Laure Manaudou © REUTERS
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"Je me demande même si ça sert à quelque chose de continuer. Je ne sais pas, j'ai même plus envie de nager". A peine sortie du bassin, Laure Manaudou semble réaliser qu'elle est passée à côté de ses Jeux, et plus largement, à côté d'une carrière encore plus historique. La nageuse française a, comme lundi, râté sa course, cette fois-ci en finale du 100 mètres dos, où elle termine 7e et avant dernière. En larmes, au micro de France 2, la nageuse s'est confiée en direct. "C'est difficile de faire des courses et d'arriver septième ou huitième", a-t-elle déclaré. "C'est vrai qu'il y a ma famille qui croit toujours en moi. C'est la seule chose qui peut m'encourager, donc, je verrai".
Médaillée de bronze en 2004 et vice-championne du monde 2007 sur cette distance, Manaudou a pointé à plus d'une seconde de Natalie Coughlin, victorieuse de l'épreuve. L'Américaine a conservé son titre de championne olympique en devançant la Zimbabwéenne Kirsty Coventry et l'Américaine Margaret Hoelzer. Quatrième la Britannique Gemma Spofforth a battu le record d'Europe de la spécialité (59.38).
Encore une course
Il s'agit du deuxième revers de la nageuse à Pékin sur les deux distances où elle avait été médaillée en 2004. Lundi, Laure Manaudou avait baissé les armes en finale du 400 m nage libre, sa distance fétiche sur laquelle elle détenait le titre olympique, pour terminer 8e et dernière. Sur ces deux distances, la triple championne du monde s'était qualifiée de justesse avec les huitièmes et derniers temps sélectifs, ce qui lui a valu de partir sur les deux finales de la ligne d'eau la moins favorable, la ligne 8.
Sacrée championne olympique à l'âge de 17 ans, la jeune nageuse sort d'une année très difficile, où ses tourments de jeune femme l'ont rattrapée. En mai 2007, étourdie par sa romance avec le nageur italien Luca Marin, elle quittait son mentor Philippe Lucas et déménageait en Italie. "Entre l'Italie et la France, je choisis Luca, l'amour de ma vie", avait-elle déclaré à l'époque. Basée au club turinois LaPresse Nuoto, elle s'embrouillait rapidement avec son nouvel entraîneur, Paolo Penso, avant d'être licenciée. Elle est ensuite retournée en France pour reprendre les entraînements sous les ordres de son frère Nicolas à Ambérieu-en-Bugey, dans l'Ain, de septembre 2007 à janvier 2008, avant de rejoindre Lionel Horter à Mulhouse. Tout n'est pas cependant pas terminé dans ces Jeux pour la nageuse, qui a encore une course à disputer en individuel, le 200 m dos, qu'elle a découvert il y a peu de temps et pour laquelle elle a décroché son premier titre sur la distance en mars lors des Championnats d'Europe à Eindhoven.
Lucas : "Un gachis" |
L'ancien entraîneur de Laure Manaudou, Philippe Lucas, est sorti de sa réserve et commenté le double échec de son ancienne protégée. "Bien sûr que c'est un gâchis", a-t-il déclaré sur RTL. "C'est grave. Pékin, c'était ses Jeux à elle. Elle devait être championne olympique sans problème sur 400 et 800 mètres, et elle pouvait faire quelque chose en dos. On voit qu'elle manque de caisse, de puissance. Quand on n'a pas fait le travail qu'il fallait... Elle n'est pas sereine, elle ne peut pas aborder la course comme il faut". A titre personnel, Lucas affirme ne rien ressentir de particulier lorsqu'il voit Manaudou en perdition. "Je suis passé à autre chose. Elle n'a pas été très tendre avec moi ces 15 derniers mois. Je ne vais pas la voir, ni la croiser, il faut rester à sa place." Laure Manaudou doit encore disputer le 200 mètres dos, mais Philippe Lucas ne la voit pas faire mieux que sur les autres distances. "Il faudrait faire de la magie. Il faut être lucide, elle n'a pas les moyens physiques. Mais quand on s'appelle Manaudou, on n'a pas le droit de se sauver, il ne faut pas qu'elle abandonne, ce n'est pas possible". |
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