du club France est l'une des activités favorites des jeunes volontaires. "L'important est que l'ambiance soit sympa,  que les athlètes se sentent bien et puissent profiter pleinement de leur victoire", souligne Florent. Les nuits sont donc courtes pour les deux bénévoles qui profitent de leur temps libre, la journée, pour assister aux épreuves. "Nous ne sommes pas payés pour notre boulot au club mais par contre nous avons des places pour les rencontres sportives", explique Florent. Grâce à ces "bonus" il a pu assister à la finale du 200 mètres hommes au cours de laquelle le Jamaïcain Usain Bolt a battu le record du monde. "C'était vraiment un grand moment de joie dans le stade. Ça restera un de mes plus beaux souvenirs de mon passage à Pékin", confie le jeune français. 
 
 Des échanges très limités
 
Seul point noir de leur séjour à Pékin, la difficulté à communiquer avec les Chinois. Si Florent a appris les rudiments de la langue pour pouvoir se faire comprendre des chauffeurs de taxi, les échanges restent très basiques. "Les Chinois ne parlent pas anglais, il est donc impossible de vraiment créer des liens avec la population locale", explique à regret Jérémy. Un souci que ne connaît pas Nathalie. Cette professeure de français à l'école centrale de Pékin, installée en Chine depuis deux ans et demi, est accompagnatrice bénévole. Chaque jour elle emmène les anciens athlètes venus assister aux jeux, sur les différents sites de compétitions. "Lorsque j'ai su que je serai à Pékin au moment des JO, j'ai voulu participer à l'évènement", confie la jeune femme originaire de Tarbes, " je ne suis pas du tout sportive, mais il y a un tel engouement dans les stades qu'on ne peut que s'intéresser aux épreuves", ajoute-t-elle, "je me suis même surprise à encourager des athlètes lors d'épreuves dont je ne connaissais même pas les règles".
 
Nathalie arpente les rues de la capitale chinoise à pieds ou à bord de taxis et joue les interprètes entre les chauffeurs et les présidents de fédération qu'elle accompagne. "Le plus difficile est sans doute de travailler les jours de pluie. Mais comparé au plaisir qu'offre cette mission, c'est vite oublié", explique l'enseignante, "et puis pouvoir entrer dans le stade national pour aller suivre une épreuve a été un moment magique pour moi".
 
Des Chinois (trop) polis
 
Arrivés en Chine avant le début des compétitions, les trois volontaires ont tout de même eu quelques surprises. Exemple, ce chauffeur de taxi qui s'est égaré dans les rues de Pékin avec Nathalie et les Français qu'elle accompagnait à la grande muraille de Chine. Mais la plus grosse surprise reste, sans doute, le changement de comportement des pékinois depuis le début des jeux. "Les chauffeurs de taxi sont beaucoup plus souriants et les rues plus propres depuis que les épreuves ont commencé", souligne Jérémy. Et pour cause, d'immenses affiches ont été placardées, un peu partout dans la capitale, pour expliquer aux habitants le comportement à adopter face aux étrangers. Ne pas cracher par terre, ne pas doubler dans le métro ou encore ne pas parler trop fort, sont quelques-unes des recommandations faites à travers cette grande campagne de communication. "Les Chinois sont très fiers d'avoir été choisis pour accueillir les Jeux Olympiques ", explique Jérémy, "ils ont fait beaucoup d'efforts pour  que les touristes étrangers profitent de leur séjour ".
 
Les jeux touchent à leur fin. Les trois Français vont repartir chacun de leur côté la tête pleine de souvenirs. Jérémy rentrera à Rennes dans quelques jours, et Florent s'envolera pour le Viêtnam, prochaine étape de son tour du monde. Quant à Nathalie, elle reprendra le chemin de l'école centrale de Pékin et pourra raconter à ses étudiants chinois ses Jeux Olympiques placés sous le signe de la France.

Par Maud DESCAMPS le 22 août 2008 à 18:28
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7 Commentaires

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  • Foie gras, le 25/08/2008 à 08h11

    Vivement Noel pour que Nathalie nous raconte tout cela de vive voix ! Et Vive la France et ses Champions ...

  • Bulli, le 24/08/2008 à 16h11

    7 or sur 40 medailles, ca fait un taux de conversion a la victoire de 17,5% pour nos demi-finalistes. Pas besef, mais cela doit probablement suffire a Monsieur Laporte... Si l'on se doit de feliciter nos athletes pour leurs efforts, je trouve que le representant de notre gouvernement ne peut se rejouir d'une si pietre performance. Comme un poisson dans l'eau? moi je suis plutot comme un poisson dans le schwepss...

  • Tonio, le 24/08/2008 à 15h56

    Mr Laporte , qu'avez vous fait pour le sport français depuis que vous êtes ministre.De la figuration, un point c'est tout. Pensez à créer des centres sportifs qui soient dignes de nous apporter des champions sans avoir de polémiques au sein de certaines fédérations. D'autre part les JO devraient réservés aux amateurs en général.Ce qui n'est pas le cas. Je tire mon chapeau à ces anonymes qui nous étaient inconnus et ont apportés des médailles. Les "cocoricos" savons les apprécier et les bonnes palabres sachons les laisser de coté. Félicitations à ceux que l'on attendait pas sur les plus hautes marches

  • Max, le 24/08/2008 à 14h24

    Pourquoi Estanguet a été choisi pour porter le drapeau aujourd'hui ? C'est scandaleux ! Le port du drapeau à la clôture c'est en principe un athlète qui a brillé. Cela prouve une chose, en France l'important c'est de paraître et ne pas être. Faire porter le drapeau à un médaillé aurait été nettement plus judicieux !

  • Julius, le 24/08/2008 à 04h40

    "les chinois ne parlent pas anglais", n'importe quoi !!! voilà une phrase qui prouve que jérémy, n'a pas fait beaucoup d'efforts. on lui reprochera pas d'être venu, pour profiter des jeux et se foutre de se qui l'entourait pendant 3 semaines. mais que ses personnes arrêtent de parler comme si de par leur fonction éphémère, ils avaient pu être des observaters privilégiés de la société pékinoise. Mesdames et messieurs, les pékinois parlent plutôt bien anglais, de plus le novotel xin qiao abrite plusieurs autres entreprises françaises ou de nombreux chinois francophones travaillent tous les jours. ils n'y avait donc pas besoin d'aller trés loin pour avoir des échanges avec la population chinoise. je reconnais que dans l'ambiance discriminatoire et quasi-néocolonialiste qu'offrait le club france, cela ne devait pas être facile. je regrette d'avoir été moi quotidiennement confronté pendant 3 semaines à des français arrivant en terrain conquis qui n'ont aucune gène pour critiquer quoi que se soit de la chine à voix haute sans se soucier de savoir si les personnes autour comprenait. Ce club france est peut être nécessaire pour les athlètes et la presse, mais le comportement de certains de ses membres/invités en fait une honte pour la france ! il devait faire attention a qui il invite. vivement demain que tout ce beau monde rentre chez à la maison !!...

  • Euzenot-furiga, le 23/08/2008 à 22h28

    Si passer de la 7ème à la 12ème place lui plait alors ........

  • J-Luc, le 22/08/2008 à 22h38

    Ca a l'air dur d'etre volontaire.. Aller feter la victoire... aller en boite avec les athletes.. Il faut aussi les feliciter ?

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