Matthew Emmons est-il maudit ?

Par D.H. (avec agence), le 17 août 2008 à 22h24 , mis à jour le 17 août 2008 à 22h28

Il a fait la même gaffe qu'à Athènes. L'Américain, vice-champion olympique à la carabine en position couchée, était en tête avant de manquer son dernier tir dimanche... comme il y a 4 ans.

Emmons of the U.S. takes aim during the men's 50m rifle 3 positions shooting competition at the Beijing 2008 Olympic GamesCAPTION CORRECTION - CORRECTING IDENTIFICATION Matthew Emmons of the U.S. takes aim during the men's 50m rifle 3 positions shooting competition at the Beijing 2008 Olympic Games August 17, 2008. REUTERS/Hannibal Hanschke (CHINA) © REUTERS

Le stress ? La poisse ? La déconcentration ? L'Américain Emmons, favori pour prendre sa revanche à Pékin, vient de récidiver après avoir fait le concours en tête. Retour en arrière. En 2004, Matthew Emmons avait raté le titre olympique sur une bourde monumentale. Qui, pour la petite histoire lui avait tout de même permis de rencontrer la femme de sa vie. Consultante pour la télévision tchèque, Katerina l'avait interviewé, consolé, puis épousé. Car Matthew Emmons avait tiré pour le titre... dans la cible du voisin.
 
Rebelote 4 ans plus tard. A Pékin, dimanche, le vice-champion olympique à la carabine en position couchée, est en tête. Dans les tribunes, Katerina, première médaille d'or des JO de Pékin (carabine 10 m), ne perd pas une miette. Et reste pétrifie. Son homme vient de tirer dans la bordure de la cible, là où aucun tireur d'une finale olympique ne se perd jamais... Avant de viser, un tireur amène toujours lentement sa carabine de haut en bas avant de s'immobiliser, dans le mille de préférence. "En descendant, mon doigt était sur la gâchette, comme toujours", racontait Emmons. Une gâchette 15 fois plus sensible que celle d'un fusil de chasse. "Il faut maintenir une certaine pression. J'ai appuyé trop fort. Le coup est parti"... à côté.
 
"J'attendrai peut-être mes petits enfants"
 
Un désastre. Au point que les médaillés ont du mal à se réjouir de leur propre victoire. Profiter du malheur des autres, entre tireurs amis, ça ne se fait pas. Le Chinois Qiu Jian, en argent avant le dernier coup de fusil, se retrouve en or, l'Ukrainien Jury Sukhorukov monte d'un cran aussi et le Slovène Rajmond Debevec, champion olympique 2000, hérite à 40 ans d'un bronze inespéré. Ils sont presque plus désolés qu'Emmons, honteux de se congratuler.
 
"Je ne dirais pas que c'est stupide", relativise Emmons, 4e, au bras de son épouse effondrée. "Ce sont des choses qui arrivent. En tout cas, c'est ainsi que je conçois le sport. Ca va me donner de la motivation pour les quatre prochaines années." A un supporteur liquéfié qui lui demande comment il va raconter "ça" à ses enfants, Emmons, médaillé d'argent en carabine position couchée, concède : "j'attendrai peut-être mes petits enfants".

Par D.H. (avec agence) le 17 août 2008 à 22:24
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