Le nid d'oiseau, le stade olympique de Pékin, lors des répétitions de la cérémonie d'ouverture © ReutersLoin de l'agitation des sites olympiques et des milliers de touristes venus acclamer les sportifs, le Club France a pris ses quartiers à l'hôtel Novotel Xin Qiao. Situé au cœur de la ville, à deux pas de la Place Tiananmen et de la Cité Interdite, il accueille chaque jour les médaillés français, d'anciens athlètes mais aussi les politiques et les "people" de passage. Une soixantaine de volontaires assurent le bon fonctionnement de cette machine bien huilée.
Parmi eux, Florent, 27 ans, bénévole au service de presse. Cet auditeur financier à Paris, a quitté la France en avril pour entamer un tour du monde. C'est à Pékin qu'il a posé ses valises, le temps des Jeux Olympiques, avant de s'envoler pour l'Asie du sud-est. Chaque jour, entouré d'une équipe de professionnels, il organise les conférences de presse des athlètes médaillés. "Les premiers jours ont été épuisants, il a fallu recevoir chaque athlète de la délégation française. Mais maintenant on est rodé", explique le bénévole. En plus de son travail au service de presse, Florent, avec d'autres volontaires, a pour mission "d'accompagner les médaillés du jour jusqu'au bout de la nuit, pour fêter leur victoire". Une victoire que les sportifs célèbrent au bar du club.
Boîtes de nuit et épreuves sportives
Derrière le comptoir, Jérémy, 19 ans. Cet étudiant en BTS commerce international à Rennes, boucle un périple de quatre mois en Asie par les JO de Pékin. Il voit défiler, chaque soir, de nombreux sportifs mais aussi quelques politiques et "people", comme Jean-François Lamour, Roselyne Bachelot ou encore Albert de Monaco. "Je vois souvent Bernard Laporte, il est très sympa", explique le barman, "lorsqu'on le croise au club, il est comme un poisson dans l'eau et passe son temps à plaisanter avec les sportifs", ajoute Florent. Pour Jérémy, le jeune étudiant rennais, c'est derrière ce bar qu'il aura vécu ses meilleurs moments des jeux comme "la fête donnée pour la première médaille d'or avec les frères lutteurs, Christophe et Steeve Guénot".
Orchestrée par l'ancien champion olympique de danse sur glace, Gwendal Peizerat, l'animation du club France est l'une des activités favorites des jeunes volontaires. "L'important est que l'ambiance soit sympa, que les athlètes se sentent bien et puissent profiter pleinement de leur victoire", souligne Florent. Les nuits sont donc courtes pour les deux bénévoles qui profitent de leur temps libre, la journée, pour assister aux épreuves. "Nous ne sommes pas payés pour notre boulot au club mais par contre nous avons des places pour les rencontres sportives", explique Florent. Grâce à ces "bonus" il a pu assister à la finale du 200 mètres hommes au cours de laquelle le Jamaïcain Usain Bolt a battu le record du monde. "C'était vraiment un grand moment de joie dans le stade. Ça restera un de mes plus beaux souvenirs de mon passage à Pékin", confie le jeune français.
Des échanges très limités
Seul point noir de leur séjour à Pékin, la difficulté à communiquer avec les Chinois. Si Florent a appris les rudiments de la langue pour pouvoir se faire comprendre des chauffeurs de taxi, les échanges restent très basiques. "Les Chinois ne parlent pas anglais, il est donc impossible de vraiment créer des liens avec la population locale", explique à regret Jérémy. Un souci que ne connaît pas Nathalie. Cette professeure de français à l'école centrale de Pékin, installée en Chine depuis deux ans et demi, est accompagnatrice bénévole. Chaque jour elle emmène les anciens athlètes venus assister aux jeux, sur les différents sites de compétitions. "Lorsque j'ai su que je serai à Pékin au moment des JO, j'ai voulu participer à l'évènement", confie la jeune femme originaire de Tarbes, " je ne suis pas du tout sportive, mais il y a un tel engouement dans les stades qu'on ne peut que s'intéresser aux épreuves", ajoute-t-elle, "je me suis même surprise à encourager des athlètes lors d'épreuves dont je ne connaissais même pas les règles".
Nathalie arpente les rues de la capitale chinoise à pieds ou à bord de taxis et joue les interprètes entre les chauffeurs et les présidents de fédération qu'elle accompagne. "Le plus difficile est sans doute de travailler les jours de pluie. Mais comparé au plaisir qu'offre cette mission, c'est vite oublié", explique l'enseignante, "et puis pouvoir entrer dans le stade national pour aller suivre une épreuve a été un moment magique pour moi".
Des Chinois (trop) polis
Arrivés en Chine avant le début des compétitions, les trois volontaires ont tout de même eu quelques surprises. Exemple, ce chauffeur de taxi qui s'est égaré dans les rues de Pékin avec Nathalie et les Français qu'elle accompagnait à la grande muraille de Chine. Mais la plus grosse surprise reste, sans doute, le changement de comportement des pékinois depuis le début des jeux. "Les chauffeurs de taxi sont beaucoup plus souriants et les rues plus propres depuis que les épreuves ont commencé", souligne Jérémy. Et pour cause, d'immenses affiches ont été placardées, un peu partout dans la capitale, pour expliquer aux habitants le comportement à adopter face aux étrangers. Ne pas cracher par terre, ne pas doubler dans le métro ou encore ne pas parler trop fort, sont quelques-unes des recommandations faites à travers cette grande campagne de communication. "Les Chinois sont très fiers d'avoir été choisis pour accueillir les Jeux Olympiques ", explique Jérémy, "ils ont fait beaucoup d'efforts pour que les touristes étrangers profitent de leur séjour ".
Les jeux touchent à leur fin. Les trois Français vont repartir chacun de leur côté la tête pleine de souvenirs. Jérémy rentrera à Rennes dans quelques jours, et Florent s'envolera pour le Viêtnam, prochaine étape de son tour du monde. Quant à Nathalie, elle reprendra le chemin de l'école centrale de Pékin et pourra raconter à ses étudiants chinois ses Jeux Olympiques placés sous le signe de la France.
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